À Forécariah, la route reliant Moribaya à Konta, longue de 22 kilomètres, offre aujourd’hui un spectacle peu reluisant. Aucun bitume pour l’instant sur ce trajet.
Fortement dégradée en raison du nombre de camions chargés de latérite, elle est devenue, en cette saison sèche, une véritable source de souffrance pour les populations riveraines. Du matin au soir, un voile de poussière flotte dans l’air, s’infiltrant partout et rendant les conditions de vie particulièrement pénibles.
C’est justement pour dénoncer cette triste réalité que des riverains ont barricadé la route par endroits. Une situation qui provoque d’énormes embouteillages avec une longue file d’attente de camions. Moussa Sylla, assis sous un manguier, explique: « On souffre trop. Regardez vous-mêmes, est-ce que cette situation est normale ? Vous allez voir, le goudron s’arrête en ville. Pendant ce temps, le port se trouve ici. Plus de 100 camions défilent tous les jours et personne ne pense aux dangers de cette pollution de l’environnement. On fait ça pour attirer l’attention des décideurs. Pour nous, le goudron est un droit, donc on va fermer la route pour préserver notre santé. »

Au-delà de l’inconfort et des problèmes de santé, les habitants évoquent aussi les risques liés à la circulation. La visibilité réduite par la poussière sur cette route augmente les dangers pour les usagers, notamment les enfants et les personnes âgées. Face à cette situation, les riverains lancent un appel pressant aux autorités afin que des mesures urgentes soient prises pour améliorer leurs conditions de vie.
En attendant, à Moribaya, la poussière continue de rythmer le quotidien des habitants, entre résignation et espoir d’un changement.
De retour de Forécariah,
Amadou Diallo













