La fermeture du détroit d’Ormuz, sur fond de guerre en Iran, fait planer de lourdes incertitudes sur les économies africaines. Ce passage maritime stratégique, par lequel transite près de 20 % du pétrole mondial, est un maillon essentiel de l’approvisionnement énergétique international. Sa paralysie pourrait entraîner des répercussions en chaîne sur le continent.
C’est l’analyse livrée ce mardi 3 mars 2026 par le docteur Mohamed Cissé, qui alerte sur les risques d’une perturbation prolongée des flux pétroliers.
Selon l’économiste, la principale menace concerne l’approvisionnement en carburant. « La perturbation dans l’approvisionnement du carburant complique la tenue de la distribution dans les différents pays. Quand le stock minimum est affecté, les pays peuvent se retrouver dans une situation de pénurie. Et finalement, la crise pourrait impacter tous les secteurs », prévient-il.
Transport, agriculture, industrie, commerce : aucun domaine ne serait épargné en cas de rupture durable des livraisons. Une hausse des prix à la pompe pourrait également accentuer la pression sur le pouvoir d’achat des ménages.
Le contexte international aggrave les inquiétudes. Plusieurs pays producteurs de pétrole sont concernés par le conflit et pourraient privilégier le renforcement de leur dispositif sécuritaire au détriment de la production, réduisant ainsi davantage l’offre disponible sur le marché.

Face à cette situation, le docteur Cissé insiste sur la nécessité d’anticiper. « Globalement, il faut mettre l’accent sur l’augmentation des réserves, ce qui va avec la capacité de stockage », explique-t-il.
Il recommande également d’agir sur les coûts internes. « Quand on n’a pas de maîtrise sur le coût externe, on peut revoir le coût interne : revoir le cordon douanier et tout ce qui est lié au processus d’importation, alléger de telle sorte qu’une négociation avec le patronat permette de vendre le carburant à un prix raisonnable par rapport aux enjeux du moment. »
Pour l’économiste, même si les facteurs internationaux échappent au contrôle des États africains, des ajustements fiscaux et logistiques pourraient atténuer l’impact sur les consommateurs.
Dans le pays, plusieurs citoyens se disent préoccupés, notamment en raison de l’absence actuelle de dépôt de carburant capable d’anticiper une telle crise.
Sur ce point, le docteur Cissé se veut toutefois rassurant. Selon lui, le recours à des tanks flottants pourrait constituer une solution palliative en cas de besoin, permettant de renforcer temporairement les capacités de stockage et d’éviter une rupture brutale de l’approvisionnement.
Alors que les tensions persistent autour du détroit d’Ormuz, les prochains jours seront déterminants pour les marchés pétroliers et pour les économies fortement dépendantes des importations d’hydrocarbures.
Aboubacar Sidiki Camara














