La Chine vient d’ouvrir un nouveau chapitre dans le domaine de la résolution des différends internationaux avec l’inauguration officielle, le 30 mai 2025 à Hong Kong, de l’Organisation internationale de médiation (OIMed). Cette nouvelle instance multilatérale, qui réunit plus de 30 pays, ambitionne de proposer une alternative non occidentale aux institutions traditionnelles de règlement des conflits.
Présentée par le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, comme un instrument destiné à « surmonter la mentalité du « gagnant ou perdant » à somme nulle », l’OIMed vise à promouvoir des solutions pacifiques et consensuelles aux litiges internationaux. À travers cette initiative, Pékin entend remodeler le paysage juridique global en valorisant la médiation plutôt que le contentieux, notamment au profit des pays du Sud global.
Les pays fondateurs de l’OIMed proviennent majoritairement d’Asie, d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Amérique latine, avec des participants comme la Chine, le Pakistan, Cuba, le Bénin ou encore la Serbie. Cette composition illustre la volonté de la Chine d’offrir aux nations en développement une voie alternative aux mécanismes dominés par l’Occident, tels que la Cour internationale de justice (CIJ) ou la cour permanente d’arbitrage.
L’OIMed traitera une diversité de différends, litiges interétatiques, conflits entre États et investisseurs étrangers, et contentieux commerciaux internationaux. En mettant l’accent sur la confidentialité, la flexibilité et la préservation des relations diplomatiques, la médiation se positionne comme une solution pragmatique face aux procédures juridiques plus rigides.
Le siège de l’OIMed a été installé dans l’ancien poste de police de Wan Chai à Hong Kong, ville qui combine traditions juridiques orientales et occidentales. Ce positionnement renforce la vocation régionale et internationale de l’organisation, en capitalisant sur le statut de la ville comme hub juridique en Asie.
Alors que la Chine multiplie les initiatives diplomatiques à l’image de son rôle dans le rapprochement entre l’Iran et l’Arabie saoudite l’OIMed pourrait devenir un levier majeur de son « soft power » juridique. Sa crédibilité dépendra toutefois de sa capacité à se montrer impartiale, notamment dans les affaires impliquant Pékin.
Si elle parvient à attirer des membres au-delà du Sud global et à résoudre efficacement des litiges, l’OIMed pourrait contribuer à l’émergence d’un ordre juridique multipolaire, redéfinissant les standards de la gouvernance internationale.
Aboubacar Sidiki Camara














