Le boycott de 2 semaines des audiences dans les cours et tribunaux du pays, initié par le Barreau de Guinée en signe de protestation contre l’enlèvement de Me Mohamed Traoré suivi de sévices corporels, arrive à terme la fin de cette semaine. À cette occasion, l’ordre des avocats se réunira en assemblée générale le lundi 7 juillet 2025, pour définir la suite à donner à ce mouvement selon le bâtonnier de l’ordre des avocats que nous avons joint ce mardi 1er juillet 2025.
Cette décision de suspension des activités judiciaires avait été prise après une irruption spontanée d’hommes en cagoule chez Me Traoré, avocat au Barreau de Guinée. Celui-ci avait été enlevé à son domicile par des hommes encagoulés, malmené puis relâché quelques heures plus tard à Bangouya, dans la préfecture de Coyah. Un acte que la corporation juge d’une extrême gravité pour l’état de droit.
Le Conseil de l’Ordre, élargi aux anciens bâtonniers et aux membres du Conseil des Sages, aurait sollicité une audience auprès du Président de la Transition afin de lui exposer les préoccupations croissantes du Barreau face à ce qu’il considère comme des atteintes répétées à la sécurité des avocats.
Dans une déclaration publique le 26 juin dernier, le Premier ministre Bah Oury a fermement condamné l’enlèvement de Me Traoré et annoncé l’ouverture d’une enquête. Il a rappelé que l’État a l’obligation de garantir la sécurité des avocats dans l’exercice de leur métier. Dans le prolongement de cette prise de position, le chef du gouvernement s’est personnellement rendu au chevet de Me Traoré, en présence du bâtonnier Mamadou Souaré Diop, pour lui témoigner sa solidarité.
Pour le Barreau de Guinée, cette prise de parole à la télévision nationale constitue une reconnaissance institutionnelle importante de la gravité des faits.
Alors que la tension demeure palpable dans les milieux judiciaires, l’assemblée générale du 7 juillet s’annonce décisive. Les membres du Barreau devront trancher entre la reprise des audiences et l’adoption d’autres formes de mobilisation plus rigides pour garantir le respect de l’intégrité et des droits des avocats en Guinée.
Aboubacar Sidiki Camara














