En exil depuis 2022, le président de l’Union des Forces Républicaines (UFR), Sidya Touré, est monté au créneau ce vendredi à l’occasion de l’ouverture du congrès national de son parti. Dans une intervention au ton dur, l’ancien Premier ministre a tiré la sonnette d’alarme sur l’état actuel de la Guinée, évoquant « une dérive généralisée des institutions », l’absence de dialogue et une gestion économique en perdition: « Nous sommes arrivés à un niveau inquiétant. Que ce soit la justice, l’ordre, la gouvernance… tout cela est devenu incroyable », a déclaré Sidya Touré devant les délégués et militants venus nombreux.
Visiblement préoccupé, le leader de l’UFR a fustigé le mutisme des autorités face à ce qu’il qualifie de souffrance économique silencieuse, estimant que le gouvernement semble dépassé par la réalité du terrain.
Il déplore notamment l’absence totale de concertation entre les dirigeants, les forces politiques et les acteurs sociaux: « Les Guinéens doivent pouvoir se parler. Il faut qu’un minimum de consensus national soit possible », a-t-il souligné.
Le président de l’UFR, candidat à sa propre succession, s’est réjoui de la tenue du congrès, qu’il considère comme une étape dans la reconstruction politique de l’UFR: « J’ai revu beaucoup de compagnons que je n’avais pas vus depuis 5 ans. Le travail continue. Notre parti doit être cette lumière qui montre le chemin au peuple de Guinée, celui du développement économique et social », a-t-il affirmé.
En filigrane, son message apparaît comme un appel à la mobilisation citoyenne et à un réveil des consciences face à ce qu’il perçoit comme une « dérive autoritaire » et un abandon progressif des fondamentaux de l’État de droit.
Décryptage Amadou Diallo














