Danse ce numéro du »Le Dossier de la semaine », Allure Info s’intéresse à la problématique des gares routières modernes à Conakry. Loin des normes connues, ces gares ne répondent ni aux critères infrastructurels, ni à l’ordre, l’hygiène et la sécurité exigées à la matière. Notre reporter a fait tour à la gare routière de Madina pour s’en convaincre. Lisez !
Conakry : Madina, symbole du désastre des gares routières
La Guinée peine encore à se doter d’une société de transport public pérenne véritable. Se distinguent ainsi négativement dans ce cas de figure.

Le niveau de développement d’un pays se jauge pourtant à travers ses infrastructures et moyens de transports ferroviaires, maritimes et aéroportuaires. Autant admettre que la Guinée ne fait pas office de bon élève dans ce domaine.
C’est donc le réseau routier qui constitue la principale voie de communication en Guinée. Et qui parle de voie routière, parle obligatoirement de gare routière, point de rassemblement pour le transport des personnes et des marchandises.
En Guinée, les gares routières sont donc capitales pour les déplacements des Guinéens entre les villes et villages du pays, en taxis, minibus et bus.
Si les normes d’une gare routière varient selon les pays, mais elles reposent généralement sur des normes d’urbanisme, de sécurité, d’accessibilité et de confort.
Par définition, une gare routière serait une infrastructure aménagée pour accueillir les bus et passagers, équipée de services essentiels tels que : billetterie, salles d’attente, sanitaires, signalisation, sécurité et accessibilité pour tous.
Malheureusement, en Guinée, plus précisément à Conakry, les gares routières ne répondent à aucun de ces critères.
Nous nous développons à la gare routière de Madina pour constater que la réalité sur le terrain est bien loin de la définition d’une gare routière.
Sur les lieux, le tableau est préoccupant en termes d’insalubrité et de désorganisation. Les ordures jonchent les abords, dégageant des odeurs nauséabondes, tandis que les eaux usées stagnent par endroit, favorisant la prolifération de moustiques et autres nuisibles. La gare routière elle-semble même inadaptée à l’ampleur du trafic quotidien : absence de signalisation claire, manque d’espaces d’attente dignes pour les passagers, et voies de circulation étroites ou dégradées.

À cela s’ajoute un chaos permanent dû au stationnement anarchique des véhicules. Taxis, minibus et camions se garent dans tous les sens, bloquant parfois l’accès aux entrées ou créant des embouteillages internes. Ce désordre rend la circulation aussi difficile que dangereuse pour les piétons comme pour les conducteurs.
A ce spectacle chaotique s’ajoute les étals des nombreuses vendeuses d’aliments visibles un peu partout dans le parking.
Pour en savoir un peu plus, nous nous dirigeons vers un homme assis sous une baraque de fortune. Le lieu sert à enregistrer les voyageurs qui se rendent dans une ville de l’intérieur du pays. Nous nous présentons et lui explicons l’objectif de notre visite : avoir des réponses sur les questions liées à la salubrité, à la sécurité et à la gestion de la gare routière de Madina. Mais très vite, méfiance et réticence prennent le dessus chez notre interlocuteur. Il ne tarde pas à nous expédier vers le bureau du chef de parking, qui se fait appeler »Enfant ». Après les salamalecs d’usage, il est informé des raisons de notre présence. Mais »Enfant » n’est pas d’humeur à coopérer. Nous le constatons très vite. « Je vais parler ici et je vais me faire des ennemis », at-il laissé entendre en langue soussou. Tout en prononçant ces mots, »Enfant » nous indique le bureau de l’administrateur de la gare routière, qui se situe à dix pas de son refuge.
Nous arrivons dans ce bureau où sont assis un homme et une femme. C’est le même climat de méfiance là aussi. On comprend que ce n’était pas gagné d’avance, et que nous sortirions bredouille de ce bureau.
A la place de l’ordre de mission qu’elle nous exige, nous lui tendons plutôt notre badge de journaliste. Après avoir regardé le badge, à son tour, elle nous conseille d’aller vers un immeuble situé de l’autre côté de la gare routière, pour y trouver un interlocuteur sur sa gestion.
A l’évidence, aucun responsable ne veut en parler. Nous continuons néanmoins notre constat sur ce site bondé d’automobiles où certains chauffeurs avaient du mal à se frayer un chemin.
Entre voitures garées dans tous les sens, vendeurs ambulants, étals d’articles divers et de nourritures, ce qui tient lieu de gare routière de Madina présente un visage peu reluisant. Des conditions qui ne répondent pas aux normes d’une gare routière moderne.
Il serait temps pour les autorités du pays d’offrir à la capitale guinéenne, des gares routières aux normes acceptables pour la population. A l’image de celles qui existent dans de nombreux pays africains.
Mohamed Béné Barry














