La Guinée trace une ligne rouge face aux dérives anticonstitutionnelles. Dévoilé ce lundi 30 juin à la télévision nationale, le projet de nouvelle Constitution introduit un article inédit. Il s’agit de l’article 195 qui se veut un véritable rempart contre toute tentative de coup de force institutionnel.
Dans un contexte où l’histoire politique du pays reste marquée par une succession de putschs militaires, les auteurs du texte veulent, cette fois, mettre la République sous haute protection juridique. L’article 195 stipule clairement que la Constitution: « ne peut être invalidée ou suspendue par une quelconque déclaration ». Une formule sans ambiguïté, qui vise à verrouiller tout processus de remise en cause de l’ordre constitutionnel par des voies extra-légales.
Plus encore, le texte précise que toute déclaration visant à suspendre, invalider ou dissoudre les institutions de la République, en dehors des mécanismes prévus par la Constitution, est considérée comme nulle et de nul effet, quels qu’en soient les auteurs, les motivations ou les circonstances.
Le projet va plus loin en prévoyant des sanctions pénales pour toute personne ou entité qui tenterait de s’affranchir de ces dispositions.
Avec cet article, la Guinée semble vouloir tourner définitivement la page des transitions imposées par les armes, en érigeant le respect de l’ordre constitutionnel en principe intangible.
Reste à savoir si ce texte, une fois adopté, pourra résister à l’épreuve des faits et du temps.
Amadou Diallo














