À l’occasion de la Journée internationale contre l’abus et le trafic de drogues ce jeudi 26 juin 2025 , l’Institut itinérant de formation et de prévention intégrée contre la drogue et autres conduites addictives (IIFPIDCA) a organisé une journée portes ouvertes marquée par la présence de forces de sécurité, de la société civile et de partenaires engagés dans la lutte contre les addictions.
Le directeur général de l’IIFPIDCA, Dr Thierno Bah, a souligné la gravité de la situation, marquée par l’émergence de substances nouvelles et extrêmement dangereuses, notamment la drogue Kush. Il a évoqué un contexte préoccupant où les familles sont endeuillées et les jeunes de plus en plus vulnérables face à ces fléaux : « Il ne s’agit plus seulement d’une question de santé publique, mais d’une véritable crise sociale », a-t-il déclaré.

Il a insisté sur l’importance de mettre en place des politiques fondées sur des preuves scientifiques, d’intensifier les efforts de réinsertion pour les personnes dépendantes, et de renforcer la coopération sous-régionale, en particulier avec les pays voisins comme le Liberia et la Sierra Leone.
Docteur Thierno Barry a également annoncé une réunion d’urgence convoquée par le chef de l’État, prévue dans les prochains jours, pour discuter spécifiquement de la drogue Kush et des mesures concrètes à prendre face à l’ampleur des dégâts.

De son côté, le colonel Mohamed Lamine Simakan, secrétaire général à la présidence chargé des services spéciaux et de la lutte contre la drogue, a dressé un état des lieux particulièrement préoccupant : « La consommation de drogues explose, surtout dans les milieux jeunes et festifs. Kush, crack, tramadol, protoxyde d’azote, les drogues sont plus accessibles que jamais », a-t-il alerté.
Avec fermeté, il a lancé un objectif ambitieux mais clair, faire disparaître la drogue Kush de Guinée d’ici fin 2026. Pour y parvenir, il a évoqué une stratégie axée sur la répression des trafiquants mais aussi sur des actions de prévention à grande échelle.

La journée a également permis à plusieurs acteurs de la société civile de prendre la parole. Ibrahima Sory Cissé, représentant de l’ONG Génération sans tabac, a appelé à la fermeté dans l’application des lois : « Il ne suffit pas de sensibiliser. Il faut sanctionner sévèrement les vendeurs comme les consommateurs, tout en accompagnant les jeunes vers la sortie de l’addiction. »
Il a aussi plaidé pour que la Guinée respecte pleinement ses engagements internationaux en matière de lutte contre la drogue, tout en réaffirmant le soutien de son organisation aux initiatives de l’IIFPIDCA.
Morlaye Damba














