Le tribunal de première instance de Dixinn a rendu son verdict ce lundi 27 avril 2026 dans l’affaire Moussa Oularé. Le jeune homme, poursuivi pour des propos discriminatoires tenus sur les réseaux sociaux à l’encontre d’une communauté de la Guinée forestière, a été lourdement sanctionné.
À la barre, le prévenu, vêtu d’un ensemble bleu, a affiché une attitude repentante. Reconnaissant avoir offensé une partie de la population à travers une vidéo devenue virale, il a présenté ses excuses publiques. Moussa Oularé a tenté de justifier son acte en affirmant qu’il n’avait pas mesuré la portée réelle de ses propos au moment de l’enregistrement.
Cette ligne de défense n’a pas convaincu le procureur Sidiki Camara. S’étant autosaisi de l’affaire, le ministère public a fustigé un comportement délibéré. Selon le procureur, le prévenu a sciemment tenu des propos haineux envers une communauté qu’il côtoie pourtant depuis de nombreuses années. Pour marquer la sévérité de la loi face aux dérives sur Internet, le parquet a requis la peine maximale prévue.
Bien que l’avocat de la défense, Maître Malick Kémoko Diakité, ait plaidé la clémence en reconnaissant la gravité des faits, le juge a suivi les réquisitions du ministère public. Statuant en matière de flagrant délit, le tribunal a condamné Moussa Oularé à 5 ans d’emprisonnement ferme et 10 millions de francs guinéens d’amende.
À l’énoncé du verdict, le condamné s’est effondré en larmes, implorant une dernière fois le pardon du tribunal. Cette décision forte intervient dans un contexte de lutte accrue contre les discours de haine et l’ethnocentrisme sur les plateformes numériques en Guinée.
En direct du TPI, AOB













