Le projet de nouvelle Constitution, rendu public le lundi 30 juin, introduit un encadrement rigoureux de la fonction présidentielle. Les articles 77 à 79 du texte établissent un Président de la République en dehors de toute affiliation partisane, mais aussi tenu à une stricte neutralité économique vis-à-vis des biens de l’État.
Dès son investiture, le Président élu doit cesser toute activité ou responsabilité au sein d’un parti politique ou d’une organisation sociopolitique, même s’il en était issu en tant que candidat (article 77). S’il conserve la possibilité d’échanger avec les acteurs politiques sur des questions d’intérêt national, il est formellement tenu à l’écart du jeu partisan durant tout son mandat.
L’article 78 renforce cette logique en précisant que la fonction présidentielle est incompatible avec tout autre poste, public ou privé, même électif, qu’il soit local ou national. Aucune forme de cumul de responsabilités n’est donc autorisée.
Plus strict encore, l’article 79 interdit au Président de vendre, acheter ou louer un bien de l’État, que ce soit en son nom, par un membre de sa famille ou par l’intermédiaire d’un tiers. Il lui est également défendu de participer à tout marché public lié aux institutions de l’État ou placées sous sa tutelle.
Ces dispositions traduisent une volonté affirmée de rompre avec les conflits d’intérêts, de moraliser la fonction présidentielle et de renforcer la séparation entre pouvoir exécutif, vie partisane et intérêts économiques. Le texte propose ainsi une présidence recentrée sur l’intérêt général et détachée de tout privilège personnel.
Amadou Diallo














