La publication officielle du projet de nouvelle constitution continue de susciter des réactions au sein de la classe politique guinéenne. Ce jeudi 3 juillet 2025, le président de l’union démocratique pour le renouveau et le progrès (UDRP), Dr Édouard Zotomou Kpogomou, s’est exprimé de manière critique sur le texte remis récemment au Président de la transition.
Pour le leader politique, l’élaboration d’une nouvelle constitution n’était ni opportune ni justifiée. « Comme nous l’avons toujours dit, nous avons pensé que cette constitution n’était pas nécessaire », a-t-il déclaré. Selon lui, un changement de régime ne devrait pas systématiquement entraîner une refonte de la loi fondamentale, qui est censée offrir une orientation durable à la nation.
Au cœur de ses critiques, le processus d’élaboration du projet. Dr Kpogomou fustige un manque de concertation véritable entre les différentes composantes de la société guinéenne. « Il fallait les regrouper dans un cadre de dialogue réel, pas un dialogue fictif où on fait semblant de dialoguer », suggère-t-il tout en dénonçant une exclusion délibérée des voix dissidentes.
Il remet également en question, la légitimité du conseil national de la transition (CNT), organe chargé de la rédaction du texte. « C’est un CNT qu’on a choisi sur des bases plus ou moins subjectives. Il ne peut pas représenter le peuple », affirme-t-il, soulignant que le projet a été conçu par une minorité sans réelle représentativité nationale.
Dr Édouard Zotomou Kpogomou estime enfin que l’élaboration d’une nouvelle constitution aurait dû impliquer la société civile, les partis politiques, les syndicats, ainsi que l’ensemble du peuple guinéen. À ses yeux, le projet actuel souffre d’un déficit de légitimité et de transparence, et ne saurait constituer un socle durable pour l’avenir démocratique du pays.
Aboubacar Sidiki Camara














