Le procès de Badra Aliou Cheickna Koné et de plusieurs autres personnes s’est ouvert ce mercredi 29 avril 2026, devant la chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF).
L’État guinéen, représenté par l’Agent judiciaire de l’État, poursuit les prévenus pour des faits présumés de détournement de deniers publics, corruption d’agents publics, faux et usage de faux en écritures publiques, escroquerie, prise illégale d’intérêt, conflit d’intérêt, enrichissement illicite, blanchiment de capitaux et complicité.
Appelé à la barre, l’ensemble des prévenus se sont présentés et ont déclaré être disposés à être jugés. À l’exception du principal accusé, les autres ont ensuite regagné le box des accusés.
Badra Aliou Cheickna Koné, publicitaire de profession, né le 13 juin 1980 a Conakry et père de huit enfants, a été formellement identifié par la Cour. Le juge Alpha Camara lui a rappelé qu’il est poursuivi notamment pour un présumé détournement de 240 milliards de francs guinéens.
Avant toute réponse au fond, la défense a soulevé une exception préjudicielle. Me Lanciné Sylla a sollicité la suspension des poursuites jusqu’à la proclamation des résultats des élections du 31 mai, invoquant l’article 66 du code électoral qui, selon lui, protège les candidats contre des poursuites hors cas de flagrance. Une demande immédiatement rejetée par le ministère public, qui a estimé l’argument infondé tant sur la forme que sur le fond, appelant au rejet de l’exception et à la poursuite des débats.
Le parquet a également soutenu que les dispositions invoquées ne seraient pas opposables à la CRIEF, s’appuyant sur l’ordonnance portant création et fonctionnement de cette juridiction spécialisée. Les avocats de la partie civile ont appuyé cette position. Après avoir entendu les différentes parties, la Cour, présidée par le juge Alpha Camara, a mis sa décision en délibéré sur cette exception préjudicielle. Aucune décision n’a encore été rendue.
Aboubacar Sidiki Camara














