La mise en place de la Direction Générale des Élections par décret présidentiel continue de diviser les acteurs politiques. Si certains rejettent en bloc cet organe censé désormais organiser toutes les élections dans le pays, d’autres ne voient aucun mal à la création de la DGE. C’est le cas du président du parti Alliance pour le Renouveau et le Progrès (ARP). Pour Mohamed Nabé, le plus urgent et important aujourd’hui est de sortir de la transition pour éviter l’enlisement de la situation politique.
« Je pense qu’au sein de notre parti, l’enjeu principal aujourd’hui, la priorité absolue, c’est de tout mettre en œuvre pour sortir de cette transition. Comme vous le savez, plus la transition est dure, plus elle s’enlise et plus les risques politiques augmentent. Aujourd’hui, nous sommes à la quatrième année de cette transition. Il faut tout mettre en œuvre pour éviter qu’il y ait des faits et des gestes de la part de la classe politique qui feront qu’on aille encore vers l’enlisement davantage de cette transition. Nous nous retrouvons dans une situation où il y a un risque de tiraillement encore, parce qu’il faut reconnaître que les autorités tiennent mordicus à ce que l’élection référendaire et les futures élections soient organisées par le ministère de l’administration du territoire. Ce qui n’était pas de l’avis des acteurs politiques comme moi, mais aujourd’hui, il faut faire un arbitrage, il faut savoir exactement ce que nous voulons. Est-ce que nous voulons organiser et s’assurer que tous les aspects que nous voulons, pour l’organisation d’une élection crédible et transparente, soient réunis avant d’aller aux élections, avec un risque de se retrouver avec une transition de plusieurs années encore ? Ou est-ce qu’il faut essayer de mettre tout en œuvre pour que les aspects importants soient pris en compte et que nous ne puissions pas fermer les yeux, mais être indulgents sur certains aspects pour qu’on puisse rapidement sortir de cette transition et que le pays revienne à une situation constitutionnelle normale, à un régime normal », s’interroge Mohamed Nabé
Le président du parti Alliance pour le Renouveau et le Progrès (ARP) rappelle que ce n’est pas nouveau , qu’un dirigeant du pays attribue l’organisation des élections à l’administration
«Je veux rappeler qu’il y a 3 types d’organes de gestion des élections. L’État peut décider de mettre en place un organe indépendant, comme ce qu’on a connu ici avec la CENI. L’État peut décider de mettre en place un organe mixte avec une CENI et l’implication des organes de l’État. Et l’État peut aussi décider que l’administration publique organise les élections, comme ça se fait dans beaucoup de pays. On a mis en place cette CENI parce qu’il y avait une crise de confiance entre la classe politique et l’État. Mais malheureusement, il faut reconnaître que la mise en place de la CENI chez nous, a connu aussi des problèmes. Il n’y a pas que des aspects positifs, il y a eu aussi beaucoup de choses qu’on ne peut pas qualifier de non catholiques dans notre pays. La première fois, pratiquement dans la sous-région, il y a eu tellement de tensions à un moment, qu’on était obligés de prendre un expert étranger en questions électorales. C’était le Malien, le général Toumani Sangaré, qui est venu diriger la CENI chez nous », rappelle le président de l’ARP.
Pour rassurer les acteurs politiques engagés dans l’organisation des élections futures, le leader politique propose à coté de la DGE, la mise en place d’un autre organe de veille à l’image de la SENA, au Sénégal.
« Il y’a un organe de veille et de supervision au Sénégal qui s’appelle la SENA, la Commission Électorale Nationale Autonome, qui est là pour veiller sur le processus, les aspects opérationnels, les aspects techniques ,sur l’organisation pratique de l’élection par la DGE. En Guinée, on peut faire la même chose, même si ça ne s’appelle pas la SENA », exhorte Mohamed Nabé.
Contrairement au président de l’ARP, d’autres acteurs politiques interrogés par notre rédaction, exigent plutôt la création d’un organe indépendant pour gérer les élections futures dans le pays.
Amadou Oury Barry














