La Journée mondiale de l’eau a lieu chaque année le 22 mars. À quelques heures de cette célébration, en Guinée, le ministre de l’Assainissement, de l’Hydraulique et des Hydrocarbures, Aboubacar Camara, a fait une déclaration.
Avant de revenir plus en détail sur les différents angles, comme l’appel de la communauté internationale ou encore la bonne nouvelle pour plusieurs préfectures, mais également l’invitation faite aux banques primaires et aux investisseurs, Allureinfo.net vous propose le discours intégral lu à la RTG ce samedi 21 mars 2026 :
« Ce jour où le monde entier célèbre la Journée mondiale de l’eau, je ne suis pas devant vous pour commémorer une ressource. Je suis devant vous pour faire face à une réalité. Une réalité qui nous interpelle. Une réalité qui nous oblige.
Car au-delà des discours, au-delà des chiffres, au-delà des institutions, il y a une vérité fondamentale, universelle et incontestable. L’eau, c’est la vie. En cette année 2026, la communauté internationale nous invite à aller plus loin en plaçant au cœur de notre réflexion un principe fondamental. Eau, égalité. L’accès à l’eau n’est pas seulement une question d’infrastructure, c’est une question de justice, une question de dignité, une question d’égalité.
La Guinée, notre pays, est perçue comme le château d’eau de l’Afrique de l’Ouest. Mais pourtant, dans certaines de nos villes, de nos quartiers, de nos villages, des femmes, des hommes et des enfants continuent de chercher de l’eau, de marcher pour l’eau, d’attendre l’eau et d’espérer l’eau.
Parler d’eau aujourd’hui, c’est aussi parler d’égalité des chances, d’accès à l’éducation pour ces milliers de jeunes filles. C’est parler de justice sociale et de dignité humaine.
J’en appelle aujourd’hui aux banques primaires, aux institutions financières nationales et internationales, aux investisseurs privés, d’accompagner le gouvernement guinéen à investir massivement dans le secteur de l’eau. Parce qu’investir dans l’eau, ce n’est pas investir dans un produit, c’est investir durablement dans la vie.
Il y a eu des avancées concrètes et visibles, soyons honnêtes de le reconnaître, sous l’impulsion de Son Excellence Monsieur le Président de la République, Mamadi Doumbouya, dont la vision stratégique place l’eau au cœur des priorités nationales. Et avec l’appui des partenaires, notamment la BIDC, nous avons franchi, l’année dernière, une autre étape majeure. Des villes comme Fria, comme Koubia et Beyla, qui n’avaient jamais connu d’infrastructures hydrauliques à la taille des besoins des populations, verront très prochainement le démarrage effectif des travaux de leurs infrastructures hydrauliques.
Et dans le cadre du programme Simandou 2040, l’eau est identifiée comme une priorité stratégique nationale. Cela traduit clairement la volonté du gouvernement de résoudre durablement la question de l’accès à l’eau potable.
Mais au-delà de tout cela, il s’agit aussi d’une ressource que nous devons apprendre à respecter. Au-delà des infrastructures, il y a un combat plus profond : le combat contre le gaspillage. Dans nos rues, des conduites percées laissent couler l’eau, et trop souvent, nous passons à côté sans réagir. Chaque goutte perdue aujourd’hui est une crise que nous préparons demain.
Nous assistons également à une prolifération incontrôlée des forages, qui constitue une menace silencieuse pour nos nappes phréatiques.
J’en appelle à une responsabilité collective. L’eau est une responsabilité partagée. Nous devons croire en nous, mais nous devons aussi changer. Changer notre rapport à l’eau, changer nos perceptions sur le financement de l’eau, changer nos comportements, changer notre manière d’investir dans ce secteur.
Et je peux vous le dire, l’action est déjà lancée. »
Décryptage: Amadou Diallo














