Le régime du Niger a annoncé ce vendredi 8 mai la suspension d’une dizaine de médias français. Dans un communiqué lu à la télévision nationale, les autorités accusent ces organes de diffuser de manière répétée des contenus susceptibles de « mettre gravement en péril l’ordre public ».
Selon l’Observatoire national de la communication (ONC), sont concernés : France 24, RFI, France Afrique Media, LSI Africa, Agence France-Presse (AFP), TV5 Monde, TF1 Info, Jeune Afrique et Mediapart. Les autorités estiment que leurs productions pourraient porter atteinte à l’unité nationale, à la cohésion sociale et à la stabilité des institutions de la République.
Le communiqué précise que la décision est d’application immédiate et qu’elle s’étend aux bouquets satellitaires, aux réseaux câblés, aux plateformes numériques, aux sites internet ainsi qu’aux applications mobiles. RFI et France 24 avaient déjà été suspendus quelques jours après le putsch, tandis que la BBC avait été frappée d’une mesure similaire en décembre 2024.
Cette annonce intervient dans un contexte régional marqué par un durcissement des relations entre plusieurs États sahéliens et les médias occidentaux. Mardi, le Burkina Faso, allié du Niger et du Mali au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), a également interdit la diffusion de TV5 Monde après avoir suspendu plusieurs médias occidentaux. La décision nigérienne survient enfin à quelques jours d’un sommet important prévu au Kenya entre la France et plusieurs pays africains.
Mohamed Béné Barry














