Une nouvelle fracture semble se dessiner au sein du RPG Arc-en-ciel. M’Bany Sangaré, secrétaire général du bureau national de la jeunesse du parti, a récemment exprimé lors d’une conférence de presse sa volonté de voir le RPG repartir sur de nouvelles bases, sans Alpha Condé et sans la coalition Arc-en-ciel. Une sortie médiatique qui n’a pas tardé à provoquer une vive réaction de la part de Marc Yombouno, ancien ministre du commerce et cadre influent du parti.
Lors de cette conférence tenue le 27 juin dernier à Conakry, M’Bany Sangaré a dénoncé ce qu’il considère comme la dérive du RPG depuis sa transformation en RPG Arc-en-ciel. Selon lui, « le mot arc-en-ciel » est à l’origine des divisions internes et du dysfonctionnement du parti. Il appelle à une rupture claire avec cette structure pour un retour aux fondamentaux.
M. Sangaré estime que seul un retour au RPG originel pourrait permettre une véritable relance politique et une reconquête du pouvoir, et propose même que le parti se mette au service du Général Mamadi Doumbouya. Il n’exclut pas que ce dernier puisse devenir président ou président d’honneur du parti d’Alpha Condé.
Ces propos n’ont pas laissé Marc Yombouno indifférent. L’ancien ministre dénonce une tentative de division orchestrée par un « petit groupe » au sein du parti. Il rappelle que le RPG seul n’a pas permis la victoire en 2010, soulignant que c’est grâce à la coalition Arc-en-ciel que le parti a pu accéder au pouvoir. « Le RPG tout simplement, en 2010, n’a eu que 18 %. C’est l’alliance avec d’autres forces politiques qui a permis la victoire. »
Marc Yombouno insiste également sur la légalité du RPG Arc-en-ciel, qu’il considère comme le seul parti reconnu et structuré à ce jour. « Le RPG Arc-en-ciel, le nouveau-né de cette vision, a gagné trois élections majeures. Ceux qui parlent aujourd’hui d’un RPG originel s’expriment au nom d’un parti qui n’existe plus juridiquement. »
Il appelle à l’apaisement et au respect des règles internes du parti, en soulignant que tout changement majeur, y compris la présidence du parti, doit être décidé lors d’un congrès, et non à travers des conférences de presse ou sur les réseaux sociaux. « Le professeur Alpha Condé reste le président du parti. C’est le congrès qui décide, pas des déclarations publiques. »
Alors que les tensions internes s’exacerbent, l’avenir du RPG Arc-en-ciel semble suspendu entre loyauté au passé et désir de renouveau. Une clarification pourrait bien venir lors du prochain congrès du parti, encore hypothétique à ce jour.
Aboubacar Sidiki Camara














