Le ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, Moussa Moïse Sylla, s’est exprimé sur la couverture sanitaire accordée aux artistes guinéens.
Il a dénoncé des dérives et des pratiques jugées frauduleuses de la part de certains bénéficiaires, en complicité avec des agents de santé: « Cette carte d’assurance, je pense que c’est une exception sur le continent. vous pouvez aller vous faire soigner gratuitement. Les produits pharmaceutiques, vous ne payez absolument rien. Vous êtes hospitalisés gratuitement. Vos examens médicaux sont faits gratuitement. Et quand c’est gratuit, le Guinéen exagère. Le constat a été fait à plusieurs reprises.
Vous avez des malades qui déambulent, qui ont de petits maux, de simples céphalées, et qui vont à la pharmacie. En complicité avec certaines personnes, ils gonflent les médicaments à percevoir. Après être passés chez un docteur, ils se font prescrire des médicaments dont ils n’ont pas besoin. Ils inscrivent une ordonnance de 20 millions. Arrivés à la pharmacie, au lieu de recevoir les produits pour ce montant, ils prennent des produits qui ne coûtent que 500 000 francs, et le reste de l’argent est partagé. Ils font cela à plusieurs reprises, et nous avons été confrontés à ce genre de cas. », a-t-il déploré.
Ainsi, le ministre avertit : « Nous serons obligés, à cause du comportement de certains, de fermer un tout petit peu le robinet », a-t-il mis en garde.
Pour Moussa Moïse Sylla, il serait préférable de privilégier les personnes âgées et réellement malades: « L’État met chaque année 10 milliards de francs à disposition pour permettre à cette police d’assurance d’être efficace. C’est un exemple. Vous avez de vrais malades, des doyens de plus de 75 ans, qui ont tout donné au pays. Maintenant que ce mécanisme existe, il faut qu’ils soient pris en charge. Vous avez donc des doyens très malades : 10 personnes, parmi un peu plus d’un millier, peuvent consommer 30 % des 10 milliards. Cela est normal, parce qu’ils sont réellement malades », a-t-il insisté.
Face à cette situation, les autorités comptent renforcer les mécanismes de contrôle pour préserver la viabilité du système.
Le ministre a ainsi instruit le Bureau Guinéen du Droit d’Auteur (BGDA) ainsi que les structures d’assurance de veiller à un strict contrôle: « J’aimerais informer tout le monde que désormais, j’ai donné des instructions au BGDA et aux assurances, tout sera contrôlé. Les hospitalisations, les prescriptions de médicaments, tout sera contrôlé. Nous ne voulons pas que quelques personnes profitent de cette politique d’assurance pour s’enrichir. C’est un mécanisme progressif, mais si la consommation se fait de la sorte, les fonds seront rapidement épuisés. Il faut éviter de tels abus. C’est une justice réparatrice, il faut éviter d’en profiter à outrance au détriment des véritables malades. »
Marliatou Sall
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