L’ambassadeur de la République populaire de Chine en Guinée a animé ce jeudi 9 avril une conférence de presse axée sur les retombées de la coopération sino-africaine. Les interventions de S.E.M. SUN Yong et des diplomates qui l’accompagnaient ont porté sur les « deux sessions » et le nouveau plan quinquennal chinois, mais aussi sur la politique chinoise de « droit de douane zéro » pour les pays africains, l’année sino-africaine des échanges humains et culturels 2026, ainsi que les résultats et les perspectives de la coopération sino-guinéenne.
Le 15e plan quinquennal et la vision Simandou 2040
L’ambassadeur a tout d’abord axé sa communication sur le 15e plan quinquennal (2026-2030) de la République populaire de Chine. Ce dernier s’articule autour d’une vingtaine d’objectifs de développement, dont sept sont liés au bien-être social, à l’équilibre entre la croissance quantitative et qualitative, et à la promotion de nouvelles forces productives de qualité.
Dans le cadre de ses ambitions internationales, la Chine entend contribuer à hauteur d’un tiers de la croissance mondiale, avec l’objectif d’atteindre une croissance située entre 4,5 % et 5 % de son PIB en 2026. Ce programme, toujours selon le diplomate chinois, est aligné sur la vision « Simandou 2040 », notamment autour de l’accélération de l’industrialisation, de la priorité accordée au bien-être des populations et de l’intensification des échanges humains et culturels. L’ambassadeur a par ailleurs rappelé qu’à partir du 1er mai prochain, la Chine appliquera un traitement tarifaire de « zéro droit de douane » à tous les pays africains avec lesquels elle entretient des liens diplomatiques, dans un contexte de protectionnisme et de guerre commerciale engagée notamment par l’administration Trump. Cela offre, selon le diplomate, un accès élargi au marché chinois pour les pays africains, dont la Guinée, en réduisant les coûts d’exportation.
Échanges humains et culturels
À sa suite, l’un des conseillers a accentué sa communication sur l’Année des échanges culturels et humains sino-africains 2026. Il a précisé que plus de 600 activités sont prévues pour « consolider une amitié de tout temps et poursuivre un rêve commun de modernisation », à l’occasion de la célébration du 70e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques avec l’Afrique. Cette célébration sera aussi marquée par la Journée internationale de la langue chinoise, le concours « Pont vers la Chine », les fêtes traditionnelles chinoises, ainsi que la promotion de la médecine traditionnelle et des arts martiaux.

Bilan économique et perspectives de développement
Enfin, le conseiller économique de l’ambassade a abordé les résultats et les perspectives de la coopération sino-guinéenne. Il a souligné que le volume du commerce bilatéral entre la Chine et la Guinée a atteint, en 2025, 18,342 milliards de dollars, soit un bond de 58 % en glissement annuel. La part de la Guinée dans ce montant s’élèverait à 12 milliards de dollars, portée essentiellement par l’exportation de minerais.
Il a également rappelé les actions humanitaires réalisées, notamment un don de 2 102 tonnes de denrées alimentaires au bénéfice de 42 000 personnes via le Programme alimentaire mondial (PAM). Un nouveau don de 2 450 tonnes de riz, dont 450 arriveront prochainement au port de Conakry, est prévu. Parmi les réalisations phares, il a cité :
- La construction de 400 forages pour l’accès à l’eau potable ;
- La contribution au programme Simandou 2040 ;
- La construction de raffineries de bauxite (SPIC et bientôt Chinalco).
Dans le domaine de l’emploi, il a précisé que 60 000 emplois ont été créés par la Chine dans le secteur extractif, dont 70 % sont occupés par des Guinéens. Sur le plan énergétique, il a mentionné les barrages de Kaleta et Souapiti, ainsi que celui d’Amaria en cours de construction. Les infrastructures routières ne sont pas en reste avec la modernisation des voiries de Conakry, la reconstruction de la Route Nationale n°1 et les échangeurs de Bambeto et Kagbelen. La Chine fournira également des bus dans les prochains mois pour améliorer le transport urbain.
Sur le plan académique, plus de 4 000 personnes ont été formées par l’Institut Confucius de l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry, dont plus de 600 sont désormais employées par des entreprises chinoises en Guinée.














