Depuis plus de 10 jours, une pénurie de ciment frappe de plein fouet la capitale guinéenne, Conakry et sa périphérie. De Dixinn à Kagbelen, en passant par les grands carrefours où s’alignent habituellement les magasins de vente de matériaux de construction, le constat est alarmant : les sacs de ciment se font rares, les étalages sont vides, et l’activité est à l’arrêt.
Dans la majorité des points de vente visités, notamment chez les grossistes, les gérants peinent à satisfaire la demande. Les quelques sacs encore disponibles sont, selon eux, déjà destinés à des chantiers spécifiques. « Ce sont des commandes réservées, on ne peut pas vendre ça au détail », explique un responsable d’un dépôt à Matoto.
D’après plusieurs vendeurs rencontrés, cette pénurie serait liée à la priorité donnée à l’acheminement du ciment vers les chantiers du projet Simandou, un mégaprojet minier d’envergure nationale. « Les usines produisent, oui, mais les camions de distribution sont redirigés vers les sites du Simandou. Le problème, ce n’est pas la production, c’est le ravitaillement », indique un distributeur de la place.
Cette situation a pour conséquence directe, la paralysie de nombreux chantiers à Conakry, notamment les plus importants. « On est à l’arrêt depuis une semaine. Même si on trouve du ciment, c’est hors de prix », confie Malick Bangoura un ingénieur bâtiment sur un chantier à Nongö.
Le prix du sac de ciment, habituellement vendu autour de 60 000 à 70 000 GNF, a explosé. Il atteint désormais 90 000 GNF dans certains points de vente, voire 100 000 GNF dans les rares magasins encore approvisionnés.
Une flambée des prix qui inquiète les citoyens et les acteurs de l’immobilier. Beaucoup redoutent que cette augmentation temporaire ne devienne permanente. « Si l’État ne réagit pas vite, ce prix risque de devenir la nouvelle norme. Et ce serait catastrophique pour le secteur de la construction », alerte un habitant de Dixinn, visiblement exaspéré.
Face à cette crise, les appels se multiplient en direction des autorités pour une intervention urgente afin de réguler l’approvisionnement du marché local et éviter une aggravation de la situation.
Ibrahima Sory Kandja Bangoura














