Les présidents sénégalais, libérien, gabonais, mauritanien et bissau-guinéen entament ce mercredi 9 juillet 2025, une visite de 3 jours aux États-Unis avec, en point d’orgue, un « dialogue de haut niveau » et un « déjeuner de travail » avec Donald Trump.
Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye entame cette visite aux États-Unis dans un contexte économique tendu pour son pays. En marge d’un « dialogue de haut niveau » avec son homologue américain Donald Trump, le chef de l’État sénégalais espère arracher un appui décisif pour faire face à une dette publique record et éviter une nouvelle sanction migratoire.
Selon le Fonds monétaire international, la dette du Sénégal atteint désormais 111,4 % de son PIB un niveau jugé alarmant. Le président Diomaye Faye, élu en mars dernier, tente depuis son arrivée au pouvoir de restaurer la transparence des finances publiques, mises à mal par des pratiques douteuses sous l’administration précédente.
L’une de ses priorités à Washington est donc claire, obtenir le déblocage d’un prêt de 1,8 milliard de dollars suspendu par le FMI depuis plus d’un an. Selon nos confrères de RFI, une source diplomatique sénégalaise indique que le chef de l’État espère que Donald Trump fera pression sur les institutions de Bretton Woods afin d’accélérer la reprise des décaissements.
Ce soutien est d’autant plus vital que le Sénégal cherche désespérément à récupérer des marges de manœuvre budgétaires pour faire face à ses engagements sociaux et aux investissements prioritaires.
Mais la question migratoire pourrait également peser lourdement sur cette visite. Washington envisage d’élargir son travel ban à une série de pays africains, dont le Sénégal. En cause, l’arrestation de plus de 20 000 Sénégalais à la frontière mexicaine entre janvier et juillet 2024, un cchiffre 10 fois plus élevé qu’en 2023. Cette hausse spectaculaire inquiète les autorités américaines, qui reprochent à certains États africains de ne pas coopérer suffisamment en matière de réadmission.
Pour Dakar, une telle interdiction de voyager constituerait un coup dur. Plus de 30 000 Sénégalais vivent actuellement aux États-Unis, et leurs transferts de fonds sont devenus une source financière majeure, dépassant même l’aide publique au développement. « Il y a un enjeu humain, économique et symbolique derrière cette diaspora », confie un diplomate sénégalais.
Entre pression financière et tension migratoire, Bassirou Diomaye Faye joue gros à Washington. Cette visite pourrait bien marquer un tournant dans les relations sénégalo-américaines, à condition que la Maison Blanche accepte de tendre la main.
Aboubacar Sidiki Camara














