Le Conseil National de la Transition (CNT) de la République de Guinée a adopté, ce mardi, 27 mai 2025, 5 conventions majeures qui auront un impact stratégique sur le développement du pays.
Lors des travaux à l’hémicycle, les Conseillers nationaux ont adopté la convention de concession et le contrat d’Achat d’Energie Électrique du Projet de développement de la Centrale Solaire Photovoltaïque de Khoumaguéli.
Suivant les termes de cette Convention, l’État a accordé à la société Khoumaguéli Solar S.A, le droit exclusif de concevoir, développer, financer, assurer l’ingénierie, construire, mettre en service, exploiter, entretenir et maintenir une centrale solaire photovoltaïque d’une puissance de 40 MW à Linsan, sur le plateau de Khoumaguéli. L’électricité produite par la centrale sera rachetée par EDG SA, conformément au Contrat d’Achat d’Energie Electrique (CAEE), pour une durée de 25 ans, au coût de 0,079 USD par KWh. Au terme de cette période, selon le principe de Build Operate & Transfer (BOT), l’ensemble des infrastructures sera transféré gratuitement à l’Etat guinéen et en bon état de fonctionnement, conformément à la loi Partenariat Public Privé (PPP). Le coût de construction de la Centrale s’élève à soixante millions (60.000.000) d’euro, dont 20% proviendront des ressources propres et 80%, de fonds empruntés par la société dans le cadre des Accords de financement du Concessionnaire. La Centrale sera bâtie sur un terrain titré au nom de l’État Guinéen, d’une superficie de 80 Ha. Elle sera composée d’environ 85.000 panneaux solaires photovoltaïques d’une puissance nominale de 560Wp chacun. Les panneaux solaires seront disposés sur des structures avec un système de tracker permettant de suivre la course du soleil et, ainsi, maximiser la conversion des rayons lumineux en énergie électrique. La Centrale sera raccordée au réseau national d’électricité, au niveau de la ligne de transmission 110KV entre Garafiri et Conakry. Le raccordement sera effectué, via une nouvelle sous-station construite sur le terrain de la Centrale, en coupure d’artère sur la ligne 110 KV Garafiri-Conakry.
Les recommandations du CNT sur la convention :
1. Introduire une clause de flexibilité tarifaire dans le Contrat d’Achat d’Énergie, afin de permettre une révision périodique du prix du kWh, tenant compte de l’évolution des coûts technologiques et des standards dans la sous-région ;
2. Exiger la qualité des équipements et installations à travers le respect de normes techniques internationales et la supervision indépendante durant les phases critiques du chantier ;
3. Garantir un transfert de compétences effectif par un plan de formation structuré au profit de cadres et techniciens guinéens, assorti d’objectifs clairs de montée en compétences ;
4. Veiller à la gestion rigoureuse et transparente du projet, bien que le financement soit entièrement assuré par le partenaire privé, en assurant une coordination étroite entre les parties prenantes et une supervision publique régulière ;
5. Faire respecter les obligations de contenu local, notamment en matière de recrutement, de soustraitance et de valorisation des compétences et entreprises locales, conformément à la loi 010 ;
6. Assurer un suivi rigoureux du Plan de Gestion Environnementale et Sociale (PGES) déjà validé, en veillant au respect des engagements en matière de protection des écosystèmes et de compensation des impacts sociaux ;
7. Mettre en place une procédure d’évaluation technique périodique de la centrale solaire, en lien avec EDG et l’administration, pour garantir la conformité des performances et anticiper toute dégradation ;
8. Revoir les modalités de calcul des pénalités contractuelles, afin de garantir un traitement équilibré entre le concessionnaire et l’acheteur public en cas de manquement contractuel ;
9. Réduire le coût de facturation de l’énergie réputée produite, en prévoyant une décote minimale de 15% par rapport au tarif normal, afin de limiter les charges injustifiées supportées par l’État;
10. Intégrer un volet de pose de compteurs prépayés dans les ménages bénéficiaires, afin d’éviter toute habitude de consommation gratuite et de renforcer la viabilité financière du service public de l’électricité ;
11. Impliquer l’Agence Guinéenne d’Électrification Rurale (AGER) dans la mise en œuvre et le suivi du projet, notamment pour l’organisation des raccordements, la sensibilisation communautaire et la pérennisation de l’exploitation ;
12. S’assurer que toutes les localités riveraines directement impactées par le projet soient effectivement électrifiées, selon un plan concerté avec les autorités locales et les partenaires techniques, pour garantir l’équité territoriale et la justice sociale.
Mohamed Béné Barry














