Exilé depuis avril 2022, le président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), Cellou Dalein Diallo, continue de faire entendre sa voix. Ce samedi 28 juin, à travers une visioconférence tenue à l’occasion de l’assemblée générale hebdomadaire de son parti, le leader de l’opposition guinéenne a livré un discours appelant ses militants à se tenir prêts pour ce qu’il qualifie de « devoir de résistance ».
« Ils veulent tuer l’UFDG, ils veulent m’effacer du paysage politique », a lancé l’ancien Premier ministre, dénonçant ce qu’il perçoit comme un acharnement systématique du Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD) contre sa personne.
Parmi les faits qu’il évoque, son exclusion du processus d’enrôlement électoral à Abidjan, malgré la présentation de tous les documents d’identité requis; la démolition de sa résidence alors que l’affaire était encore pendante devant la justice; ou encore le « dossier politique » de la privatisation d’Air Guinée, qu’il qualifie de pure fabrication: « J’ai été empêché de me faire recenser, malgré mon passeport, mes cartes biométriques, mon acte de naissance. C’est une instruction directe à l’ambassade de ne pas m’enrôler », a-t-il affirmé.
Cellou Dalein Diallo va plus loin, accusant les autorités de transition de vouloir volontairement écarter l’UFDG du jeu politique: « Toutes mes demandes d’audience sont restées sans réponse. Je ne les ai jamais rencontrés. Ils refusent même le dialogue. Comment peut-on parler de réconciliation ou d’inclusion dans ces conditions ? »
Appelant à la mobilisation de ses partisans, l’homme politique, toujours exilé, dit ne pas vouloir céder à la peur ni à la résignation: « Il faut qu’on s’organise. Nous n’avons pas le choix. L’histoire nous impose de résister. On ne peut pas abandonner la lutte, alors que d’autres ont donné leur vie pour la démocratie dans ce pays. »
L’intervention de Cellou Dalein, bien que faite à distance, a ravivé les tensions autour du processus de transition guinéenne. L’exclusion de certains leaders politiques, comme lui, pourrait selon plusieurs observateurs, compromettre le caractère inclusif de l’élection et la crédibilité censée l’entourer.
Décryptage Amadou Diallo














