Le Parlement camerounais a adopté une révision constitutionnelle qui instaure le poste de vice-président, désormais successeur désigné du chef de l’État. À 93 ans et tout juste investi pour un huitième mandat, Paul Biya met en place un mécanisme de continuité automatique : en cas de vacance du pouvoir, ce suppléant terminerait le septennat jusqu’en 2032 sans passer par de nouvelles élections.
Pour les partisans du régime, cette réforme apporte une réponse concrète aux inquiétudes sur la stabilité de l’État et la santé du président, offrant un cadre institutionnel prévisible face aux « flottements » observés lors des récentes absences prolongées du dirigeant.
Cependant, cette manœuvre suscite de vives critiques au sein de la société civile et de l’opposition, qui y voient une stratégie de perpétuation du pouvoir au détriment de l’expression démocratique. En plus de permettre au président de nommer seul son successeur, la réforme s’accompagne d’un report des élections législatives à 2027 et d’une modification du code électoral facilitant la prorogation indéfinie des mandats municipaux.
Si certains analystes espèrent que cette nouvelle figure pourra atténuer les tensions d’une succession que l’on craint « volcanique » ou aider à résoudre la crise en zone anglophone, d’autres dénoncent une gestion « au cas par cas » visant avant tout à verrouiller le système politique pour les années à venir.














