Lors d’une interview accordée à Alluremag, le président du parti « Alliance pour le Renouveau et le Progrès » (ARP) s’est prononcé sur la gestion de la junte qui dirige le pays depuis septembre 2021.
Mohamed Nabe salue les réformes engagées dans le secteur de la justice. Il loue surtout la bataille engagée par la cour de répression des infractions économiques et financières qui traque des prédateurs de l’économie. Toutefois, le président de l’ARP désapprouve le traitement infligé aux dignitaires du régime Alpha Condé, incarcérés à la maison centrale de Coronthie pour plusieurs chefs d’accusation relatifs à des présumés détournements de deniers publics.
« Il faut reconnaître que les personnes qui sont en prison aujourd’hui ont géré notre pays. Notre position a été très claire : nous ne voulons pas encourager l’impunité, nous voulons que ces gens-là soient jugés. Ceux qui sont coupables doivent répondre de leurs forfaitures. En revanche, les personnes qui ont occupé de hautes fonctions dans un État n’ont pas leur place en prison. On peut les mettre en résidence surveillée, on peut les placer dans un hôtel surveillé. Les anciens dictateurs du régime d’Alpha, ainsi que tous les anciens dictateurs, tous ceux qui ont incarné une certaine responsabilité, une haute responsabilité dans un pays, je ne veux pas que ces gens se retrouvent dans les mêmes prisons que les personnes ordinaires », pense Mohamed Nabé.
Le président du parti Alliance pour le Renouveau et le Progrès (ARP) se prononce également sur le cas de tous ceux qui sont portés disparus, comme Foniké Mengue, Billo Bah et le journaliste Habib Marouane Camara. Mohamed Nabé dénonce leur enlèvement et invite la justice à mener des enquêtes pour retrouver ces acteurs.
« Les personnes qui ont disparu, l’État a la responsabilité de tout mettre en œuvre pour que les populations puissent savoir et que les familles puissent savoir où sont ces personnes-là. Parce que la fonction régalienne d’un État, c’est la défense de l’intégrité territoriale et aussi ce qu’on appelle la défense de l’intégrité physique des populations, la protection des biens et des personnes. L’État a la responsabilité de faire en sorte qu’on puisse avoir de l’information, de tout mettre en œuvre pour que ces gens qui ont disparu puissent être retrouvés, et de donner un cordon de sourire aux familles, et que réellement ces genres d’agissements cessent dans notre pays », dénonce Mohamed Nabé.
Le président de l’ARP appelle à l’implication personnelle du président de la transition pour mettre fin aux violations répétées des droits humains dans le pays.
Amadou Oury Barry














