Plus d’un an après les disparitions inquiétantes des figures de la contestation guinéenne, notamment du Front pour la Défense de la Constitution (FNDC), Oumar Sylla, alias Foniké Menguè, et Mamadou Billo Bah, le Premier ministre Bah Oury s’est exprimé sur RFI, ce vendredi 8 août 2025, appelant à la prudence et au respect de la douleur des familles.
Interrogé sur l’absence de résultats concrets dans l’enquête ouverte depuis 13 mois, Bah Oury a reconnu la lenteur du processus judiciaire tout en affirmant la volonté de l’État d’aller au bout des investigations: « Je souhaite ardemment qu’on puisse les retrouver sains et saufs », a-t-il déclaré, ajoutant que la gestion de tels dossiers exigeait « sérieux, prudence et discrétion » pour ne pas tomber dans une instrumentalisation émotionnelle ou politique.
Bah Oury a confirmé qu’une enquête judiciaire avait bien été ouverte dans les jours qui ont suivi les disparitions, mais a admis qu’à ce stade, aucune information vérifiable ni conclusion n’a encore été rendue publique. Il a appelé à éviter toute spéculation, rappelant la dimension humaine et dramatique de ces disparitions pour les familles et les proches: « La vie humaine est sacrée. Et quand on s’exprime sur ce genre de sujets, il faut éviter de faire miroiter des espoirs sans fondement. »
Pour illustrer son propos, le Premier ministre a évoqué le cas de Claude Pivi, condamné dans le cadre du procès du massacre du 28 septembre 2009, qui avait également disparu après sa condamnation. Donné pour mort par certains, il avait finalement été retrouvé vivant plusieurs mois plus tard, réintégré à la prison de Conakry: « On a entendu beaucoup de choses sur son sort. Mais il a fallu du temps avant d’avoir une information fiable. »
Par cette comparaison, Bah Oury invite à la patience tout en réaffirmant que le gouvernement reste mobilisé pour faire la lumière sur le sort de Foniké Menguè et Mamadou Billo Bah.
Pendant que les autorités appellent à la retenue, les familles des disparus dénoncent une absence totale de communication et de résultats concrets, plus d’un an après les faits. Pour elles, ce silence équivaut à une forme de déni, voire de complicité. Des organisations de défense des droits humains, tant locales qu’internationales, ont également appelé à une enquête indépendante et transparente, sans grand écho jusqu’à présent.
Décryptage: Amadou Diallo














