Le 9 avril 2026, sous l’égide de la Banque africaine de développement (BAD) et le parrainage du président Alassane Ouattara, Abidjan a accueilli le lancement de la Nouvelle architecture financière africaine (NAFA). Ce projet ambitieux vise à combler un déficit de financement annuel de 400 milliards USD, non pas par manque de capitaux, mais en raison d’une mauvaise organisation des ressources internes du continent, estimées à 4 000 milliards USD.
Reposant sur des principes de subsidiarité et de coordination, la NAFA s’articule autour de neuf « Labs » thématiques pour transformer la perception du risque et mieux allouer l’épargne locale vers le développement.
L’initiative marque une rupture avec le modèle traditionnel en soulignant que l’Afrique est paradoxalement un exportateur net de capitaux. Des experts comme Carlos Lopes ont insisté sur la nécessité de restructurer l’écosystème financier pour réduire le coût élevé du capital, souvent gonflé par des perceptions erronées. L’objectif est de passer d’une dépendance extérieure à une véritable souveraineté financière en mobilisant davantage le secteur privé, à l’image du Plan national de développement ivoirien 2026-2030 qui mise à 70 % sur l’investissement privé.
Cette rencontre devrait aboutir au « Consensus d’Abidjan », un acte fondateur prévoyant la création d’instruments concrets tels que des mécanismes de garantie et des outils de cofinancement. En instaurant une coordination permanente entre les acteurs publics et privés, la NAFA aspire à offrir au continent une agence financière propre, capable de résister aux chocs géopolitiques et climatiques mondiaux.














