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	<title>Interview &#8211; Allure Info</title>
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	<title>Interview &#8211; Allure Info</title>
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		<title>Fête du 8 mars : « la situation des femmes en Guinée reste complexe », selon Fatou Baldé Yansané (Interview)</title>
		<link>https://allureinfo.net/2026/03/08/fete-du-8-mars-la-situation-des-femmes-en-guinee-reste-complexe-selon-fatou-balde-yansane-interview/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Allure info]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 08 Mar 2026 13:45:11 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Le 8 mars de chaque année, l&#8217;humanité célèbre la fête des femmes. Cette journée de mobilisation mondiale dédiée à la lutte pour l&#8217;égalité, le respect des droits des femmes et la justice est une occasion de dresser le bilan des avancées, de dénoncer les violences sexistes et de revendiquer des droits. Dans une interview accordée [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le 8 mars de chaque année, l&rsquo;humanité célèbre la fête des femmes. Cette journée de mobilisation mondiale dédiée à la lutte pour l&rsquo;égalité, le respect des droits des femmes et la justice est une occasion de dresser le bilan des avancées, de dénoncer les violences sexistes et de revendiquer des droits.</p>
<p>Dans une interview accordée à notre rédaction le vendredi 6 mars, Fatou Baldé Yansané, gérante de la marque FIRSI, par ailleurs Directrice exécutive de la Coalition des Femmes Leaders (COFEL), s&rsquo;est exprimée sur la fête du 8 mars.</p>
<p>Lisez :</p>
<p><strong>Madame Yansané, en tant que femme, que représente pour vous la date du 08 mars ?</strong></p>
<p>Pour moi, le 8 mars est avant tout une journée de reconnaissance et de célébration de la femme dans toutes ses dimensions. C’est un moment pour rappeler nos droits, valoriser nos contributions dans la société et réfléchir aux défis encore à relever. C’est aussi une occasion de renforcer la solidarité entre femmes et de sensibiliser la société sur l’importance de l’égalité.</p>
<p><strong>Quel est votre regard sur la situation actuelle des femmes en Guinée ?</strong></p>
<p>La situation des femmes en Guinée reste complexe. Nous avons fait des progrès dans certains domaines comme l’éducation et l’entrepreneuriat féminin, mais beaucoup de femmes continuent de faire face à des obstacles majeurs : l’accès limité à certains postes de décision, les mariages précoces, les violences basées sur le genre et les inégalités économiques. Il reste donc beaucoup à faire pour que chaque femme puisse pleinement réaliser son potentiel.</p>
<p><strong>Pensez-vous que les droits des femmes sont respectés dans notre pays ?</strong></p>
<p>Malheureusement, beaucoup de droits des femmes sont encore bafoués. Même si la législation existe sur le papier, sa mise en œuvre reste faible et la sensibilisation souvent insuffisante. Les femmes rurales, en particulier, sont les plus vulnérables. Le respect des droits doit passer par des actions concrètes, des politiques inclusives et une éducation continue à tous les niveaux.</p>
<p><strong>Selon vous, quels sont les critères d’une femme émancipée ?</strong></p>
<p>Une femme émancipée est celle qui connaît ses droits et sait les défendre, qui a accès à l’éducation et à des opportunités économiques, qui participe aux décisions familiales et sociales et qui n’a pas peur de s’affirmer dans la société. L’émancipation, c’est avant tout la liberté de choisir sa vie et de contribuer activement à la société sans être limitée par les préjugés ou les discriminations.</p>
<p><strong>Aujourd’hui, quelles sont vos attentes à l’endroit des autorités pour que le respect des droits de la couche féminine soit effectif ?</strong></p>
<p>Je souhaite que les autorités renforcent les politiques de protection des femmes, assurent l’application effective des lois existantes et investissent davantage dans l’éducation, la santé et l’autonomisation économique des femmes. Il est aussi essentiel de promouvoir la participation des femmes dans la gouvernance et la prise de décisions, afin qu’elles soient pleinement représentées dans le développement du pays.</p>
<p>Interview réalisée par Marliatou Sall</p>
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		<title>Présidentielle au Cameroun : le Conseil constitutionnel confirme la réélection de Paul Biya avec 53,6 % des voix</title>
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		<dc:creator><![CDATA[allureinfo]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Oct 2025 12:25:20 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[International]]></category>
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					<description><![CDATA[Le Conseil constitutionnel du Cameroun a officiellement validé, ce lundi, les résultats de l’élection présidentielle organisée plus tôt ce mois-ci. Le président sortant, Paul Biya a été réélu avec 53,6 % des suffrages exprimés, selon les chiffres définitifs publiés par l’institution. Cette proclamation intervient après plusieurs jours de délibérations et l’examen des recours déposés par [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le Conseil constitutionnel du Cameroun a officiellement validé, ce lundi, les résultats de l’élection présidentielle organisée plus tôt ce mois-ci. Le président sortant, Paul Biya a été réélu avec 53,6 % des suffrages exprimés, selon les chiffres définitifs publiés par l’institution.</p>
<p>Cette proclamation intervient après plusieurs jours de délibérations et l’examen des recours déposés par des candidats de l’opposition, qui contestaient la régularité du scrutin. Le Conseil a rejeté ces plaintes, les jugeant « non fondées», entérinant ainsi la victoire du chef de l’État.</p>
<p>A 92 ans, Paul Biya entame un nouveau mandat à la tête du Cameroun, qu’il dirige sans discontinuer depuis 1982. Cette nouvelle victoire prolonge un pouvoir de plus de quatre décennies, souvent présenté comme un gage de stabilité mais aussi critiqué pour son immobilisme et le déficit de réformes démocratiques.</p>
<p>Le mandat qui s’ouvre intervient dans un contexte socio-économique tendu, marqué par la persistance des conflits dans les régions anglophones, la hausse du coût de la vie et les attentes pressantes d’une jeunesse en quête d’emplois et d’un renouvellement politique.</p>
<p><strong>AOB</strong></p>
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		<title>Mohamed Nabé, président de l’ARP : « La création de la Direction Générale des Elections pourrait être une bonne chose, mais… » (Alluremag)</title>
		<link>https://allureinfo.net/2025/08/19/mohamed-nabe-president-de-larp-la-creation-de-la-direction-generale-des-elections-pourrait-etre-une-bonne-chose-mais-alluremag/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Allure info]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 Aug 2025 14:05:33 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Interview]]></category>
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					<description><![CDATA[Le président de l’Alliance pour le Renouveau et le Progrès est un leader satisfait de la santé de son parti. Si Mohamed Nabé prépare activement l’ARP à participer aux prochaines échéances électorales, il souhaite cependant l’organisation ne soit pas l’affaire de la seule Direction Générale des Elections (DGE). Dans cette interview qu’il a accordée au [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-weight: 400;">Le président de l’Alliance pour le Renouveau et le Progrès est un leader satisfait de la santé de son parti. Si Mohamed Nabé prépare activement l’ARP à participer aux prochaines échéances électorales, il souhaite cependant l’organisation ne soit pas l’affaire de la seule Direction Générale des Elections (DGE). Dans cette interview qu’il a accordée au Groupe Allure (Allureinfo.net et Allure Mag), l’ancien Directeur général du FONIJ porte un regard critique sur les aspects positifs et négatifs de la transition version CNRD. Lisez !</span></p>
<p><b>ALLURE MAG : Vous faites partie de la nouvelle génération d’acteurs politiques guinéens. Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ? </b></p>
<p><b>Mohamed Nabé :</b><span style="font-weight: 400;"> Mohamed Nabé est un guinéen, né au milieu des années 1970 dans la ville minière de Kamsar. J’ai fait le début de ma petite enfance dans cette cité, avant de venir à Conakry, principalement en ville, à Kaloum, dans le quartier de Koulewondi, où j&rsquo;ai fait mon école primaire, entre l&rsquo;Ecole primaire du Centre et l&rsquo;Ecole primaire de la Place des martyrs. Par la suite, j’ai fréquenté successivement le Collège Château d’eau, le Collège Simbaya, et le Lycée Victor Hugo. Dans les années 90, quand j’ai eu le deuxième bac, mes parents m’ont la chance d’aller étudier aux EtatsUnis, précisent à Boston. Sur le plan académique, je suis diplômé ou certifié de quelques meilleures universités et instituts au monde. Il s’agit par exemple de Paris1 Panthéon Sorbonne, Sorbonne business Scholl; London SCHOOL OF ECONOMICS; l’Institut de contrôle de gestion-France ; l’Institut français de Gestion. Je suis aussi titulature de plusieurs diplômes et certificats en finances. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Sur le plan professionnel, je suis entre autres, l’actuel Directeur commercial et Markéting de l’usine de ciment ‘’GI ciments’’ ; premier Directeur général du Fonds national pour l’insertion des jeunes (FONIJ) ; ancien Directeur général de la Société Générale de Banque en Guinée dans la zone minière de Boké-Kamsar. </span></p>
<p><b>Quelles motivations vous ont conduit à faire de la politique ?</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">C’est une très bonne question. Je dirai que c’est un appel patriotique d’abord. Tout Guinéen épris de patriotisme, qui pense qu&rsquo;il a des compétences, qu&rsquo;il a une certaine probité morale et l&rsquo;amour de son pays, se doit de s’engager dans l&rsquo;arène politique pour apporter sa petite pierre. En effet, on s’engage en politique, parce qu&rsquo;on a un projet pour son pays. Donc, je pense que je peux apporter ma pierre pour l’édification de notre pays, et j&rsquo;ai un projet pour la Guinée. C’est ce qui a valu mon engagement dans l&rsquo;arène politique. </span></p>
<p><b>Alors, quelles sont les ambitions de l’APR, votre parti politique ? </b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Comme vous le savez, on crée un parti politique pour la conquête du pouvoir. C’est évident. Notre ambition ultime, c’est donc de conquérir le pouvoir en Guinée, par les urnes, bien évidemment. Et aujourd&rsquo;hui, nous avons un projet bien huilé pour le pays. Nous sommes en train d’implanter le parti sur toute l&rsquo;étendue du territoire national, pour les échéances électorales à venir en République de Guinée.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;"> </span><b>Justement, quel est le niveau d’implantation de votre parti à l’intérieur et à l’extérieur de la Guinée ?</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Je dois dire que nous avons fait un bon très significatif en termes d’implantation de notre parti. En trois ans et demi, aujourd&rsquo;hui, nous sommes dans 28 sur les 33 préfectures du pays. Donc, il n&rsquo;y a que 5 préfectures où nous avons eu des problèmes internes au niveau de la fédération. Finalement, ces fédérations ont été dissoutes. Donc, aujourd&rsquo;hui, nous sommes à plus de 95% d’implantation dans le pays. Nous sommes dans plus de 250 sous-préfectures sur les 375 circonscriptions que compte notre pays. A l’étranger aussi, nous sommes dans 13 pays où sont implantées à peu près 19 fédérations, en Afrique, en Europe et aux États-Unis. </span></p>
<p><b>Quel regard portez-vous sur le recensement électoral biométrique ?</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;"> Je pense que c’est une très bonne chose. Aujourd’hui, c’est vrai qu’il y a des défis auxquels les autorités sont confrontées. Elles sont en train de tout mettre en œuvre pour relever ces défis. Je pense qu’il faut les féliciter pour le travail déjà abattu.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Nous avons mené une campagne nationale de sensibilisation de nos militants et fédérations, pour leur dire que le recensement est un acte citoyen. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le recensement, c&rsquo;est la façon d&rsquo;exprimer sa participation à la vie de sa nation. Le recensement est d’abord purement citoyen, avant d’être politique. Nous avons expliqué qu&rsquo;on ne se fait pas recenser pour un régime, ni pour une autorité du pays, mais pour soi-même. Il est vrai qu’il y a un aspect politique, parce que si tu n’es pas recensé, tu ne peux pas voter. A cet égard, nous avons suffisamment sensibilisé nos militants pour qu&rsquo;ils aillent se faire recenser. Les responsables du parti et moi-même, on s’est entendu que chacun envoie son récépissé ici, au siège, pour démontrer que tout le monde est recensé. Les autorités du pays sont en train de mettre les bouchées doubles, pour permettre au maximum de personnes de se faire recenser dans tout le pays. </span></p>
<p><b>Selon vous, la date du referendum fixée au 21 septembre 2025 est-elle tenable?</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Tout dépend de la volonté politique. Aujourd&rsquo;hui, je pense qu’il y a une volonté politique. Beaucoup d’étapes ont été franchies, parce que l&rsquo;avant-projet a été rédigé et vulgarisé. Un comité d’experts a été mis en place, et a rendu ses conclusions. Le Conseil National de la Transition a fait une plénière sur ce document des experts, pour apporter des modifications à l’avant-projet. Aujourd&rsquo;hui, le document se trouve sur la table du président de la République, pour les dernières observations avant la dernière vulgarisation. Et je pense qu&rsquo;on a suffisamment de temps encore pour que la date prévue du 21 septembre soit tenue. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Je pense que si la volonté politique qui a été exprimée par les autorités continue à prévaloir, le 21 septembre est encore tenable.</span></p>
<p><b>Dans la perspective des futures élections, comment réagissez-vous à la création de la Direction Générale des Elections placée sous la tutelle du MATD ? </b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Je pense qu’au sein de notre parti, l’enjeu principal aujourd&rsquo;hui, c’est de tout mettre en œuvre pour sortir de cette transition. Comme vous le savez, plus la transition est dure, plus elle s&rsquo;enlise, et plus les risques politiques augmentent.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Nous sommes à la quatrième année de cette transition.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Il faut tout mettre en œuvre pour éviter qu&rsquo;il y ait des faits et des gestes de la part de la classe politique qui feront qu&rsquo;on aille encore vers l’enlisement de cette transition. Aujourd&rsquo;hui, nous nous retrouvons dans une situation où il y a un risque de tiraillement encore, parce qu&rsquo;il faut reconnaître que les autorités tiennent mordicus à ce que l&rsquo;élection référendaire et les futures élections soient organisées par le ministère de l&rsquo;Administration du Territoire et de la Décentralisation. Ce qui n&rsquo;était pas de l&rsquo;avis des acteurs politiques comme moi. Mais aujourd&rsquo;hui, il faut faire un arbitrage, et savoir exactement ce que nous voulons. Est-ce que nous voulons organiser ces élections, et s’assurer que tous les aspects que nous voulons, pour l&rsquo;organisation d’une élection crédible et transparente, soient réunis avant d&rsquo;aller aux élections, avec un risque de se retrouver avec une transition de plusieurs années encore ? Ou est-ce qu&rsquo;il faut essayer de mettre tout en œuvre pour que les aspects importants soient pris en compte ? Il ne s’agit pas de fermer les yeux, mais être indulgents sur certains aspects pour qu&rsquo;on puisse rapidement sortir de cette transition, et que le pays revienne à une situation constitutionnelle normale, à un régime normal.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Aujourd&rsquo;hui, la DGE, c&rsquo;est une direction générale des élections, il faut reconnaître d’abord que ce n&rsquo;est pas une première. Je veux rappeler qu&rsquo;il y a trois types d&rsquo;organes de gestion des élections. L&rsquo;État peut décider de mettre en place un organe indépendant, comme ce fut le cas avec la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante). L&rsquo;État peut décider de mettre en place un organe mixte avec une CENI et l&rsquo;implication des organes de l&rsquo;État. Et l&rsquo;État peut aussi décider que l&rsquo;administration publique organise les élections, comme cela se fait dans beaucoup de pays. On a mis en place cette CENI parce qu&rsquo;il y avait une crise de confiance entre la classe politique et l&rsquo;État. Malheureusement, il faut reconnaître que la mise en place de la CENI chez nous a connu aussi des problèmes. Il n&rsquo;y a pas que des aspects positifs. Il y a eu aussi beaucoup de choses peu catholiques dans notre pays. La première fois, il y a eu tellement de tensions à un moment, qu&rsquo;on était obligés de prendre un expert des questions électorales, un Malien, le Général Toumani Sangaré, qui est venu diriger la CENI chez nous.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Parce que le problème avec ces CENI chez nous, c&rsquo;est qu’elles sont très politiques. Et les acteurs qui viennent pour y représenter les partis politiques ne viennent pas pour défendre l’intérêt supérieur de la nation. Ils viennent pour défendre l&rsquo;intérêt des partis qui les ont délégués. Aujourd&rsquo;hui, nous, c&rsquo;est notre position pour l&rsquo;instant, nous disons que la création de la DGE pourrait, je dis bien, je pèse mes mots, pourrait être une bonne chose, mais le processus n&rsquo;est pas encore adéquat. A l&rsquo;image du système électoral au Sénégal, la Direction Générale des Elections, avec la tutelle du ministère de l&rsquo;Intérieur, organise les élections, mais il y a un organe de veille et de supervision au Sénégal qui s&rsquo;appelle la CENA (la Commission Électorale Nationale Autonome), qui veille sur le processus et les aspects opérationnels, ainsi que sur les aspects techniques et l’organisation pratique de l’élection. En Guinée, on peut faire la même chose, même si cet organe peut avoir un autre nom qui ne soit pas la CENA. Nous plaidons pour la mise en place d&rsquo;un organe, un observatoire qui va veiller et superviser le processus électoral. Mais, les aspects opérationnels et autres peuvent être gérés par la DGE, pour ne pas qu&rsquo;on reste encore dans un tiraillement éternel, et qui n’est pas à l’avantage de la classe politique, mais qui sera à l’avantage des autorités de la transition. </span></p>
<p><b>Quel regard portez-vous sur la conduite de la transition ? </b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Il faut reconnaître que, comme toute œuvre humaine , la perfection n&rsquo;est que divine. Si je vous dis que la conduite de la transition aujourd&rsquo;hui est parfaite, je vous aurais menti, elle n&rsquo;est pas parfaite. Elle peut être perfectible. Il y a des aspects positifs et des aspects négatifs. Parmi les aspects positifs, nous saluons l’organisation du procès du 28 septembre 2009, qui a redonné un peu d&rsquo;espoir aux victimes, bien qu’il y ait eu beaucoup de choses qui ont été dites sur ce procès, mais dans son organisation et sa quintessence, c’est une très bonne chose dans notre pays, parce que cela met un terme à des décennies d&rsquo;impunité et de crimes d&rsquo;État, qui ont été commis dans ce pays. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Il faut aussi reconnaître aujourd&rsquo;hui que la création de la CRIEF, même s&rsquo;il y a des choses à redire par rapport à cette cour, puisqu’il il y a des choses qu&rsquo;on peut corriger, mais sa mise en place en tant qu&rsquo;instrument, pas de répression, mais de dissuasion en termes de gestion des deniers publics, peut être une bonne chose. Parce qu&rsquo;il faut reconnaître que dans le secteur privé, on commence à changer de perception face à la chose publique. On commence à sentir ce changement. La mentalité des cadres de l’administration publique face à la chose publique commence à changer, ce sont de bonnes choses.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Mais sur le plan politique, je pense que l&rsquo;État doit faire un effort pour que la justice, comme ils l’ont dit, soit réellement la boussole. Nous, au niveau de notre parti, nous avons toujours dit que les personnes qui ont disparu, l&rsquo;État a la responsabilité de tout mettre en œuvre, pour que les populations et leurs familles puissent savoir où elles sont aujourd’hui. Parce que la fonction régalienne d&rsquo;un État, c’est la défense de l’intégrité territoriale, et la défense de l’intégrité physique des populations, la protection des biens et des personnes. L&rsquo;État a la responsabilité de faire en sorte qu&rsquo;on puisse avoir des informations, tout mettre en œuvre pour que ces gens qui ont disparu puissent être retrouvés, et donner le sourire aux familles. Il faut donc que ce genre d&rsquo;agissements cesse dans notre pays. Mais, il faut reconnaître aussi que les personnes qui sont en prison aujourd&rsquo;hui ont géré notre pays. Notre position est très claire. Nous ne voulons pas encourager l&rsquo;impunité, nous voulons que ces personnes soient jugées. Ceux qui sont coupables, qu’ils puissent répondre de leurs forfaitures. Par contre, les personnes qui ont occupé de hautes fonctions dans un État n&rsquo;ont pas leur place en prison. On peut les mettre en résidence surveillée ou dans un hôtel surveillé. Moi, je ne veux pas que les anciens dignitaires du régime d’Alpha, et tous ceux qui ont incarné une certaine responsabilité, une haute responsabilité dans un pays, se retrouvent dans les mêmes prisons que les personnes ordinaires.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Par contre, s&rsquo;ils ont fauté, je veux qu&rsquo;ils soient jugés et sanctionnés. En attendant que le jugement ne soit définitif, on peut les garder chez eux, en résidence surveillée. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L&rsquo;État peut réquisitionner une maison ou un hôtel, à l&rsquo;image de ce qui a été fait au Royaume-Uni ou en Arabie Saoudite, pour que ces personnes puissent, quand même, être détenues dans la dignité.</span></p>
<p><strong>Alluremag N°002 &#8211; Juillet 2005</strong></p>
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		<title>Femmes et leadership : “marchons ensemble pour bâtir la Guinée de nos rêves” (Dre Makalé Traoré dans Alluremag)</title>
		<link>https://allureinfo.net/2025/08/07/femmes-et-leadership-marchons-ensemble-pour-batir-la-guinee-de-nos-reves-dre-makale-traore-dans-alluremag/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Allure info]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 07 Aug 2025 10:55:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À la une]]></category>
		<category><![CDATA[Fil d'actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
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					<description><![CDATA[Docteure Makalé Traoré, ancienne ministre, ancienne candidate à l’élection présidentielle de 2020, cheffe d’entreprise, n’est plus à présenter aux Guinéens. Facilitatrice et Porte-parole du Cadre de Dialogue Inclusif Socio Politique Inter-guinéen, sous l’actuelle transition, son parcours a fait d’elle l’un des témoins majeurs des péripéties socio-politiques guinéennes de ces trois dernières décennies. Dans cette interview [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-weight: 400;">Docteure Makalé Traoré, ancienne ministre, ancienne candidate à l’élection présidentielle de 2020, cheffe d’entreprise, n’est plus à présenter aux Guinéens. Facilitatrice et Porte-parole du Cadre de Dialogue Inclusif Socio Politique Inter-guinéen, sous l’actuelle transition, son parcours a fait d’elle l’un des témoins majeurs des péripéties socio-politiques guinéennes de ces trois dernières décennies. Dans cette interview qu’elle a accordée au Groupe Allure (allureinfo.net et Allure Mag), cette dame de fer retrace, entre autres, des pans de son cheminement professionnel, tout en faisant le récit de certains épisodes de sa mission de facilitatrice nationale. Voici l’interview-vérité d’une femme engagée !</span></p>
<p><strong>Allure Mag : Dr Makalé Traoré, merci de nous accorder cette interview qui parlera de vous, votre cheminement professionnel, mais aussi dans un cadre bien privé. Pour commencer, la première chose qu&rsquo;on aimerait comprendre, c&rsquo;est l&rsquo;environnement qui a façonné la dame que vous êtes aujourd&rsquo;hui. Dans quel environnement avez-vous grandi ? </strong></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Dr Makalé TRAORÉ : J&rsquo;ai grandi dans un cadre familial empreint de sérénité et de spiritualité profonde. Native de Forécariah, j’ai partagé mon enfance avec des frères et sœurs unis, sous le regard bienveillant d’une mère courageuse et particulièrement résiliente. Mon père, Imam Ratib de Camayenne, fut celui qui bâtit la toute première mosquée de cette localité. Homme d&rsquo;une spiritualité exemplaire, il a consacré sa vie à l&rsquo;étude et à l&rsquo;enseignement du Coran jusqu&rsquo;à son dernier souffle. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Dans cet environnement apaisé, jamais je n&rsquo;ai été témoin d&rsquo;une quelconque dispute entre mes parents. Par ailleurs, la présence attentive et chaleureuse de ma grand-mère maternelle a été une bénédiction exceptionnelle dans mon éducation. Sa proximité, ses conseils et sa sagesse m&rsquo;ont permis d’acquérir très tôt une maturité et façonné durablement ma personnalité et mon parcours de vie. </span></p>
<p><strong>Y a-t-il des personnages, des figures qui vous ont inspirée en grandissant ?</strong></p>
<p><span style="font-weight: 400;"> Plusieurs personnalités m’ont inspirée au fil de mon parcours, en particulier les grandes dames du REFAMP et de la COFFIG, dont les expériences et les conseils ont été précieux à mon évolution personnelle. Je ne saurais malheureusement toutes les citer et j&rsquo;espère qu&rsquo;elles m&rsquo;en excuseront. Sur le plan international, Angela Merkel se détache particulièrement par son élégance, son leadership remarquable et son profond détachement matériel accompagné d’une humilité exceptionnelle. Elle a laissé une empreinte indélébile dans l&rsquo;histoire de l&rsquo;Allemagne. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Plus près de moi, ma mère a été un modèle absolu, ainsi que ma grand-mère et mon arrière-grand-mère, que j’ai eu le privilège de connaître. Elles m&rsquo;ont transmis des valeurs qui ont profondément influencé mon parcours : la modération en toute chose, car l’excès nuit toujours ; l&rsquo;importance primordiale de la famille ; le partage sincère ; le goût du travail bien fait ; l’écoute attentive des plus démunis ; le devoir constant de se rendre utile à sa communauté ; et enfin, le rejet absolu de tout ce qui peut alimenter un conflit. Je m’efforce, chaque jour, à transmettre les mêmes valeurs à mes enfants. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ces valeurs constituent le socle de mon existence et expliquent sans doute mon engagement pour le dialogue, la prévention, la gestion et la résolution des conflits en Guinée et en Afrique depuis deux décennies. Elles éclairent mon combat en faveur de l&rsquo;autonomisation des femmes et des jeunes filles défavorisées, et mon indignation constante face à toutes formes d’injustice et de violences. </span></p>
<p><strong>Quel est le moment décisif pendant lequel vous êtes décidée à entrer en politique ? </strong></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le moment décisif qui a marqué mon entrée en politique a été le limogeage de Sidya Touré de la primature, alors qu’il avait entrepris des réformes essentielles pour sortir la Guinée d’une grave crise économique. Cette décision m’est apparue profondément injuste et a constitué un véritable déclic. J’ai ainsi pris la résolution ferme de m’engager à ses côtés, dès l’an 2000, quelques semaines seulement avant qu’il ne soit investi à la tête de l’UFR. En qualité de membre du Bureau Exécutif national, j’avais notamment en charge l’ensemble des structures internationales du parti. Cette collaboration intense et enrichissante s’est étendue sur dix années, durant lesquelles je me suis investie intellectuellement, matériellement et financièrement avant de finalement décider de démissionner en raison de divergences de vues.</span></p>
<p><strong>Dre Makalé Traoré, c’est aussi une belle carrière dans l&rsquo;enseignement supérieur. Que peut-on retenir de ce chapitre de votre parcours professionnel ? </strong></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En effet, à l’issue de ma thèse de doctorat intitulée « Le Financement International Compensatoire du Déficit d’Exportation des Produits de Base (matières premières) », obtenue avec la mention très honorable à l’unanimité du jury, accompagnée des félicitations et du droit de publication, j’ai eu l’opportunité d’enseigner à la Faculté de Droit de l’Université de Montpellier durant quatre années. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">À mon retour en Guinée, parallèlement à la création de ma première entreprise, j&rsquo;ai choisi d’offrir bénévolement mes services à la Faculté de Droit de l’Université Gamal Abdel Nasser pendant dix années consécutives, à partir de 1995, époque où l’enseignement supérieur guinéen souffrait d’une pénurie criante de professeurs qualifiés. Mes lundis étaient entièrement consacrés à mes étudiants de quatrième année à travers des enseignements tels que les institutions financières internationales, les grands contrats de l’État, les investissements internationaux ou encore le commerce international. Au-delà de mes cours magistraux, j’élaborais et mettais gratuitement à la disposition de mes étudiants des brochures pédagogiques, organisais des travaux dirigés et invitais régulièrement des intervenants professionnels externes. J’ai également dispensé des enseignements aux étudiants de quatrième année de l&rsquo;Université Kofi Annan. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">De ce chapitre important de ma vie, je retiens avant tout le privilège immense d’avoir contribué à la formation de nombreux cadres devenus aujourd’hui grands commis de l’État, présidents d’institutions, ministres, directeurs généraux, journalistes réputés, chefs d’entreprise accomplis et même leaders politiques. Je leur suis reconnaissante de me témoigner encore aujourd’hui leur gratitude. Je suis également honorée que la 36ème promotion de l’École de droit porte mon nom, symbole particulièrement fort et rare à cette époque, marque une reconnaissance significative pour ma contribution à l’enseignement. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L’enseignement demeure ma véritable passion, même si, ces dernières années, mes nombreuses responsabilités m’ont empêchée de poursuivre pleinement cette activité. Cependant, aujourd&rsquo;hui, en tant que membre titulaire de l’Académie des Sciences de Guinée et Présidente du Collège des Sciences Juridiques, Économiques et Politiques, je reste convaincue que j&rsquo;y retournerai très prochainement. </span></p>
<p><strong>Vous êtes aussi, avant tout, une entrepreneure infatigable. Parlez-nous de ce que vous avez accompli sur ce plan ? </strong></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Je suis principalement connue en tant qu’actrice de la société civile et femme politique, puisque ce sont ces aspects de ma vie qui ont surtout retenu l’attention des médias. Cependant, mon parcours entrepreneurial, qui s’étend de 1995 à aujourd&rsquo;hui, soit trente années, n’est pas moins importante. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En effet, j’ai fondé et dirigé plusieurs entreprises : d’abord une société spécialisée dans les équipements informatiques et bureautiques dès mon retour en Guinée en 1995, suivie d’une imprimerie en 1997, puis d’une entreprise bâtiments et travaux publics œuvrant dans les pistes rurales en 2007, et enfin, d’une société de gestion immobilière créée en 2016. Toutes ces entreprises poursuivent aujourd’hui encore leurs activités. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Plus récemment, en novembre 2024, après avoir prêté serment devant le Barreau de Guinée, j&rsquo;ai fondé le cabinet d&rsquo;avocats « Avocats M.T. Associés &amp; Partners », avec pour principaux associés les Premiers Ministres Dr Ahmed Tidjane SOUARE et Dr Bernard GOUMOU. Ce cabinet se distingue par une structuration rigoureuse autour de quatre pôles d&rsquo;expertise : Droit et Conseil Juridique ; Mines, Environnement et Droits des Communautés ; Audits, Finances et Comptabilité ; Formation et Renforcement de Capacités. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Indépendante depuis mes 19 ans, je n’ai jamais été tentée par une carrière de fonctionnaire, même durant mes fonctions ministérielles. J’affectionne les défis propres au secteur privé, où la compétition constante pousse à l’effort continu, à la remise en question et à l’adaptation nécessaire pour progresser, malgré les hauts et les bas inhérents à cette voie.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">À l’époque où nous nous sommes lancées dans l’entrepreneuriat, quelques amies et moi-même avons dû faire face à des prêts bancaires particulièrement élevés, souvent supérieurs à 22 %. Nous ne disposions ni de coaching, ni de programmes spécifiques d&rsquo;accompagnement dédiés aux femmes entrepreneures. Nous avons donc appris sur le terrain, chuté parfois, mais toujours trouvé la force de nous relever et d’affiner notre connaissance du milieu entrepreneurial. Aujourd’hui, nos filles bénéficient d&rsquo;un contexte nettement plus favorable grâce aux divers dispositifs mis à leur disposition. Mon conseil pour elles est donc de saisir pleinement ces opportunités, car au bout de l’effort se trouve toujours une récompense aussi belle que méritée. </span></p>
<p><strong>Quels ont été les principaux défis que vous avez affrontés en tant que femme dans un espace politique dominé par les hommes ? </strong></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Issue d’une famille où j’étais la seule fille parmi sept enfants de maman, j&rsquo;ai grandi et évolué au sein d&rsquo;un environnement très masculin. C’est probablement ce contexte familial qui explique la facilité avec laquelle je parviens à établir des relations harmonieuses et constructives avec les hommes. À vrai dire, je n’ai jamais ressenti de difficultés particulières à travailler aux côtés de mes homologues masculins. J&rsquo;ai toujours considéré que lorsqu’une femme fait preuve de compétences avérées, qu’elle cultive une relation de respect mutuel et de complémentarité avec ses collègues masculins, elle gagne naturellement leur respect. </span></p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-13152" src="https://allureinfo.net/wp-content/uploads/2025/08/IMG-20250627-WA0084.jpg" alt="" width="928" height="624" srcset="https://allureinfo.net/wp-content/uploads/2025/08/IMG-20250627-WA0084.jpg 928w, https://allureinfo.net/wp-content/uploads/2025/08/IMG-20250627-WA0084-300x202.jpg 300w, https://allureinfo.net/wp-content/uploads/2025/08/IMG-20250627-WA0084-768x516.jpg 768w, https://allureinfo.net/wp-content/uploads/2025/08/IMG-20250627-WA0084-150x101.jpg 150w, https://allureinfo.net/wp-content/uploads/2025/08/IMG-20250627-WA0084-750x504.jpg 750w" sizes="(max-width: 928px) 100vw, 928px" /></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Dans le milieu politique, j’ai toujours assumé des rôles clés auprès d’hommes influents, avec des fonctions stratégiques dans les cercles décisionnels. Cette implication s’explique peut-être par mon engagement entier et sans réserve dans chaque projet ou organisation dont je fais partie. Cela a été le cas avec Sidya Touré, tout comme avec le professeur Alpha Condé, dont j’ai eu l&rsquo;honneur de diriger la campagne électorale qui lui permit d’accéder à la magistrature suprême, une campagne particulièrement difficile et risquée, incomparable à celle de la réélection d&rsquo;un Président en fonction. Malheureusement, notre collaboration n’a pas pu perdurer, mais j’ai toujours assumé le devoir moral de m’exprimer ouvertement sur les dérives du régime, notamment à propos de la question controversée du troisième mandat. Je souhaitais sincèrement qu’il quitta la scène politique par la grande porte, car après avoir été un grand opposant, il méritait de rester dans l&rsquo;histoire comme un grand président car « LE PACTE ENTRE TRAORE ET CONDE EST SACRE ». Cependant, chacun suit le chemin que lui réserve son destin. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Mon engagement actif contre les violences basées sur le genre, les abus envers les jeunes filles, ainsi que pour la paix et l’accès équitable des femmes aux postes décisionnels, m&rsquo;a amenée à décider en 2015, après concertation avec ma famille, de présenter ma candidature à l’élection présidentielle de 2020. Je l’ai fait avec un programme cohérent, axé sur l’emploi, l’éducation, la santé et un développement véritablement inclusif pour la Guinée. Cette candidature n’était pas improvisée, mais s’appuyait sur une réflexion philosophique et sociologique solide, avec la conviction que le Professeur Alpha Condé ne se représenterait pas. Je suis fière d’avoir participé à cet exercice démocratique, et malgré tout ce qui a pu être publié, nous savons que les résultats obtenus par notre plateforme politique, le Parti de l’Action Citoyenne par le Travail (PACT), étaient honorables. </span></p>
<p><strong>Et quel a été le principal défi pour vous en politique ? </strong></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La politique est un univers fait de passion, de convictions profondes, mais également d’adversités. C’est un domaine malheureusement marqué par la calomnie, les attaques personnelles et les fausses accusations. Notre pays gagnerait beaucoup à compter davantage d&rsquo;hommes et de femmes engagés sincèrement en politique plutôt que des politiciens professionnels car, nos concitoyens ne disposent pas toujours des outils suffisants pour distinguer clairement la vérité du mensonge ou l’authenticité des discours de l’imposture. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Pour une femme engagée en politique, le principal défi demeure très souvent le coût financier des campagnes électorales. À titre personnel, ce qui m’a aidée c’est d’avoir occupé pendant dix ans, soit deux mandats consécutifs, les fonctions de Présidente de la Coalition des Femmes et Filles de Guinée pour le Dialogue, la Consolidation de la Paix et le Développement (COFFIG/DCPG), ainsi que celles du Réseau des Femmes Africaines Ministres et Parlementaires (REFAMP/G). Durant cette période, j’ai parcouru tout le pays, multiplié les échanges de terrain et renforcé mon ancrage social.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ainsi, j’ai pu compter sur l’appui des 1079 organisations féminines réparties dans les trente-trois préfectures du pays qui se sont mobilisées spontanément et gratuitement pour soutenir ma campagne, en reconnaissance de mes actions antérieures en faveur des femmes. Qu&rsquo;elles reçoivent ici l’expression de ma plus sincère gratitude. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Mes anciens étudiants se sont également mobilisés en organisant une levée de fonds et en produisant des milliers de t-shirts à l&rsquo;effigie de notre campagne preuve d’un soutien précieux qui m’a profondément touché. Je n’oublie pas mes amis de tous bords pour leurs contributions. Grand merci à Toutes et Tous. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ces soutiens témoignent de la nécessité, pour une candidature présidentielle sérieuse, d’avoir un parcours personnel et professionnel solide, un impact communautaire établie, un niveau certain d’éducation, une capacité à communiquer avec toutes les couches de la société y compris dans les langues locales et, surtout, un discours crédible, mobilisateur et porteur d’espoir. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Un ministre du Professeur Alpha Condé, originaire de la région forestière, m’a même demandé avec étonnement comment j’avais pu remporter des voix contre le RPG dans sa propre région sans y avoir mis les pieds, ce qui me fait sourire encore aujourd’hui…. </span></p>
<p><strong>Quel a été le fil conducteur entre votre carrière professionnel, l’entrepreneuriat, votre engagement social et celui politique ? </strong></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le fil conducteur de mon parcours, qu’il soit professionnel, entrepreneurial, social ou politique, demeure incontestablement l’ensemble des valeurs fondamentales transmises par mes parents, valeurs que je considère essentielles : être toujours utile à la communauté. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En qualité de cheffe d’entreprise, j’aurais pu privilégier une vie plus aisée et tranquille. Pourtant, j’ai fait le choix de créer un fonds personnel destiné à soutenir la valorisation du travail des femmes et jeunes filles défavorisées. Placé en garantie auprès d’ECOBANK, ce fonds a permis pendant une décennie à près de 8 000 femmes et filles issues des milieux les plus modestes, à travers tout le pays, d’obtenir des prêts bancaires sans avoir besoin de fournir une caution personnelle. Ces crédits ont été accordés sans distinction aucune liée à l&rsquo;appartenance politique, religieuse, ethnique ou confessionnelle. Je m’investis notamment dans le mécénat sans bruit auprès des enfants malades et des mères abandonnées par les maris… </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Mon engagement au sein de la société civile a été déclenché par les violences survenues lors de la campagne présidentielle de 2010, période difficile où j’ai échappé par trois fois à la mort. Cette expérience m’a fait prendre conscience que notre pays pouvait rapidement sombrer dans le chaos, non seulement à cause d&rsquo;individus mal intentionnés, mais aussi en raison d’acteurs en apparence respectables. Dès lors, j’ai décidé, avec les femmes remarquables du REFAMP et de la COFFIG, de m’investir activement pour préserver la paix sociale. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">J’ai eu l’honneur de conduire en 2013 la grande marche blanche des femmes pour le dialogue et la paix. J’ai également occupé les fonctions de membre et rapporteur du Groupe National de Contact pour la paix en Guinée, et assuré le rôle de cheffe de mission des Cases de veille pour des élections pacifiques en 2013, 2015 et 2018. Avec plus de 2000 femmes mobilisées sur l’ensemble du territoire national, nous avons désamorcé près de 200 situations conflictuelles lors des élections législatives de 2013, plus de 1600 lors de la présidentielle de 2015, et environ 800 lors des élections communales de 2018. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">C’est avec la même conviction et le sens aigu du devoir que j’ai accepté, par la suite, de mettre de côté mes fonctions politiques afin d&rsquo;accompagner le Président Mamadi DOUMBOUYA dans l’organisation du dialogue national inclusif, événement historique majeur dans la vie politique de notre pays. Je reste convaincue que le dialogue doit être privilégié en toutes circonstances pour nous permettre d’avancer ensemble vers un avenir meilleur. </span></p>
<p><strong>Quelle est votre vision de l&rsquo;avenir de la Guinée. Comment est-ce que vous l&rsquo;imaginez ? </strong></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ma vision pour l’avenir de notre pays repose avant tout sur le principe cardinal de la justice. À mes yeux, la Guinée ne connaît pas encore un véritable équilibre social fondé sur la justice, et un pays où règne l&rsquo;injustice compromet inévitablement son propre devenir. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Aujourd’hui, le fossé entre les riches et les pauvres ne cesse de s’élargir. Pourtant, notre nation regorge suffisamment de ressources pour satisfaire les besoins fondamentaux de tous ses citoyens : un logement décent, des infrastructures de qualité, une éducation performante et un accès facile aux soins de santé. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L’administration publique doit pleinement jouer son rôle au service de l’ensemble de la population, sans distinction aucune. Dans ce cadre, le Président de la République doit intensifier ses efforts pour devenir le président de toutes les Guinéennes et de tous les Guinéens. J&rsquo;en profite d&rsquo;ailleurs pour lancer un appel solennel à sa bienveillance, afin d’envisager le pardon envers ceux qui ont commis des fautes. Non pas pour cautionner l’impunité, mais plutôt pour contribuer à l’apaisement national. Les anciennes hautes personnalités de l’État détenues pourraient, par exemple, bénéficier d’un régime de résidence surveillée ou d’autorisations pour recevoir des soins médicaux appropriés. Ces mesures traduiraient une grandeur d’âme et ne devraient jamais être perçues comme une faiblesse. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Par ailleurs, j’invite chacun à faire preuve de sagesse dans les paroles comme dans les actes, éviter les excès et les abus liés aux positions de pouvoir. Nous devons constamment garder à l’esprit que nous sommes tous mortels, et que tout peut basculer en un instant. Que Dieu nous rappelle à cette humilité nécessaire. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En second lieu, j’insiste particulièrement sur le rôle essentiel des femmes guinéennes, dont les compétences et l’engagement au service de notre nation ne sont plus à démontrer. Mon propos n’est pas d&rsquo;affirmer que rien n&rsquo;a été réalisé dans ce domaine ; au contraire, beaucoup d’efforts notables ont été entrepris par les précédents chefs d’État et se poursuivent sous la présidence du Colonel Mamadi DOUMBOUYA. Toutefois, j&rsquo;aimerais mettre l’accent sur la volonté politique indispensable à l’émergence de grandes figures féminines, telles que MBalia Camara, Hadja Mafory Bangoura ou encore Jeanne Martin Cissé, première femme à présider le Conseil de sécurité des Nations Unies en novembre 1972. Ces femmes exceptionnelles doivent leur reconnaissance à une véritable volonté politique. Sans l’audace du Président Ahmed Sékou Touré, jamais l’on n’aurait entendu parler de Jeanne Martin Cissé. Aujourd’hui encore, de nombreuses femmes talentueuses sont capables d’occuper des positions similaires, pour peu que la volonté politique leur ouvre les portes du pouvoir. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Depuis l’indépendance, notre pays a compté des centaines de généraux, combien parmi eux sont des femmes ? Nous en sommes à notre 17ème Premier ministre, aucun poste n’ayant jamais été confié à une femme. Cette absence de femmes fortes et expérimentées auprès du Président de la République, capables d’influencer positivement certaines décisions stratégiques, constitue à mes yeux une anomalie profonde. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Il ne s’agit pas d’un combat entre les genres, mais d’une nécessaire complémentarité hommes-femmes, indispensable à l’équilibre des forces vives du pays et à son développement harmonieux. </span></p>
<p><strong>Quel message adressez-vous aux jeunes filles guinéennes qui rêvent de leadership ?</strong></p>
<p><span style="font-weight: 400;"> Mon premier message à l’attention des jeunes filles guinéennes qui aspirent à exercer un leadership est de ne pas systématiquement transposer dans notre contexte national tout ce qu’elles observent ailleurs. Chaque pays, chaque continent possède ses propres traditions. Nous sommes Africains, héritiers d’une culture ancestrale riche en valeurs nobles et solides, dont nous devons être fiers, que nous devons cultiver et transmettre aux générations futures. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Certes, il convient de questionner certaines pratiques traditionnelles qui peuvent être discutables, mais en prenant toujours soin d&rsquo;effectuer un tri judicieux. De même que les modèles économiques ou sociaux européens ne peuvent être intégralement appliqués chez nous, nous devons faire au « bénéfice d’inventaire » : prendre ce qui est bon et rejeter ce qui ne l&rsquo;est pas. </span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: 400;">Mon deuxième message est celui de la formation et du travail assidu. Les jeunes filles doivent comprendre que la réussite véritable s&rsquo;obtient par l&rsquo;effort soutenu et non par la facilité ou les raccourcis. Une femme bien formée demeure admirable et respectée tout au long de sa vie. En revanche, une femme qui ne mise que sur son apparence ou sa beauté, sans réelle formation ni compétence, risque rapidement de perdre cette considération. Les compétences forgent le respect durable et indéniable, même auprès de ceux qui pourraient ne pas vous apprécier personnellement. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Enfin, mon dernier conseil porte sur la question de l’égalité entre l’homme et la femme, souvent mal comprise. À mes yeux, cette notion relève d&rsquo;une certaine tromperie. Il ne s&rsquo;agit pas d’être l’égal d’un homme, mais plutôt de rechercher l’équité, c&rsquo;est-à-dire la justice dans le traitement réservé à chacun. La femme doit être traitée avec dignité, respect, et lorsque ses compétences sont équivalentes à celles de l’homme, elle doit bénéficier des mêmes opportunités et du même traitement. C’est cela, l’équité véritable. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Je ne suis pas l’égale de mon mari, je suis une femme, et lui est un homme. Notre complémentarité, basée sur un respect mutuel, est précisément ce qui assure l’harmonie profonde entre l’homme et la femme dans toutes leurs relations. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Vous avez conduit, avec deux autres braves dames, le cadre de dialogue politique inter guinéen qui a balisé le chemin à l&rsquo;accalmie sociopolitique que nous connaissons aujourd&rsquo;hui en Guinée. Quels ont été les plus grands défis que vous avez dû relever dans ce parcours ? </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le premier défi fut de déconstruire l’idée reçue selon laquelle, du fait de mon passé politique, je ne serais pas en mesure de mener ce dialogue en toute impartialité. Beaucoup ont oublié que la prévention, la gestion et la résolution des conflits ont toujours constitué le cœur même de mes engagements personnels, et ce, depuis des décennies, pour préserver la paix dans notre pays. La paix constitue le fondement indispensable à toute activité humaine : sans elle, aucune élection ne peut se tenir convenablement, aucune activité économique ou sociale ne peut prospérer, ni même l&rsquo;éducation être assurée correctement. En réalité, la paix est le début et l’aboutissement de tout.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;"> Le second défi a été d’amener la société à accepter l’idée que trois femmes puissent posséder la compétence, l’expérience et le leadership nécessaires pour faciliter efficacement un dialogue politique inclusif en Guinée. Ce n’est qu’à travers notre travail et nos résultats concrets que toutes les parties prenantes ont fini par reconnaître notre capacité à conduire cette délicate mission avec professionnalisme et succès. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le troisième défi a consisté à réunir autour d&rsquo;une même table l&rsquo;ensemble des acteurs politiques, ceux de la société civile et diverses personnes ressources issues de tous horizons. Si les débuts furent particulièrement difficiles, une dynamique constructive s’est progressivement installée au fil des semaines. Bien que la Guinée ait déjà connu plusieurs initiatives de dialogue par le passé, celle-ci se distingue clairement par sa méthodologie novatrice, son caractère permanent et inclusif, son mécanisme rigoureux de suivi-évaluation ainsi que par la documentation précise et accessible du processus. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ainsi, en collaboration étroite avec Monsieur le Premier Ministre, Dr Bernard GOUMOU, nous avons parcouru tous les quartiers généraux des coalitions politiques et rencontré les représentants de la société civile. Les projets de termes de référence issus de ces consultations ont été soumis à toutes les parties prenantes afin qu’elles puissent émettre leurs observations ou approuver les propositions soumises. Ensuite, acteurs et équipes techniques ont conjointement identifié les grandes thématiques à aborder. Pendant un mois, un dialogue franc et ouvert s’est tenu, permettant à chacun de s’exprimer librement. À l’issue de ces échanges approfondis, les résolutions ont été adoptées à l’unanimité et le rapport final transmis solennellement au Président de la République. Il est aujourd’hui le seul rapport consultable en Guinée parmi tous les processus de dialogue réalisés à ce jour. Ce travail colossal a permis d’apaiser considérablement notre pays. Toutefois, nous regrettons l’absence initiale de certaines coalitions, qui vers la fin ont toutefois montré des signes positifs en envisageant une révision de leur position. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Enfin, cette mission exceptionnelle, menée avec mes deux estimées GRANDES DAMES, Hadja Aïcha BAH et Tantie Joséphine LENAUD GUILAO, fut couronnée par une « standing ovation » unanime des participants lors de la remise du rapport final. </span><span style="font-weight: 400;">Pour nous, cette reconnaissance constitue assurément la plus belle des récompenses. </span></p>
<p><strong>Êtes-vous optimiste pour l’avenir politique de la Guinée ? Pourquoi ? </strong></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Je suis résolument optimiste pour l&rsquo;avenir politique de la Guinée, car je perçois aujourd&rsquo;hui chez nos compatriotes un véritable éveil citoyen. Certes, notre pays traverse des défis majeurs, mais je suis convaincue que la jeunesse guinéenne, désormais consciente de son pouvoir, saura écrire une nouvelle page de notre histoire nationale. Notre pays possède d&rsquo;immenses ressources naturelles, mais sa richesse la plus précieuse reste son capital humain, animé par une aspiration profonde au changement positif. Je crois fermement que l’engagement civique, couplé à une gouvernance transparente et à une vraie justice sociale, constitue le socle sur lequel nous construirons la Guinée de demain. Comme le dit un proverbe bien connu : « Là où il y a une volonté, il y a un chemin. » Aujourd’hui, Nous devons travailler à trouver ce chemin par notre farouche volonté à faire émerger la Guinée. </span></p>
<p><strong>Si vous aviez un dernier message à transmettre à vos concitoyens, lequel serait-il ? </strong></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Mon dernier message est un appel sincère à l&rsquo;unité nationale, à la solidarité citoyenne et au respect mutuel. Je dirais à chaque Guinéenne et à chaque Guinéen : notre pays est beau, notre pays est grand, et son avenir dépend entièrement de notre capacité à nous rassembler autour des valeurs de paix, de justice et d’engagement citoyen responsable. N’attendons pas que le changement vienne d’ailleurs, soyons chacun acteurs du développement que nous désirons voir émerger. Ensemble, construisons une Guinée prospère, équitable et juste, pour les générations présentes et celles à venir. Comme le dit un proverbe africain : « Si tu veux aller vite, marche seul, mais si tu veux aller loin, marchons ensemble. » Marchons donc ensemble pour bâtir la Guinée de nos rêves. </span></p>
<p><strong>Alluremag N° 002 | DU 02 AU 31 JUILLET 2025</strong></p>
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		<title>Moussa Tatakourou Diawara, DG de l’ORASPC : « Nous luttons contre la prolifération d’entreprises de sécurité privée illégales » (Seconde partie)</title>
		<link>https://allureinfo.net/2025/07/03/moussa-tatakourou-diawara-dg-de-loraspc-nous-luttons-contre-la-proliferation-dentreprises-de-securite-privee-illegales-seconde-partie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Allure info]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 03 Jul 2025 05:40:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À la une]]></category>
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		<category><![CDATA[Interview]]></category>
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					<description><![CDATA[Longtemps resté sans encadrement légal en Guinée, le secteur de la sécurité privée est désormais placé sous l’autorité de l’Office de Régulation des Agences de Sécurité et de la Protection Civile. Dans cette interview qu’il a bien voulu accorder à Allure Mag, le Directeur Général de l’ORASPC, Moussa Tatakourou Diawara, dresse l’état des lieux et [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-weight: 400;">Longtemps resté sans encadrement légal en Guinée, le secteur de la sécurité privée est désormais placé sous l’autorité de l’Office de Régulation des Agences de Sécurité et de la Protection Civile. Dans cette interview qu’il a bien voulu accorder à Allure Mag, le Directeur Général de l’ORASPC, Moussa Tatakourou Diawara, dresse l’état des lieux et les perspectives du secteur de la sécurité privée où tout est à faire. Lisez !</span></p>
<p><strong>Quelle est l’approche que vous privilégiez le plus dans vos interactions avec ces sociétés privées pour les amener à se conformer aux dispositions légales ? </strong></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Nous, nous n’avons pas d’autres méthodes. En français facile, nous procédons à votre démantèlement, et nous vous conduisons devant les autorités compétentes. Si vous exercez illégalement une activité, on ne réfléchit pas trop pour vous mettre hors d’état de nuire. Beaucoup d’entreprises opérant dans ce secteur ont d’ailleurs été poursuivies devant la Direction de la Police Judiciaire (DPJ). </span></p>
<p><strong>Quelles ont été, par exemple, les causes précises qui vous ont conduits à intervenir ? Est-ce qu’il y a eu des infractions bien précises ? </strong></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Quand on dit que quelqu’un est en exercice illégal, cela veut dire que l’acte qui doit lui permettre d’exercer cette activité n’a pas d’existence juridique. Autrement dit, il n’a pas d’autorisation délivrée par l’autorité habilitée. Avant de parler des autres infractions, il faut avoir un agrément. Actuellement, nous sommes dans une procédure de retrait de l’agrément d’une entreprise de la place pour manquement à ses obligations. On a averti la société à plusieurs reprises, mais rien n’a changé. Nous étions donc obligés de prendre nos responsabilités. C’est à partir de ce moment que nous avons engagé une procédure de retrait d’agrément. Vous ne faites pas que sanctionner. Au niveau interne, on sait que vous avez mis en place des programmes de formation et d’accompagnement pour les dirigeants des sociétés. Parlez-nous de ces programmes. C’est normal d’encadrer le secteur par des modules de formation et agréer des centres de formation. Parce que qui parle de la sécurité parle de la formation. Lorsqu’un agent de sécurité n’est pas formé, c’est un danger pour la société. Car, il va ignorer sa mission, et agira comme bon lui semble. Par exemple, vous passez un contrat avec une société de gardiennage, elle déploie chez vous un agent, mais il fait autre chose. Vous ne serez pas content de sa prestation. Il est vrai qu’on ne peut pas régler toutes ces questions à la fois, mais nous faisons de notre mieux pour respecter toutes les dispositions y afférentes. </span></p>
<p><strong>Quelles sont les procédures qui existent dans le cadre de l’ouverture d’une société de sécurité privée ? </strong></p>
<p><span style="font-weight: 400;">D’abord, il y a la formation obligatoire des dirigeants de l’entreprise. Après cette formation, il y a les documents qu’on vous délivre, notamment l’agrément et le certificat d’aptitude. Vous devez les prendre pour vous rendre à l’Agence de Promotion des Investissements Privés (APIP), pour avoir le RCCM. Et vous revenez entamer la deuxième phase qui va vous permettre d’obtenir l’agrément et l’autorisation administrative de la société. </span></p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-9158" src="https://allureinfo.net/wp-content/uploads/2025/06/MOUSSA-TATAKOUROU-2.jpeg" alt="" width="1600" height="1066" srcset="https://allureinfo.net/wp-content/uploads/2025/06/MOUSSA-TATAKOUROU-2.jpeg 1600w, https://allureinfo.net/wp-content/uploads/2025/06/MOUSSA-TATAKOUROU-2-300x200.jpeg 300w, https://allureinfo.net/wp-content/uploads/2025/06/MOUSSA-TATAKOUROU-2-1024x682.jpeg 1024w, https://allureinfo.net/wp-content/uploads/2025/06/MOUSSA-TATAKOUROU-2-768x512.jpeg 768w, https://allureinfo.net/wp-content/uploads/2025/06/MOUSSA-TATAKOUROU-2-1536x1023.jpeg 1536w, https://allureinfo.net/wp-content/uploads/2025/06/MOUSSA-TATAKOUROU-2-150x100.jpeg 150w, https://allureinfo.net/wp-content/uploads/2025/06/MOUSSA-TATAKOUROU-2-750x500.jpeg 750w, https://allureinfo.net/wp-content/uploads/2025/06/MOUSSA-TATAKOUROU-2-1140x760.jpeg 1140w" sizes="(max-width: 1600px) 100vw, 1600px" /></p>
<p><strong>Y a-t-il aussi, à votre niveau ici, une base de données qui cartographie l’ensemble des sociétés privées et de leurs agents sur l’ensemble du territoire national ? </strong></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les sociétés agréées, oui. Mais pour ce qui est des agents, nous ne sommes pas d’abord arrivés à ce niveau. Mais, on avait demandé aux sociétés de faire une déclaration de leurs agents à notre niveau. On a cette base de données créée grâce à la déclaration faite par les entreprises elles-mêmes, mais dont les données chiffrées restent encore questionnables. Les gens peuvent faire de la rétention d’informations. Néanmoins, nous sommes en train d’aller vers la mise en place d’une application qui est à 80% prête aujourd’hui. Elle va nous permettre d’avoir ce genre de données, parce que chaque entreprise va avoir un espace personnel. Et dans cet espace là, ils seront obligés de mettre les informations des agents. Les agents vont avoir des numéros identifiants uniques.</span></p>
<p><strong> Quels sont les défis auxquels vous êtes confrontés dans la mise en œuvre de votre feuille de route ? </strong></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Tout se présente en termes de défis au niveau de notre Office. Nous avons beaucoup de problèmes. Surtout avec certains miniers qui pensent que nos lois doivent tenir compte de leur volonté. Ces miniers ne respectent rien. Nous avons souvent des problèmes avec eux. On est parvenus à réglementer la mise en place d’un service interne de sécurité au niveau des entreprises dont l’objet social n’est autre que l’exercice de la sécurité privée, mais qui décide de s’auto-sécuriser à l’interne. C’est-à-dire les sociétés dans lesquelles ceux qui jouent le rôle d’agents de sécurité sont une partie de leurs salariés. C’est la définition la plus simple. Il est dit dans les textes qu’ils ne sont pas interdits de procéder ainsi, donc ils ne sont pas obligés de faire appel aux sociétés homologuées ou ayant des autorisations auprès de l’ORASPC. Sauf que ces sociétés sont obligées de venir prendre un agrément correspondant à la catégorie d’activité qu’ils sont en train d’exercer à l’interne. Si pour les sociétés qui sont les principaux acteurs de ce secteur, l’exercice de chaque activité est subordonné à une autorisation distincte, pourquoi les services internes de sécurité peuvent-ils cumuler toutes ces activités avec un seul agrément ? Cette situation ne concerne pas toutes les entreprises minières, mais la plupart d’entre elles. Elles sont en train d’essayer de le faire, en estimant qu’elles relèvent exclusivement du Ministère des Mines et de la Géologie, alors qu’elles ont des secteurs d’activités qui confinent à la sécurité et dont la compétence de leur réglementation relève de notre Office. Elles ne pourront donc pas échapper à notre service, parce que ce n’est pas le Ministère des Mines et de la Géologie, mais le Ministère de la Sécurité et de la Protection Civile. Lorsque vous exercez dans un secteur d’activité, autre que la raison sociale de votre création, vous devez vous soumettre obligatoirement aux textes réglementaires de cette autre activité en tant qu’acteur. Toutes les sociétés minières qui ont des services internes de sécurité sont considérées chez nous comme des acteurs du secteur de la sécurité privée. Puisque cette activité auxiliaire qu’elles font, n’a rien à voir avec leur activité principale. Ce sont nos textes qui sont applicables en la matière, et qui leur sont opposables éventuellement. C’est ce qu’elles ne veulent pas entendre de nos jours. </span></p>
<p><strong>Quelle est votre vision du secteur dans deux ou trois ans, ou durant le temps que vous passerez ici ? Qu’est-ce que vous aimeriez laisser au secteur de la sécurité privée ?</strong></p>
<p><span style="font-weight: 400;"> Ce secteur n’est plus le même depuis la mise en place de notre institution, qui dispose de textes réglementaires, d’agréments sécurisés et d’une vision claire. Aujourd’hui, la perception des populations de ce secteur n’est plus la même qu’avant. Il faut continuer à pérenniser ces acquis et à avancer. Le chantier reste important. Quand vous lisez nos textes, vous vous rendez à l’évidence qu’il y a beaucoup de choses à faire. On a été à une rencontre au Nigéria en décembre 2024, tous les participants ont dit que l’exemple guinéen est l’un des meilleurs de l’Afrique, après l’Afrique du Sud, qui a été le premier pays à mettre cette institution en place depuis plus de 25 ans. Nous sommes le deuxième pays à mettre en place cette institution en Afrique. Et nous sommes le premier dans l’espace CEDEAO. Ce sont les acquis dont la Guinée peut se vanter.</span></p>
<p><strong>Alluremag N° 001 DU 02 AU 30 juin 2025</strong></p>
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		<title>Interview Alluremag &#8211; Moussa Tatakourou Diawara, DG de l’ORASPC : « Nous luttons contre la prolifération d’entreprises de sécurité privée illégales » (1ère partie)</title>
		<link>https://allureinfo.net/2025/06/30/interview-alluremag-moussa-tatakourou-diawara-dg-de-loraspc-nous-luttons-contre-la-proliferation-dentreprises-de-securite-privee-illegales-1ere-partie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Allure info]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 Jun 2025 05:21:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À la une]]></category>
		<category><![CDATA[Fil d'actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
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					<description><![CDATA[Longtemps resté sans encadrement légal en Guinée, le secteur de la sécurité privée est désormais placé sous l’autorité de l’Office de Régulation des Agences de Sécurité et de la Protection Civile. Dans cette interview qu’il a bien voulu accorder à Allure Mag, le Directeur Général de l’ORASPC, Moussa Tatakourou Diawara, dresse l’état des lieux et [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-weight: 400;">Longtemps resté sans encadrement légal en Guinée, le secteur de la sécurité privée est désormais placé sous l’autorité de l’Office de Régulation des Agences de Sécurité et de la Protection Civile. Dans cette interview qu’il a bien voulu accorder à Allure Mag, le Directeur Général de l’ORASPC, Moussa Tatakourou Diawara, dresse l’état des lieux et les perspectives du secteur de la sécurité privée où tout est à faire. Lisez !</span></p>
<p><strong>Allure Mag : Merci de nous accorder cette interview pour parler de ce service très récent en Guinée. Pour commencer, d’où est venue l’idée de créer un office pour réguler les activités des sociétés de sécurité privée ? </strong></p>
<p><span style="font-weight: 400;"><strong>Moussa Tatakourou Diawara :</strong> Je dirais que l’adage : « Rendez à César ce qui appartient à César », s’est confirmé. Car, je suis rentré de France après le 5 septembre 2021 (coup d’Etat du CNRD, ndlr). J’avais ce projet d’organe de régulation et de réglementation des activités de sécurité privée dans ma gibecière. J’ai pris des contacts auxquels j’ai exposé ce qui était ma vision. Mais, j’ai découvert au Ministère de la Sécurité et de la Protection civile que ce projet existait déjà, depuis le temps de l’ancien régime, notamment sous le leadership du Ministre Albert Damantang Camara, qui avait personnellement conduit une mission qui s’était rendue en Côte d’Ivoire pour s’inspirer du modèle de ce pays frère. Lorsque j’ai été au Ministère de la Sécurité et de la Protection Civile, mon premier contact était à l’époque le chef du cabinet, M. Nouhan Traoré, promu aujourd’hui au poste de Secrétaire général du même ministère. Quand je lui ai exposé mes idées et ma vision, séance tenante, il m’a dit que j’arrivais à point nommé, puisque des missions avaient déjà été effectuées en Côte d’Ivoire sur ledit projet. Je suis donc venu trouver les bases de ce projet, même si rien n’avait été fait en ce qui concerne sa matérialisation sur le terrain. C’est ce qui signifie que le constat amer de l’anarchie dans ce secteur, avait déjà été fait par l’équipe du Ministre Albert Damantang. Aujourd’hui, vous occupez la tête de ce service qui fait finalement partie de l’arsenal sécuritaire guinéen. A notre nomination, il n’existait que le texte de création de ce service. Il faut d’ailleurs préciser qu’à l’époque, 40% des attributions actuelles étaient confiées à la Direction centrale de la sécurité publique, qui est l’une des grandes directions de la Direction générale de la police nationale. C’est elle qui s’occupait de la réception, de l’examen et de l’élaboration du projet d’agrément avant sa soumission à la signature du ministre.</span></p>
<p><strong> Après avoir mis en place cet Office, quel était l’état des lieux dans le secteur de la sécurité privée ? </strong></p>
<p><span style="font-weight: 400;">A nos débuts, nous avons tout fait pour connaître le nombre exact d’entreprises de sécurité privée en Guinée. Il n’y avait ni base de données, ni aucun début de réponse à cette question. En décembre 2022, c’est l’une des toutes premières activités que nous avons menées. On a fait passer des communiqués à l’effet de demander à l’ensemble des sociétés de sécurité privée opérant en Guinée de venir se faire recenser au sein de l’Office. Initialement prévue pour deux semaines, cette opération de recensement avait pris cinq mois. Les sociétés se déclaraient au fur et à mesure. On a vu des agréments délivrés par des sous-préfets, des préfets, des gouverneurs et des Ministères. Mais, il fallait d’abord recevoir tout le monde. L’idée, c’était de créer une base de données avant de s’atteler aux autres détails relatifs à la conformité de chaque entreprise aux règles en vigueur. A l’issue de cette opération, nous avions pu répertorier 175 entreprises. Les deux ans qui ont suivi, nous avons continué à actualiser notre base de données. Ce qui nous a permis d’enregistrer jusqu’à plus de 400 entreprises à date. Sauf que parmi elles, il n’y a même pas 100 en règle. Et notre combat actuel, c’est de mettre fin à cette prolifération d’entreprises de sécurité privée exerçant dans l’illégalité. </span></p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-9155" src="https://allureinfo.net/wp-content/uploads/2025/06/MOUSSA-TATAKOUROU.png" alt="" width="1551" height="806" srcset="https://allureinfo.net/wp-content/uploads/2025/06/MOUSSA-TATAKOUROU.png 1551w, https://allureinfo.net/wp-content/uploads/2025/06/MOUSSA-TATAKOUROU-300x156.png 300w, https://allureinfo.net/wp-content/uploads/2025/06/MOUSSA-TATAKOUROU-1024x532.png 1024w, https://allureinfo.net/wp-content/uploads/2025/06/MOUSSA-TATAKOUROU-768x399.png 768w, https://allureinfo.net/wp-content/uploads/2025/06/MOUSSA-TATAKOUROU-1536x798.png 1536w, https://allureinfo.net/wp-content/uploads/2025/06/MOUSSA-TATAKOUROU-150x78.png 150w, https://allureinfo.net/wp-content/uploads/2025/06/MOUSSA-TATAKOUROU-750x390.png 750w, https://allureinfo.net/wp-content/uploads/2025/06/MOUSSA-TATAKOUROU-1140x592.png 1140w" sizes="(max-width: 1551px) 100vw, 1551px" /></p>
<p><strong>Concrètement, quelles sont les mesures urgentes que vous avez prises pour mettre les autres entreprises en règle ? </strong></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ce n’était pas aussi simple que certains pourraient le penser. Il y avait un problème de base juridique, parce que les textes qui existaient étaient élaborés au compte de la Direction générale de la police nationale. Alors que l’Office est une entité autonome. Pour nous permettre de bien faire notre travail et produire les résultats escomptés, son Excellence le Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya avait cru bon et ce, conformément à sa vision de refondation, de prendre deux types de décrets en notre faveur. Le premier décret porte sur l’organisation, les attributions et le fonctionnement de l’institution. Et le second décret a porté sur la réglementation du secteur de la sécurité privée. Cette situation dichotomique a été résorbée par ces deux décrets. C’est pourquoi nous saluons le leadership et la clairvoyance du Président de la République. Vous comprenez donc que nous ne pouvions pas nous attaquer à cette problématique, sans avoir des éléments juridiques qui nous protègent, et que nous pouvons opposer à ces sociétés. Même si les gens savent que vous êtes un régulateur, ce sont des textes que vous devez appliquer. Car, la boussole qui doit orienter nos actions, c’est la justice. Donc, l’application des règles en la matière sans abus. Sans ces textes, vous ne pouvez rien. Donc, ces deux décrets ont pris du temps. A la suite de ces décrets, il y a eu des arrêtés d’application, car certaines dispositions de ces décrets nous renvoient vers des arrêtés d’application. Donc, jusqu’à date, la mise en place de ces différents arrêtés d’application n’est pas finie. On a bénéficié de six arrêtés nous permettant d’octroyer des agréments, de les retirer, de suspendre d’éventuels contrevenants ou de les sanctionner.</span></p>
<p><strong> L’ORASPC s’est aussi déployé à l’intérieur du pays. Quel est le constat sur place ? </strong></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Il n’y a pas de grande différence entre la capitale Conakry et l’intérieur du pays. Et ce qui est inquiétant, c’est que les gens pratiquent une sorte de traite négrière. Je le dis sans langue de bois. Les négriers sont plus nombreux parmi les propriétaires de ces entreprises de sécurité privée. Vous ne pouvez pas faire travailler les gens pendant 7 jours sur 7, 30 jours sur 30, et leur payer à 500 000 GNF ou 600 000 GNF. Ces gens s’autoproclament patrons de sociétés, mais ne s’imposent pas un minimum de rigueur pour améliorer les conditions de vie de leurs travailleurs. L’une de nos missions aujourd’hui, c’est de faire en sorte que ces patrons soient sortis du secteur de la sécurité privée. </span></p>
<p><strong>Aujourd’hui, est-ce qu’on peut dire que les conditions de vie de ces agents de sécurité se sont améliorées ? </strong></p>
<p><span style="font-weight: 400;">On est souvent interpellé sur ce genre de question. Mais il faut savoir qu’en Guinée, le Code du travail est supervisé par l’Inspection Générale du Travail. Donc, quelque part, nos missions se complètent, mais l’Office n’a pas le dernier mot sur cette question. Quand nous constatons des infractions avérées, nous pouvons agir. Mais, nous faisons attention à ne pas nous donner des attributions qui ne sont pas les nôtres. Donc, il nous faut travailler en synergie avec l’Inspection Générale du Travail. C’est ce que nous sommes en train de faire. Ils connaissent par endroit ce que les gens font. D’abord, dans ce secteur, il n’y a pas de contrats de travail pour les employés. Mais nous, nous ne pouvons pas trop nous aventurer sur ce terrain. C’est donc du ressort de l’inspection générale du travail, qui à son tour, doit nous saisir. Nous sommes en train de travailler avec cet organisme afin de mettre en place une synergie d’actions visant à régler ces questions liées aux contrats de travail. Cela fait un peu plus de deux ans que vous êtes en activité.</span></p>
<p>A suivre&#8230;</p>
<p><strong>Alluremag N° 001 DU 02 AU 30 juin 2025</strong></p>
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		<title>Interview exclusive Alluremag : Dr Morissanda Kouyaté, entre vérités et révélations… (Seconde partie)</title>
		<link>https://allureinfo.net/2025/06/27/interview-exclusive-alluremag-dr-morissanda-kouyate-entre-verites-et-revelations-seconde-partie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Allure info]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 27 Jun 2025 04:54:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À la une]]></category>
		<category><![CDATA[Fil d'actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
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					<description><![CDATA[Accréditation d’ambassadeurs guinéens et étrangers, rapatriement de Guinéens en détresse, délivrance de passeports par nos ambassades, situation de la parcelle litigieuse de l’Ambassade de Guinée à Paris, recensement biométrique des Guinéens de l’extérieur et grandes réformes diplomatiques : autant de sujets d’actualité abordés dans cette interview exclusive accordée à Allure Mag par le Dr Morissanda [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-weight: 400;">Accréditation d’ambassadeurs guinéens et étrangers, rapatriement de Guinéens en détresse, délivrance de passeports par nos ambassades, situation de la parcelle litigieuse de l’Ambassade de Guinée à Paris, recensement biométrique des Guinéens de l’extérieur et grandes réformes diplomatiques : autant de sujets d’actualité abordés dans cette interview exclusive accordée à Allure Mag par le Dr Morissanda Kouyaté, le Ministre des Affaires Etrangères et des Guinéens établis à l’Etranger. Tout y passe !</span></p>
<p><b>La République de Guinée étant l’une des pionnières du panafricanisme, que faites-vous pour la promotion de l’intégration africaine dans un contexte marqué par ‘’l’inféodation’’ de certains pays à des puissances étrangères ? </b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">D’abord, il faut bien analyser la situation. C’est le monde entier qui est en train de changer. La diplomatie mondiale et les rapports entre les pays dans l’arène internationale changent. Cela veut dire que la CEDEAO devient impuissante. L’Union africaine devient impuissante. Les Nations unies deviennent impuissantes. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Vous parlez de la CEDEAO. Mais, les Nations unies sont incapables d’arrêter les guerres alors qu’elles ont été créées pour qu’il n’y ait plus de guerres. Donc, s’il y a une première faiblesse, c’est d’abord les Nations unies qui sont faibles. Autant dire que le monde doit être repensé. Le monde doit être reconstruit. Ce n’est pas facile, parce que ceux qui sont forts, ceux qui ont les capacités de détruire le monde, s’imposent. Ils ont des armes. Ils disent, « vous faites ça, ou bien on fait sauter tout ». Et même quand toute l’Assemblée générale des Nations unies vote quelque chose, en disant oui, si un des cinq pays permanents du Conseil de sécurité dit non, la voix de tous les 192 pays, est nulle. Et en plus, l’Afrique n’est même pas représentée au Conseil de sécurité de l’ONU. Un continent avec 54 pays. Malheureusement, on n’y est pas représentés. Donc, on ne peut pas dire, qu’on a cédé ou qu’on ne valait rien. On est dans un contexte où tout est tombé. Maintenant, il faut reconstruire le monde. En ce moment, les Africains sont obligés de participer à la reconstruction. On ne doit pas se diviser, en disant que moi, je suis pro-anglais, ou pro-américain, ou pro-français, ou pro-australien. Comme le Président de la République l’a dit, nous, nous sommes pro-rien. Si nous divisons nos pays africains de cette façon, entre les puissances, on ne représentera absolument rien.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;"> Il suffit qu’on se mette dans une salle et qu’on dise qu’à partir d’aujourd’hui, on monte ensemble, on descend ensemble, on fixe ensemble les prix des matières premières. Soyez sûr qu’on va changer le monde. Mais, cette unité est impossible pour le moment, parce que c’est une question de mentalité. Il y en a qui ont déjà été formatés, et qui passent tout leur temps à dire « oui, oui ». Ils sont tous formés dans les grandes écoles avec des paradigmes. Il faut avoir la force de se séparer de ces paradigmes. Parce que nous avons été fabriqués ainsi. Quand vous remettez en cause quelque chose qui vous semble anormal, on vous demande où vous avez fait vos études.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;"> Donc, face à ce monde qui est en train de se redessiner, c’est le moment pour l’Afrique de se souder et d’intervenir. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Après, il y a la CEDEAO qui vient en tant que sous-entité. Malheureusement, elle est amputée de quatre pays dont la Mauritanie. C’est une organisation qui nous appartient, que nous avons créée. Et le panafricanisme nous pousse à être le plus panafricain. Être panafricain, c’est être avec les autres pays africains. La Guinée a été le premier pays à dire que la Guinée est prête à renoncer à une partie de sa souveraineté physique et politique, s’il s’agit de faire l’unité africaine. Je ne pense pas qu’il y ait quelque chose de plus à faire. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Donc, la situation actuelle est une faiblesse générale. Le monde doit rebondir dans les cinquante années à venir. Il faut tout faire pour être là et jouer notre partition.</span></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-9038" src="https://allureinfo.net/wp-content/uploads/2025/06/Capture-decran-2025-06-25-105821.png" alt="" width="954" height="561" srcset="https://allureinfo.net/wp-content/uploads/2025/06/Capture-decran-2025-06-25-105821.png 954w, https://allureinfo.net/wp-content/uploads/2025/06/Capture-decran-2025-06-25-105821-300x176.png 300w, https://allureinfo.net/wp-content/uploads/2025/06/Capture-decran-2025-06-25-105821-768x452.png 768w, https://allureinfo.net/wp-content/uploads/2025/06/Capture-decran-2025-06-25-105821-150x88.png 150w, https://allureinfo.net/wp-content/uploads/2025/06/Capture-decran-2025-06-25-105821-750x441.png 750w" sizes="(max-width: 954px) 100vw, 954px" /></p>
<p><b>Les Guinéens en situation de détresse à l’étranger sont une priorité pour votre Département sous le CNRD, à travers plusieurs opérations de rapatriement. Quelles sont les raisons de ce choix, alors que vous êtes censés les aider à poursuivre leur séjour dans ces pays, en contribuant à régulariser leur situation ? </b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Je pense que c’est une très mauvaise analyse. Premièrement, tous ceux qui entrent ici sont des volontaires. Vous les voyez dans le désert. Quand ils s’y retrouvent, ils disent de venir les chercher pour les ramener à la maison. Ce sont ces Guinéens qu’on va chercher. Et aujourd’hui, nous avons ramené 18 000 Guinéens, volontaires. Il y en a même qui pensent, qui disent que nous avons signé des accords avec les gouvernements étrangers pour aller chercher les gens et les ramener ici. Non. Je l’ai dit à Paris. Celui qui renvoie un Guinéen, je cherche un de tes compatriotes, et je dis de le renvoyer. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Donc, nous ne pouvons pas aller dans un pays pour demander de régulariser les papiers des Guinéens qui y sont. On n’a pas ce pouvoir. Nous sommes souverains, nous sommes indépendants, on le clame tous les jours. C’est comme si un autre pays venait ici pour nous dire de donner les papiers à leurs compatriotes. Nous ne pouvons pas leur imposer notre politique. Donc, nous respectons la politique étrangère et la politique migratoire des autres. Ce n’est pas le gouvernement qui doit aller régulariser les gens. Ce sont nos compatriotes eux-mêmes qui doivent faire un effort pour satisfaire à tout ce qui peut contribuer à créer une confiance entre eux et le pays d’accueil. L’obtention de papiers, s’ils veulent rester dans ces pays, ne doit pas être source de problème. Donc, il faut faire cette différence totale. La Guinée n’a aucune capacité de dire qu’un de ses compatriotes doit avoir le papier. En Allemagne, il y en a qui sont derrière les claviers pour dénoncer la politique la plus forte du chef de l’État, celle d’aller secourir les compatriotes et les ramener dans leur pays. On est bien chez soi. Même quand on ne peut pas rester chez soi, on doit avoir un peu de réserve. Dire que je ne vais pas en Guinée, c’est notre pays. Si vous projetez votre pays d’origine, normalement, ceux qui vous accueillent devraient se méfier de vous. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le pays qui vous a vu naître, où il y a vos parents, si vous pouvez lui donner un coup de sabre et le rejeter, et aller dire à un pays étranger, ‘’je vous adore, gardez-moi ici’’, ce pays devrait se poser des questions. Mais, si vous dites aux gens, ‘’je suis là parce que je suis géophysicien, il n’y a pas de géophysique en Guinée encore, on n’a pas de laboratoire’’, en ce moment, on peut vous comprendre. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En somme, il ne faut pas mélanger les choses. Tous les Guinéens qui souffrent, même s’ils ne souffrent pas, quand ils veulent rentrer, on les fera venir. Ceux qui veulent rester là-bas, on va les protéger, on va faire en sorte qu’on ne les maltraite pas, qu’ils soient sous le coup de la loi. C’est la vision du Président de la République. </span></p>
<p><b>L’une des innovations en faveur de nos compatriotes établis à l’étranger reste la possibilité pour eux de se procurer des passeports biométriques dans leurs pays de résidence. Peut-on connaître les détails de ce dispositif, et à combien de personnes cette opération a-t-elle profité à date ? </b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Je crois que c’est une des opérations qui ont le plus réussi sous le Président Doumbouya. Quand nous venions le 5 septembre 2021, dès que vous ouvriez la bouche pour dire saluer les compatriotes vivant à l’étranger, on vous disait ‘’passeport, passeport, passeport’’. Nous avons traité le problème à la base, parce qu’un citoyen guinéen, qui est en Indonésie, doit pouvoir se lever le matin, aller quelque part en Indonésie, se faire recenser et attendre son passeport. C’est la politique prônée par le chef de l’État. On en a beaucoup fait. Ce sont des milliers de gens qui ont des passeports. Le Président de la République est allé plus loin. Il y avait beaucoup de gens qui avaient des problèmes sur leur identité, sur leur filiation. Or, quand il y a une différence, c’est fini. On ne peut plus avoir le passeport. Mais, il a fait un moratoire, en demandant à ce qu’on voit, au cas par cas, les difficultés, afin de les corriger et délivrer les passeports. C’est une décision unique. On ne peut pas faire plus. Ce sont des instructions que nous sommes en train de mettre en œuvre maintenant. Cela aide beaucoup. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En plus, il a donné la carte d’identité nationale gratuitement. Ce qui veut dire que, pour les passeports, vous pouvez payer, mais pour la carte d’identité, vous ne payez rien.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;"> Toutes ces facilités visent à aider nos compatriotes à l’étranger, pour qu’ils puissent bénéficier des mêmes avantages que les Canadiens qui sont là. J’espère que nous irons encore plus loin dans la création de facilités en faveur de nos compatriotes établis à l’étranger. Il y a des machines partout. J’ai lu la liste des pays où il y a les machines pour la confection des passeports. Je crois qu’on était dans l’ordre de 50 pays. Partout où il y a des machines, on peut se lever, venir se faire enrôler et attendre son passeport. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les opérations du recensement biométrique électoral, lancées le 15 avril dernier couvriront l’étranger. Quelles sont les mesures préconisées pour le succès de cette activité déterminante pour la participation des Guinéens établis à l’étranger aux prochaines élections nationales ? </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Comme je l’avais dit à l’entame, la politique du président, c’est de dire qu’il ne devrait pas y avoir de barrière entre les Guinéens établis à l’étranger et les Guinéens vivant en Guinée. Bien sûr, il y a la barrière de la distance et de la géographie. Mais, à part cela, le chef de l’Etat a demandé à ce qu’on fasse en sorte que tout le monde soit dans le même pays. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">C’est pourquoi, nous avons signé un protocole d’accord avec le MATD, le ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation. Il y a les cadres des Affaires étrangères et du MATD qui vont se déployer partout dans le monde, dans nos ambassades et aller partout pour faire le RAVEC. On est en train de faire la même chose pour que les gens se sentent chez eux, en dehors de la géographie, qu’ils sentent qu’ils sont en Guinée. On a signé cet accord. Mais le Ravec, je l’ai dit à l’intérieur du pays, ce n’est pas l’élection. Une élection présidentielle, c’est une goutte d’eau dans un océan par rapport à la capacité du Ravec d’être la base économique, sociale et politique du pays. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Devant les institutions internationales, chaque cadre guinéen a son chiffre en ce qui concerne la population de notre pays. Dans la même délégation guinéenne, on n’est même pas capable de dire la même chose. C’est comme s’il y avait une autre population. Celui qui prend la parole, il dit, ‘’nous sommes 12 millions et quelques Guinéens’’. Un autre dit, ‘’nous sommes 13 millions ou 14 millions’’. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Devant un partenaire qui veut travailler avec vous sur un projet, vous lui faites comprendre que les bases de calcul de vos données sont faussées dès le départ. Donc, le Ravec, c’est d’abord cela. Connaître qui est là, qui a besoin de quoi, qui est situé où. J’ai besoin de votre aide pour exhorter nos compatriotes à comprendre que le RAVEC rend beaucoup de services à eux mêmes. S’ils ont besoin d’une école, d’un centre de santé, on parlera de la population. Imaginez une sous-préfecture où on n’a pas voulu se recenser, et au bout du recensement, on a 50% de personnes qui se sont faites recenser. Et puis, le gouvernement commence à distribuer les centres de santé. Il fait ses calculs et aboutit à la conclusion que ceux-là ne sont pas aussi nombreux que dans l’autre sous-préfecture. Ceux qui sont nombreux, c’est à eux qu’on donne d’abord le centre de santé. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Donc, le fait de refuser de se faire recenser, c’est vous pénaliser vous-mêmes et retarder la réalisation de vos services sociaux. C’est pourquoi, le Ravec doit être dépolitisé. J’espère qu’on y arrivera. </span></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-9039" src="https://allureinfo.net/wp-content/uploads/2025/06/Capture-decran-2025-06-25-105848.png" alt="" width="881" height="517" srcset="https://allureinfo.net/wp-content/uploads/2025/06/Capture-decran-2025-06-25-105848.png 881w, https://allureinfo.net/wp-content/uploads/2025/06/Capture-decran-2025-06-25-105848-300x176.png 300w, https://allureinfo.net/wp-content/uploads/2025/06/Capture-decran-2025-06-25-105848-768x451.png 768w, https://allureinfo.net/wp-content/uploads/2025/06/Capture-decran-2025-06-25-105848-150x88.png 150w, https://allureinfo.net/wp-content/uploads/2025/06/Capture-decran-2025-06-25-105848-750x440.png 750w" sizes="(max-width: 881px) 100vw, 881px" /></p>
<p><b>Monsieur le Ministre, une dernière question. Quelles perspectives à court et à moyen terme pour la diplomatie guinéenne ? Sur quelles réformes travaillez-vous ?</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;"> Il y a un pilier fondamental que nous sommes en train de construire. Nous l’avons presque fini. Il reste l’approbation par le gouvernement et par le chef de l’État. C’est le document de politique diplomatique nationale. On s’est mis à la tâche, en résistant à tout ce que je vous ai décrit au départ. En résistant au colonialisme, au néo-colonialisme, à l’impérialisme. On s’est formés sur le tas. On s’est battus pour résister. Donc, la politique a été mêlée à la diplomatie. Elles sont liées, mais elles ne sont pas mêlées. Ce qui fait que nous n’avons pas eu le temps, compte tenu de la pression de l’extérieur. La Guinée n’a pas eu le temps de se faire un document de politique diplomatique. Je parle d’un document qu’on prendrait pour dire voilà comment on fait, quand on a une telle situation, c’est ce qu’on doit faire. A travers ce document, on sait aussi combien d’ambassades avoir ? Quelle est la population du pays dans lequel on doit avoir une ambassade, un consulat, un consulat honoraire ? Dans nos relations, qu’est-ce qu’on fait avec eux ? Ce sont les réponses à ces questions que nous avons consignées dans ce document. Cela grâce à l’aide de l’Association guinéenne des anciens diplomates (AGAD). Cette association nous a aidés. Ce document est maintenant disponible et va être soumis au Conseil des ministres, puis il va être soumis à l’approbation du Chef de l’État. Je pense que ce document sera la chose la plus importante dans la refondation de notre diplomatie. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le deuxième pilier, c’est ce que nous venons d’ouvrir, c’est la formation des cadres. Nous avons un Centre de formation diplomatique dans les locaux de notre Ministère. Il s’agit d’un centre ultramoderne, qui est là. Et aujourd’hui même, nous avons lancé une série continue de formations qu’on appelle Friday Training, et on forme les Guinéens et les diplomates qui sont là. On les met à jour, et on fait venir certains professeurs, mais aussi, on fait intervenir les anciens diplomates guinéens, pour former ceux-là. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ensuite, dans les universités, nous allons appuyer les filières diplomatiques, l’administration diplomatique. Tous ces efforts vont nous permettre de faire évoluer positivement le personnel diplomatique.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En plus, on est en train de construire ou d’acheter des ambassades. Parce que quand vous avez votre représentation sur laquelle flotte un drapeau qui est complètement noir, les gens ne vous considèrent pas. Le bâtiment dans lequel vous êtes logés, ceux qui viennent chez vous, et même ceux qui passent dans la voiture, diront que c’est l’ambassade de la Guinée. La façon de présenter l’ambassade fait qu’on vous respecte ou qu’on vous sous-estime. Donc, notre politique prévoit que nous devons exister physiquement. On a déjà de nouvelles ambassades en Afrique du Sud, en Belgique et au Brésil bientôt. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Tout cela a déjà été fait par le président Ahmed Sékou Touré. Il a voulu montrer qu’il est un pays indépendant. Donc, il a acheté des ambassades. Malheureusement, les diplomates ont tout revendu et sont restés à l’extérieur. Après, ils se sont mis contre la Guinée. Donc, c’est triste. Maintenant, quand on a ces nouvelles ambassades, on tire les leçons du passé. Ce qui fait qu’on a barricadé. Nous avons scellé et vissé la situation de toutes les ambassades. Personne ne peut revendre une ambassade maintenant. Ce n’est pas possible. Si on veut vendre, c’est désormais à partir de Conakry. Sinon avant, l’ambassadeur est là-bas, et il est signataire de tout. Il revend l’édifice et il dit que j’ai démissionné.</span></p>
<p><strong>Alluremag N° 001 DU 02 AU 30 juin 2025</strong></p>
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		<title>Interview exclusive Alluremag : Dr Morissanda Kouyaté, entre vérités et révélations… (1ère partie)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Allure info]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Jun 2025 10:46:21 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Accréditation d’ambassadeurs guinéens et étrangers, rapatriement de Guinéens en détresse, délivrance de passeports par nos ambassades, situation de la parcelle litigieuse de l’Ambassade de Guinée à Paris, recensement biométrique des Guinéens de l’extérieur et grandes réformes diplomatiques : autant de sujets d’actualité abordés dans cette interview exclusive accordée à Allure Mag par le Dr Morissanda [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-weight: 400;">Accréditation d’ambassadeurs guinéens et étrangers, rapatriement de Guinéens en détresse, délivrance de passeports par nos ambassades, situation de la parcelle litigieuse de l’Ambassade de Guinée à Paris, recensement biométrique des Guinéens de l’extérieur et grandes réformes diplomatiques : autant de sujets d’actualité abordés dans cette interview exclusive accordée à Allure Mag par le Dr Morissanda Kouyaté, le Ministre des Affaires Etrangères et des Guinéens établis à l’Etranger. Tout y passe !</span></p>
<p><b>ALLURE MAG : Depuis le 5 septembre 2021, la diplomatie guinéenne s’est mise à l’heure de la ‘’Refondation’’. Peut-on connaître les grandes lignes de ce chantier que vous a confié le Général Mamadi Doumbouya ? </b></p>
<p><b>Dr Morissanda Kouyaté.</b><span style="font-weight: 400;"> Je voudrais tout d’abord vous féliciter pour la mise en place de ce nouveau groupe de médias. Vous avez parfaitement raison. La Refondation repose sur deux piliers. Le pilier de l’extérieur en relation avec le pilier de l’intérieur. Les deux doivent être équilibrés et aller ensemble. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">A la prise de responsabilité du Président de la République, il y a eu une analyse brève mais très efficace de notre diplomatie. A notre indépendance, nous avions la diplomatie la plus active, la plus respectée, la plus respectable, la plus offensive. Nous avons ouvert toutes les portes. Ensuite, est venu le temps où certaines interférences sont arrivées. Nous nous sommes un peu retrouvés sous surveillance de ceux qui nous ont colonisés. Ces derniers ne voulaient pas du tout que nous nous émancipions. Donc, ils ont essayé de nous fermer les portes. Mais la Guinée a résisté.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;"> Il fallait donc revenir aux fondamentaux. Puisque nous étions quelque peu devenus des sous-fifres, la voix de la Guinée ne passait plus. Quand on disait la Guinée, il y avait une question qui venait immédiatement : de quelle Guinée parlez-vous ? Alors, c’était le constat au lendemain du 5 septembre 2021. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Maintenant, qu’est-ce qu’il fallait faire ? Il fallait revivifier ces fondamentaux et redonner à la Guinée ses lettres de noblesse diplomatique. Il fallait reconstruire notre classe. D’où la dynamique de « Refondation » de la diplomatie guinéenne. Pour cette refondation diplomatique, il fallait nouer ou renouer, ou encore renforcer nos relations avec tous les pays du bon sens, sans exception. Je tenais à le dire. Parce qu’il y a des gens qui ne sont pas contents quand ils voient que nous n’avons pas d’adversaires, pas d’ennemis sur le plan diplomatique. Il y en a qui pensent que quand on est ami à tout le monde, on n’est pas bien. Nous, nous sommes amis à tout le monde. Parce que la seule condition que nous avons, c’est quand on nous respecte et on respecte nos choix. Nous aussi, nous respectons les choix de ceux qui respectent nos choix. Donc, c’est ce chantier d’abord qu’il fallait mettre en œuvre. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ensuite, il fallait maintenant voir les représentations pratiques des pays pour traduire cette refondation en actes concrets. La meilleure façon d’évaluer cette représentation, c’est toujours à travers le nombre de diplomates et d’ambassadeurs accrédités auprès du Président de la République.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;"> Parce qu’il faut savoir que les ambassadeurs sont accrédités auprès du Président de la République. Aujourd’hui, on a une cinquantaine d’ambassadeurs qui sont venus présenter leurs lettres de créance. En plus, il y a des renouvellements automatiques. De grands pays comme les États-Unis, le Royaume-Uni, la Turquie, et beaucoup d’autres pays qui remplacent automatiquement leurs ambassadeurs en Guinée. C’est aussi un signe de vigueur de la diplomatie et de la force de nos relations. Donc, il fallait d’abord avoir un nombre suffisant de pays représentés en Guinée. Et au compte de l’autre pied, il fallait que la Guinée place un maximum d’ambassadeurs aussi. Aujourd’hui, nous sommes à une trentaine d’ambassadeurs que la Guinée a accrédités. Nous sommes représentés dans des pays dont on ne connaissait même pas les noms ici. Par exemple, les Azerbaïdjanais sont représentés en Guinée. Donc, c’est ce qu’il fallait pour redonner à la Guinée sa place. C’est donc le sens de la refondation diplomatique. De nos jours, nous sommes en train de gagner ce combat, grâce à la clairvoyance du chef de l’État. </span></p>
<p><b>L’affirmation et la défense de la souveraineté de la République de Guinée, constitue le fil rouge de la diplomatie guinéenne prônée par le CNRD. Comment faites vous pour garder l’équilibre entre ce leitmotiv et l’impératif des conditions édictées par certains bailleurs de fonds ? </b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Alors, le secret fondamental de la réussite en matière de défense de la souveraineté, quel que soit le pays, c’est quand on se découvre soi-même, et que l’on sait exactement ce qu’on représente sur l’échiquier international. Quel que soit le pays, si grand, si petit soit-il, il a quelque chose qui fait de lui un pays particulier. C’est sa force sur le marché diplomatique et international. Quand les autres savent que vous ne savez pas ce que vous êtes, on peut vous imposer tout, comme vous venez de le dire. Par exemple, les bailleurs de fonds. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Un bailleur de fonds, d’abord, c’est un terme qui me semble être un peu irresponsable au niveau des pays. Parce que le vrai bailleur de fonds, c’est le pays lui-même. Tant qu’on n’est pas soi-même le bailleur de fonds principal, les autres, si on se met à leur tendre la main, ils viennent avec des conditionnalités. Pour prendre le cas de la Guinée, je l’ai dit, et mes propos ont été repris par tous les grands journaux diplomatiques du monde. J’ai dit que la Guinée ne peut pas détenir la plus grande réserve de fer du monde, les deux tiers des réserves de bauxite, et ramper devant la communauté internationale. Donc, un bailleur de fonds qui vient, il faut une comparaison. Il peut venir avec 5 millions, 10 millions, 20 millions, 100 millions, et il en sort content. Mais, 100 millions, qu&rsquo;est-ce que cela représente par rapport aux besoins de notre pays ? </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Mais regardez ! Nous-même Guinéens, nous avons mis en avant Simandou 2040. On ne parle plus en millions de dollars comme les bailleurs de fonds le disent. Nous parlons maintenant en milliards de dollars venant de notre propre poche. Maintenant, ces bailleurs de fonds sont obligés de conjuguer avec nous, parce que ce qu’il faut comprendre aussi, c’est que ce ne sont pas des philanthropes. Ce sont des experts qui sont assis là bas, qui calculent, et qui voient qu’est-ce qu’ils peuvent avoir en donnant quelque chose. Quand ils voient qu’un pays peut se contenter de 10 millions de dollars, ils lui donnent cette somme, et puis ils vont prendre des milliards. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le président de la République, c’est le garant de l’environnement. Au départ, ce n’était pas facile. Il a dit : « nous, nous savons ce que nous avons. Vous vous mettez tous ensemble, vous travaillez avec nous, on fait un groupe, tout le monde gagne ». Ce n’était pas facile, ils n’ont pas voulu. Mais en fin de compte, quand ils ont su que c’était sérieux, que le Président était prêt à dire : « Bon, depuis Soundiata, depuis Alpha Yaya, depuis Samory, ces richesses sont ici. Si vous ne voulez pas, d’accord, on va les garder ici ». Dès que le Président a tenu ce langage, ils ont compris que c’était sérieux. Donc, tout le monde est venu autour de la table. Il n’y a donc pas d’antinomie. Il faut simplement savoir frayer son chemin sur le plan international. Si vous savez le faire, vous gagnez. Mais, cela ne se fait pas à coups de bâton. </span></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-9034" src="https://allureinfo.net/wp-content/uploads/2025/06/Capture-decran-2025-06-25-104227.png" alt="" width="857" height="538" srcset="https://allureinfo.net/wp-content/uploads/2025/06/Capture-decran-2025-06-25-104227.png 857w, https://allureinfo.net/wp-content/uploads/2025/06/Capture-decran-2025-06-25-104227-300x188.png 300w, https://allureinfo.net/wp-content/uploads/2025/06/Capture-decran-2025-06-25-104227-768x482.png 768w, https://allureinfo.net/wp-content/uploads/2025/06/Capture-decran-2025-06-25-104227-150x94.png 150w, https://allureinfo.net/wp-content/uploads/2025/06/Capture-decran-2025-06-25-104227-750x471.png 750w" sizes="(max-width: 857px) 100vw, 857px" /></p>
<p><b>Monsieur le Ministre, vous parliez tantôt des diplomates accrédités en Guinée. A l’inverse, certains estiment qu’il y a une sorte de surnombre d’ambassades de Guinée à l’étranger. Cela a fait débat bien avant l’arrivée du CNRD. Alors, quelle est l’option que vous avez choisie pour une sorte de rationalisation du nombre de ces ambassades ? </b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Quand nous avons commencé sous le leadership du président Doumbouya, les gens m’ont dit que le CNRD aura zéro ambassadeur. Ils disaient que personne ne viendra ici. Ils ont même affirmé qu’on ne pourra placer aucun ambassadeur. C’était leur pronostic. Donc, imaginez que l’on ait placé sept ambassadeurs. Et après, on dirait que les mêmes personnes sont en train de critiquer la pléthore. Notre choix, c’est de dire que plus nous sommes représentés dans les pays, plus nous nous sentons encore plus connus, plus forts sur les sujets internationaux. Pour le moment, si nous avons les capacités financières, nous pourrions placer un ambassadeur dans chaque pays du monde. Je dis bien si on en avait les capacités. Donc, on fait le maximum pour qu’on ait suffisamment d’ambassadeurs. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Savez-vous qu’il y a des ambassades qui couvrent 12 pays. Il y en a qui couvrent 7 pays. Cela veut dire qu’on n’est pas partout. Alors, c’est une critique un peu mal fondée. La représentativité d’un pays, la présence d’un pays, cela coûte. Si vous voulez être connu, vous faire connaître, vous imposer et avoir un dialogue direct avec le reste du monde, ce n’est pas en tapant les mains, c’est en payant votre représentativité, votre représentation dans le monde. Donc, c’est une mauvaise critique. On est prêt. Tant qu’on a de l’argent, on ouvre une ambassade pour que la Guinée soit connue partout. </span></p>
<p><b>Parmi ces ambassades, celle qui a particulièrement marqué l’actualité sous le CNRD, c’est celle de la Guinée à Paris. Une parcelle appartenant à cette ambassade était en voie de compromission. Alors, à quel niveau le processus de résolution de ce conflit ? </b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">J’ai expliqué ce problème devant le CNT. C’est une affaire rocambolesque. L’ancien régime (celui d’Alpha Condé, ndlr) recrute un garde du corps. Le garde se met derrière le Président. Il tourne, et après, il fait une facture. Des millions de dollars pour avoir suivi le Président. Et puis, le Président et le gouvernement refusent de payer cet argent. Vous avez signé, il faut payer. Mais, ils refusent. Et ces messieurs portent plainte contre la Guinée. Et c’est la Guinée qui est condamnée. Qu’est-ce qu’il faut ? Notre parcelle qui est là-bas, qu’on est en train de construire, la justice française : « qu’est-ce qu’ils ont ici ? » On lui dit, il y a leur parcelle. Alors que, par la loi Sapin votée par les députés français, personne ne doit toucher à une représentation diplomatique. Ce n’est pas possible. Cela ne se fait pas. Mais, la justice a ignoré cette loi, et on n’a pas été très bien défendus. Contre la propre loi du pays, la France, ils ont saisi la parcelle, et ils l’ont mise aux enchères. Nous avons participé aux enchères en tant que propriétaire même de cette parcelle. Et comme tout était bien fusionné, nous avons, évidemment, je dis, évidemment, nous avons perdu. C’est quelqu’un d’autre qui a remporté cette vente aux enchères. On lui a donné notre parcelle, et il l’a achetée. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Mais le président de la République a dit qu’il ne lâchait pas le morceau. La parcelle de la Guinée doit être ramenée. Il a demandé d’approcher celui qui a eu la parcelle, et demandez-lui combien il veut que nous mettions pour la reprendre. On a négocié avec lui. Le président de la République a payé, en rachetant la parcelle à ce monsieur. Ensuite, on a commencé rapidement à travailler sur cette parcelle. Par la suite, ce sont les mêmes personnes qui reviennent encore. Ils reviennent pour saisir la même parcelle. C’est une insulte. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Nous avons pris nos avocats. Parce que nous avions déjà commencé à construire sur cette parcelle. Que fait-on de la loi Sapin. Je ne vous le cache pas. La France est un pays ami. Nous ne demandons pas au gouvernement français d’interférer dans la procédure judiciaire. On demande simplement à ce qu’on applique la loi Sapin, qui protège les biens diplomatiques. On est à ce niveau. J’espère qu’on terminera cette affaire de façon amicale. J’espère que les choses vont bien se passer. Le gouvernement français est un gouvernement ami. Nous allons travailler ensemble sur ce dossier. Et j’espère que nous allons faire valoir la loi. Je ne dis pas de nous aider, mais il faut faire valoir la loi votée par le Parlement, la loi Sapin. Mais nous, sereinement, on continue à construire sur la parcelle. </span></p>
<p><b>A suivre…</b></p>
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		<title>« Le RGPH-4 est pour le développement d’un pays, ce que représentent les analyses biomédicales pour un malade » (Alluremag)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Allure info]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 23 Jun 2025 12:16:58 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[En préparation depuis plusieurs années, les opérations du Recensement Général de la Population et de l’Habitation (RGPH4) sont en phase d’être lancées en Guinée. Le RGPH4 étant un outil essentiel de planification du développement socioéconomique du pays, dans cette interview qu’il a accordée à Allure Mag, le Directeur Général de l’Institut National de la Statistique [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>En préparation depuis plusieurs années, les opérations du Recensement Général de la Population et de l’Habitation (RGPH4) sont en phase d’être lancées en Guinée. Le RGPH4 étant un outil essentiel de planification du développement socioéconomique du pays, dans cette interview qu’il a accordée à Allure Mag, le Directeur Général de l’Institut National de la Statistique (INS), le Dr Makan Doumbouya explique la mission de cette entité, et revient longuement sur l’importance du RGPH-4.</p>
<p><strong>Allure Mag : Qu’est-ce que c’est que l’Institut National de la Statistique, et quelle en est la mission</strong><br />
<strong>précise dans l’armature étatique ?</strong></p>
<p><strong>Dr Makan Doumbouya :</strong> L’Institut National de la Statistique (INS) est un Etablissement public à caractère administratif (EPA), qui a pour mission de mettre en œuvre la politique du Gouvernement en matière de production et de diffusion des données statistiques. Il est chargé de coordonner les activités du système statistique national. De façon spécifique, l’INS est chargé de réaliser des recensements généraux et des enquêtes d’envergure nationale, et d’élaborer des comptes nationaux et des indices économiques pour le suivi des entreprises.</p>
<p><strong>Selon la Loi statistique promulguée en 2014, l’INS est la structure officiellement chargée de fournir les</strong><br />
<strong>statistiques publiques. Alors, quelles interactions avez-vous avec d’autres services étatiques et non étatiques qui produisent des données statistiques en Guinée ?</strong></p>
<p>Par sa fonction, l’INS coordonne, comme je l’ai indiqué, les activités statistiques du système statistique national. À cet égard, il apporte l’assistance technique nécessaire aux structures étatiques et non étatiques dans le cadre de la collecte, de l’analyse et de la diffusion des données statistiques. Il contribue au renforcement des capacités des services statistiques sectoriels, à travers la la formation initiale et la formation continue des cadres. Il examine les dossiers d’enquêtes relatifs à l’attribution du visa statistique qui est une autorisation pour réaliser une enquête dans notre pays. Par ailleurs, dans sa mission de production statistique, l’INS utilise des données secondaires élaborées par d’autres structures étatiques. Par exemple, il utilise les données secondaires provenant de l’ensemble des services statistiques.</p>
<p><strong>Justement, en tant qu’opérateur statistique et technique de l’État, l’INS s’apprête à lancer le RGPH4, qui mobilise actuellement le gouvernement à travers le Ministère du Plan et de la Coopération Internationale. Alors, où en sont les préparatifs du lancement de ce programme ?</strong></p>
<p>L e R e c e n s e m e n t G é n é ra l d e l a Population et de l’Habitation (RGPH-4) est une opération statistique d’envergure nationale, qui consiste à recueillir, à grouper, à analyser et à publier des données sociodémographiques à un moment donné sur un territoire. Il permet de connaître l’effectif de la population d’un<br />
pays à un moment donné, sa structure, sa dynamique ainsi que ses caractéristiques socio-économiques. Les principales activités réalisées dans le cadre du quatrième Recensement Général de la Population et de l’Habitation sont les travaux préparatoires, la cartographie censitaire, le recensement pilote, le recrutement des agents recenseurs, ainsi que la formation des formateurs des agents recenseurs. Les travaux préparatoires ont démarré en février 2020 et ont permis d’élaborer le document de projet (Prodoc) et les outils de collecte, de développer des applications informatiques et de mobiliser des ressources financières, humaines et matérielles.</p>
<p>La cartographie censitaire a permis d’avoir une première estimation de la population et de disposer des informations sur l’ensemble des infrastructures existantes de notre pays. Elle nous permettra de mieux planifier, et d’éviter ainsi des omissions et des doublons. Le recensement pilote vise à tester l’ensemble du processus d u r e c e n s e m e n t , n o t a m m e n t l a méthodologie, la formation et les outils, en vue de s’assurer du bon déroulement du dénombrement principal prévu en juin 2025. La formation des agents recenseurs qui ont été recrutés, au nombre de 26 000, sera lancée sur tout le territoire national.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-8865" src="https://allureinfo.net/wp-content/uploads/2025/06/DR-MAKAN-DOUMBOUYA-DIRECTEUR-GENERAL-DE-LINS-1.png" alt="" width="582" height="275" srcset="https://allureinfo.net/wp-content/uploads/2025/06/DR-MAKAN-DOUMBOUYA-DIRECTEUR-GENERAL-DE-LINS-1.png 582w, https://allureinfo.net/wp-content/uploads/2025/06/DR-MAKAN-DOUMBOUYA-DIRECTEUR-GENERAL-DE-LINS-1-300x142.png 300w, https://allureinfo.net/wp-content/uploads/2025/06/DR-MAKAN-DOUMBOUYA-DIRECTEUR-GENERAL-DE-LINS-1-150x71.png 150w" sizes="(max-width: 582px) 100vw, 582px" /></p>
<p><strong>Etant donné que ces agents doivent aller vers les populations, quel message avez-vous en leur direction, afin de les sensibiliser et les conscientiser davantage à l’importance et la pertinence du RGPH-4 ?</strong></p>
<p>Le Recensement Général de la Population et de l’Habitation est pour le développement d’un pays, ce que représentent les analyses biomédicales pour un malade. Un malade traité sans examen biologique, subit un traitement symptomatique et donc aléatoire. Le recensement va permettre aux autorités de disposer d’informations actualisées et fiables sur la population, en vue de déterminer les besoins en termes de salles de classe, de structures sanitaires, d’investissements dans les secteurs de l’électricité, de l’eau, des télécommunications. C’est pourquoi, nous voudrions inviter la population à adhérer au RGPH-4, à accepter ainsi de se faire recenser pour nous permettre de disposer d’informations de qualité, indispensables à la planification économique de notre pays durant les dix années à venir.</p>
<p><strong>Une question subsidiaire à ce message de sensibilisation, celle qui consiste à vous demander quelle est la différence entre le RGPH4 et le PN-RAVEC ?</strong></p>
<p>Il y a une différence entre le RGPH-4 et le PN-RAVEC en termes d’objectifs, de méthodologie et de populations cibles. Comme son nom l’indique, le PN-RAVEC vise à établir les documents d’état civil, à savoir les extraits de naissance, les cartes d’identité, les passeports. Il permet aussi aux citoyens de participer aux échéances électorales. Il concerne exclusivement les Guinéens résident en Guinée et établis à l’étranger. Il se fait à un endroit public, où les personnes se déplacent individuellement pour se faire recenser. Il concerne les personnes âgées de 10 ans et plus. Dans le cadre du RAVEC, les individus se présentent avec des documents administratifs, tels que les extraits de naissance et les jugements supplétifs.</p>
<p>Le RGPH-4, quant à lui, permet de disposer des informations démographiques et socio-économiques nécessaires et même indispensables à la planification du développement. Il permet de connaître les besoins de notre pays en termes d’éducation, de santé, d’énergie, d’infrastructures de transport, de commerce, d’industrie, etc. Le RGPH4 concerne les personnes résidant en Guinée quels que soient leurs âges et leurs nationalités. Il est réalisé par des agents recenseurs qui interrogeront dans les ménages les chefs des ménages ou les personnes pouvant répondre au questionnaire au nom des ménages. Il n’exige aucun document administratif.</p>
<p><strong>Alors, comment les populations peuvent-elles reconnaître les agents du RGPH4 sur le terrain ?</strong></p>
<p>Les agents du RGPH-4 porteront des gilets kakis avec les logos du Ministère du Plan et de la Coopération Internationale et du RGPH-4. Ils auront des ordres de mission qui permettront aussi de les identifier.</p>
<p><strong>Les opérations du RGPH-4 dureront combien de temps et combien coûtent-elles ?</strong></p>
<p>Selon les normes internationales, la collecte des données d’un Recensement Général de la Population et de l’Habitation se déroule en moyenne en 21 jours. Dans notre cas, il se déroulera en un mois pour tenir compte du déploiement des agents sur le terrain et de la reconnaissance des zones de dénombrement.</p>
<p><strong>Et en termes de financement ?</strong></p>
<p>Le coût du RGPH4 est estimé à environ 38 millions de dollars, financé par l’État guinéen, par la Banque mondiale, la Banque africaine de développement (BAD), ainsi que les agences du système des Nations Unies.</p>
<p><strong>Un dernier message pour conclure, Monsieur le Directeur Général ? </strong></p>
<p>Je voudrais encore une fois inviter les populations à se faire recenser. Car, le RGPH &#8211; 4 permettra de disposer des<br />
informations fiables et actualisées indispensables à la conception, à la mise en œuvre et à l’évaluation des politiques publiques.</p>
<p>Avant de terminer mon propos, je voudrais exprimer toute notre reconnaissance à Son Excellence Monsieur le Président de la République de Guinée, Général Mamadi DOUMBOUYA, pour sa vision et son soutien appuyé au renforcement des capacités du système statistique national. Je remercie Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, et Monsieur le Ministre du Plan et de la Coopération Internationale pour leurs appuis à la réalisation du RGPH-4.</p>
<p><strong>Alluremag N° 001 DU 02 AU 30 juin 2025</strong></p>
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		<title>Détournements de milliards dans l’administration : « Quand j’entends ça, j&#8217;ai mal à la tête, à partir du moment où la CRIEF existe », affirme Alphonse Charles Wright</title>
		<link>https://allureinfo.net/2025/05/26/detournements-de-milliards-dans-ladministration-quand-jentends-ca-jai-mal-a-la-tete-a-partir-du-moment-ou-la-crief-existe-affirme-alphonse-charles-wright/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[allureinfo]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 26 May 2025 05:30:30 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Dans l’interview à bâtons rompus qu’il a bien voulu accorder au Groupe Allure (Allureinfo.net et Allure Mag), l’ancien Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme s’est longuement exprimé sur la réforme de la CRIEF qu’il comptait mener pour recentrer cette institution, uniquement sur la lutte contre les détournements de fonds publics et sur [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans l’interview à bâtons rompus qu’il a bien voulu accorder au Groupe Allure (Allureinfo.net et Allure Mag), l’ancien Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme s’est longuement exprimé sur la réforme de la CRIEF qu’il comptait mener pour recentrer cette institution, uniquement sur la lutte contre les détournements de fonds publics et sur la réédition des comptes par les agents de l’Etat. Nous vous proposons cet extrait, qui soulève d’ailleurs des questions pertinentes sur les voies et les moyens permettant d’améliorer le fonctionnement et l’efficacité de la Cour de Répression des Infractions Economiques et Financières. Lisez !</p>
<p><strong>Allureinfo.net</strong> : Parlant du cas spécifique de la Cour de Répression des Infractions Economiques et Financières (CRIEF), juste avant votre départ du gouvernement, vous annonciez des réformes imminentes au niveau de cette institution . Est-ce qu&rsquo;on peut savoir de quoi s&rsquo;agissait-il ? Et est-ce qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, quand vous regardez cette CRIEF, vous pensez qu&rsquo;elle ressemble aux ambitions que vous aviez pour elle ?</p>
<p><strong>Alphonse Charles Wright</strong> : Il faut faire la part des choses. Il y a ce que l&rsquo;État doit faire pour la justice, il y a aussi ce que les acteurs de la justice doivent faire vis-à-vis des citoyens. Ce n&rsquo;est pas au magistrat de construire des infrastructures. C&rsquo;est l&rsquo;État qui doit le faire. Ce n&rsquo;est pas au magistrat de créer les conditions de travail, il revient à l&rsquo;État de le faire. Mais quand il s&rsquo;agit du volet judiciaire, juger en toute impartialité, en toute indépendance, ce n&rsquo;est pas l&rsquo;État qui doit le faire. C&rsquo;est le magistrat lui-même qui doit prendre sa responsabilité vis-à-vis de son serment pour pouvoir faire le travail pour lequel il a prêté ce serment.</p>
<p>Donc, pour le cas de la Cour de répression des infractions économiques et financières, nous connaissons tous le contexte dans lequel cette cour a été mise en place et les différentes attentes qu’elle a suscitées à la fois pour les justiciables guinéens et le peuple de Guinée dans son entièreté. Beaucoup d&rsquo;opinions pensent que ce sont des espoirs ratés. Ce sont leurs points de vue. Moi, à l&rsquo;époque, je me suis dit qu&rsquo;il était important de revoir un peu le cadre organique de la Cour de répression des infractions économiques et financières. Comme vous le savez, les questions financières et les questions économiques découlent d&rsquo;une certaine particularité, d&rsquo;une certaine technicité. Quel que soit votre bagage intellectuel de magistrat, il faut quand même que vous soyez appuyés, dans le cadre du jugement, dans le cadre de l&rsquo;instruction des affaires à la fois financières et économiques.</p>
<p>Vous avez une cour dont, dans un premier temps, le souci était de faire en sorte que tous les crimes économiques et financiers que notre pays a connus, soient rendus d&rsquo;abord imprescriptibles. Mais la volonté politique qui accompagnait la mise en place de cette cour était de faire en sorte d&rsquo;abord, en ce qui concerne le droit répressif guinéen, je veux parler du droit pénal guinéen, que les infractions économiques et financières soient imprescriptibles. Même si vous faites 40 ans, 50 ans, s&rsquo;il y a des faits de corruption auxquels vous vous êtes prêtés, vous restez poursuivables.</p>
<p>Ensuite, on a attribué à la CRIEF les questions liées à l&rsquo;environnement, à la santé, les questions économiques et financières. Donc, pour moi, cela a permis de fixer le cap, mais est-ce qu&rsquo;on a besoin de mettre tous ces secteurs sur la tête d&rsquo;une seule Cour, sans qu&rsquo;il y ait les ressources qu&rsquo;il faut pour qu’elle puisse fonctionner et apporter les résultats attendus. Donc, il fallait quelque peu revoir les deux ordonnances qui ont créé la CRIEF.</p>
<p>Il y a une première ordonnance qui a créé la CRIEF, ensuite une autre ordonnance est venue davantage étoffer les attributions, l&rsquo;organisation et le fonctionnement de cette Cour. Quand vous prenez Kaloum, c’est le centre des affaires. Il n’y a pas mal d&rsquo;infractions d&rsquo;ordre économique et financier, mais les magistrats se sont retrouvés sans qu&rsquo;il y ait la possibilité d&rsquo;avoir des dossiers à juger. Tout était au niveau de la CRIEF, parce qu&rsquo;on a fixé d&rsquo;abord le plancher des montants incriminés. Donc, chaque fois qu&rsquo;on disait qu&rsquo;il y a tel milliard détourné, à tort ou à raison, nous, dans le cadre des enquêtes, tout de suite, on orientait les dossiers à la CRIEF. Vous trouverez que les juridictions de droit commun n&rsquo;ont presque pas de dossiers à juger. D&rsquo;autant plus qu&rsquo;il a été dit, dans le cadre même des ordonnances qui déterminent les attributions et le fonctionnement de la Cour des infractions économiques et financières, qu&rsquo;à partir du moment où cette Cour commence à fonctionner, tous les dossiers liés aux crimes économiques et financiers que les juridictions ordinaires étaient en train de juger, devaient être transmis immédiatement à cette CRIEF. Dans un premier temps, la Cour s&rsquo;est retrouvée avec pas mal de dossiers venant de toutes les juridictions du pays. Un seul parquet qui gère tous ses dossiers, avec un effectif réduit. Parce que pour la composition d&rsquo;une Cour, il faut beaucoup de conseillers et de magistrats du parquet pour la faire fonctionner .</p>
<p>Donc, je me suis dit, dans un premier temps, que la réforme qu&rsquo;on doit engager, consiste à revoir les attributions de cette Cour. En ce qui concerne les questions de santé et autres, pour nous, la CRIEF pouvait laisser la latitude de leur traitement aux autres juridictions ordinaires. Donc, la CRIEF ne devait s&rsquo;occuper que des questions économiques et financières. Nous savons que parfois, les cas de corruption dont nous parlons sont des cas qui seraient partout, dans tous les domaines et dans tous les secteurs. Mais il ne faudrait pas qu’à chaque fois qu’il y avait, par exemple, des dossiers sur les faux médicaments, que cela soit envoyé devant la CRIEF. Si le tribunal d&rsquo;instance peut s’en saisir, ce n&rsquo;est pas un problème. Il faut quand même préciser, que dans cette réforme visait à éviter de voir des personnes privées, qui ont des affaires privées, et qui veulent les judiciariser, se rabattent sur la Cour de répression des infractions économiques et financières, tout simplement parce qu&rsquo;on parle de milliards. On a donc constaté que dès que quelqu&rsquo;un se voit escroquer un montant de 18 milliards, c’est un exemple que je donne, au lieu de saisir des tribunaux de droit commun, tout de suite, il part à la CRIEF.</p>
<p>Et la CRIEF, parfois, dans l&rsquo;examen des choses, se dit compétente, en tenant compte du montant. Mais de mon point de vue, il fallait quand même préciser à quelles infractions économiques et financières la CRIEF pouvait s&rsquo;intéresser. Parce que l’idée de la création de la CRIEF, c&rsquo;est pour tout ce qui concerne l&rsquo;État, les biens de l&rsquo;État, la protection des biens publics, la corruption dans le secteur public, dans le secteur privé et assimilé. Bref, partout où il y a l&rsquo;argent de l&rsquo;État, partout où il y a les fonds publics, que la loi, dans toute sa rigueur, puisse être appliquée contre les délinquants financiers.</p>
<p>Mais vous imaginez, la Cour Suprême a jugé des affaires qui opposaient deux personnes privées qui n&rsquo;ont rien à voir avec l&rsquo;État. Mais quelque part, ça se comprend, parce que dans l’organisation de la CRIEF, il n&rsquo;est pas clairement précisé que c&rsquo;est seulement les fonds de l&rsquo;État détournés qui doivent faire l’objet d’examen au niveau de cette Cour. Il fallait retravailler sur tous ces aspects pour alléger cette machine, afin de lui permettre de s&rsquo;atteler à l’essentiel.</p>
<p><strong>Et l&rsquo;essentiel, pour vous, à l&rsquo;époque, c’était quoi ?</strong></p>
<p>C&rsquo;est de faire en sorte qu&rsquo;il y ait la réédition des comptes. Quand vous gérez un département, vous gérez une parcelle du pouvoir de l&rsquo;État, que vous soyez amené, quelle que soit votre fonction, à venir rendre compte de votre gestion. Pour toutes les actions judiciaires qu&rsquo;on a entamées par rapport à la lutte contre la corruption au niveau de l&rsquo;administration publique, il fallait créer aussi, au niveau de cette Cour, un double degré de juridiction.</p>
<p>Il est vrai qu’il y a un double degré de juridiction en son sein, parce que quand une décision est rendue au premier degré, il y a toujours la possibilité de faire appel au niveau de la chambre d’appel de la CRIEF. C’est bien, mais il fallait tout simplement mettre au niveau du Parquet de la CRIEF, un Parquet national financier qui va travailler avec le Parquet spécial.</p>
<p>La Cour de répression des infractions économiques et financières a une compétence nationale. C&rsquo;est ce que beaucoup ne comprennent pas, à la différence des autres juridictions où la compétence territoriale est limitée. Si on parle de compétence nationale, c’est du kilomètre zéro de Conakry, jusqu&rsquo;à la dernière ville de la Guinée, au niveau de la Guinée forestière. Il ne faut pas oublier qu&rsquo;au niveau de la Cour des comptes, en ce qui concerne le contrôle de tout ce qui est la comptabilité publique de l&rsquo;État, les certifications et le contrôle des actes, il y a la possibilité de constater à un certain niveau de ces comptes publics des cas de détournements et autres infractions. Donc, la CRIEF a tellement de flux de dossiers que pour moi, la réforme aurait permis de faire en sorte que ses attributions soient fixées uniquement par rapport aux fonds de l&rsquo;État, tout en revoyant un peu le plafond du montant visé. Pour nous, même si c’est une somme de 100 francs guinéens qu’on détourne, ce n&rsquo;est pas le nombre, ce n&rsquo;est pas le montant qui est important, mais c&rsquo;est l&rsquo;acte qui conduit la personne à transgresser la loi pénale en prenant ce qui appartient à tous les Guinéens.</p>
<p>Il fallait revoir les attributions de la CRIEF, en créant aussi les services techniques d&rsquo;appui. Sur les questions financières, il faut qu’on ait des experts comptables qui soient-là pour donner leur avis technique aux magistrats qui ne sont pas des financiers, qui ne sont pas des économistes, mais qui sont amenés à juger des affaires économiques et financières. Il est vrai que, du point de vue de la légalité, quand un magistrat est saisi d&rsquo;une affaire dont il n&rsquo;a pas la capacité ou la compétence technique, il a l&rsquo;obligation dans ces conditions de faire recours à un expert. Il peut désigner un expert qui va l&rsquo;éclairer, lui en tant que magistrat qui doit trancher sur le fond. Il fallait quand même un service permanent au niveau de la CRIEF, qui soit là avec les magistrats, qui leur donne son point de vue technique. Parce que, n&rsquo;oublions pas que les experts, s&rsquo;ils sont saisis par des magistrats, ne peuvent déployer que leur rapport. Et s&rsquo;il faut encore les appeler pour venir interpréter, non seulement c&rsquo;est une perte de temps, mais c&rsquo;est aussi une perte d’énergie, parce qu&rsquo;il faudra régulièrement faire appel à ces experts. Mais, si on mettait en place des services d&rsquo;appui permanents auprès des magistrats, qui sont déjà payés par l&rsquo;Etat, leur rémunération serait inférieure à la pris en charge d’une expertise venant de cabinets privés.</p>
<p>Vous avez encore des montants présumés de 20 milliards de francs guinéens que des gens auraient détournés. Quand j&rsquo;entends ça, j&rsquo;ai mal à la tête, parce que pour moi, on ne peut pas croire, à partir du moment où la Cour de répression des infractions économiques et financières existe, que les gens peuvent encore oser. Il faut donc garder cette rigueur dans le travail, qui n&rsquo;a rien à voir avec la chasse aux sorcières, comme parfois beaucoup peuvent être amenés à le dire. Se concentrer sur le judiciaire, se concentrer sur le travail au niveau des enquêtes, au niveau de l&rsquo;instruction, pour qu&rsquo;un innocent ne soit pas condamné et que l&rsquo;on ne puisse pas blanchir aussi une personne à l&rsquo;encontre de laquelle il existe des indices graves, concordants, des crimes économiques et financiers.</p>
<p>Nous étions dans cette perspective-là. Comme j&rsquo;ai eu à le dire plus haut et fort, je n&rsquo;étais pas du tout content et convaincu du travail de la CRIEF. Parce que je me disais que, lorsque ceux qui étaient à la CRIEF disaient eux-mêmes qu&rsquo;ils ont raté leur mission, à l&rsquo;époque, je me suis dit que ce sont des propos que, moi en tant que Ministre, je ne pouvais pas laisser passer. Car pour moi, le travail qui devait être fait devrait l’être, parce que l&rsquo;Etat a pu à cet effet dégager des moyens en trouvant un siège qui a été équipé. Donc, je me demande qu&rsquo;est-ce qui n’a pas marché. Il y avait un manque de management. Mais plus important encore, je me dis que la mission d&rsquo;un magistrat, qu&rsquo;il soit du siège ou du parquet, c&rsquo;est de faire en sorte que ce pour quoi il est saisi, que les personnes qui sont-là, qu’il puisse garder leur confiance, parce qu&rsquo;il va trancher de manière indépendante, sans aucune pression.</p>
<p>Ces réformes, jusque-là, n&rsquo;ont pas été portées au niveau de la CRIEF. Pour moi, il fallait quand même continuer, parce que cela aurait contribué à l&rsquo;amélioration de son fonctionnement. Néanmoins, il faut quand même encourager cette cour, parce que sa mise en place répond à une nécessité, celle de rendre le service public de l&rsquo;État exempt de tout acte de corruption. Ce qui n&rsquo;est pas facile. Mais, il faut quand même continuer ces différentes réformes.</p>
<p>Parce qu’aujourd&rsquo;hui, vous vous dites que vous êtes Ministre, vous êtes tel ou tel, mais lorsque vous gérez les biens de l&rsquo;État, vous gérez les fonds publics, je l&rsquo;ai toujours dit, on ne doit pas se sentir offusqué quand on vous demande qu&rsquo;est-ce que vous avez fait de l&rsquo;argent de l&rsquo;État. Pour moi, c’est de l’ordre naturel des choses.</p>
<p><strong>Interview réalisée par</strong></p>
<p><strong>Emmanuel Millimono</strong></p>
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