Les débats ont repris devant la chambre de jugement de la CRIEF dans le procès d’Alpha Mohamed Kallo, l’ancien directeur général de la Banque nationale d’investissement de Guinée (BNIG). Interrogé par le président de la cour, le magistrat Alpha Camara, le prévenu a fermement plaidé non coupable face à la lourde panoplie de charges qui pèse sur lui, incluant le détournement présumé de 75 milliards de francs guinéens, la corruption et le blanchiment de capitaux.
Pour sa défense, l’ancien banquier a rejeté toute responsabilité individuelle dans l’octroi des lignes de crédit litigieuses, rappelant que les décisions stratégiques étaient collégialement validées par un comité d’investissement. Il a attribué le trou financier de 75 milliards à des créances accordées à des clients devenus injoignables sous la nouvelle direction, tout en réfutant catégoriquement les accusations de favoritisme envers des proches.
Le tribunal a également passé au crible le colossal patrimoine de l’accusé, estimé sur trois continents et évalué à l’aune de ses anciennes fonctions, où il émargeait à 128 millions de francs guinéens par mois. Alpha Mohamed Kallo a justifié la possession de ses actifs immobiliers et scolaires, comprenant des universités en Guinée, une villa à Paris acquise en 2007 pour 267 000 euros, ainsi qu’une propriété à Washington achetée en 1993 pour 365 000 dollars, en démontrant qu’ils provenaient de ses activités professionnelles entamées dès 1984, bien avant sa nomination à la tête de la BNIG en 2018.
Face à l’ampleur des pièces à examiner et à l’heure tardive, la cour a accédé à la demande de report formulée par la défense. L’affaire, qui maintient l’ancien dirigeant en détention provisoire depuis quatre ans, a été renvoyée au mercredi 10 juin 2026 pour la suite des auditions.














