Il est 23 heures à Conakry. De Kipé à Nongo, en passant par Fossidet, Yattayah, jusqu’à la T6 et Cosa, le constat est le même. Les stations-service sont pour la plupart fermées, et aucun camion-citerne n’est visible en train de décharger du carburant.
Sur l’ensemble de ce trajet parcouru par notre équipe, les infrastructures sont désertes. seuls quelques lampadaires fonctionnent encore, et des agents de sécurité veillent sur les lieux.
À Cosa, nous avons rencontré Alpha Oumar, gérant d’une station, alors qu’il s’apprêtait à fermer. Interrogé sur une éventuelle réception de carburant cette nuit, il a été formel: « À Total, aucun camion ne circule la nuit avec du carburant, que ce soit du gazole ou, pire, de l’essence. C’est dangereux ! Et s’il arrive la nuit, qui va le jauger ? Qui va le dépoter ? Ce n’est pas pour rien que c’est écrit ‘inflammable’. Ne vous attendez pas à voir un camion cette nuit. Peut-être demain matin, vers 9h. Mais pas cette nuit. Je rentre, là. On a un groupe WhatsApp. Dès qu’un camion bouge avant 18 heures, on est informés », a-t-il expliqué tout en fermant la dernière porte.
Même ambiance à Nongo. Juste après le rond-point, une station-service se dresse à droite. À notre arrivée, le gérant, assis dans son véhicule, s’apprêtait également à partir. Lui aussi confirme: « Même s’ils s’attendaient à une livraison cette nuit, il est déjà 23 heures. Vous n’aurez pas d’essence, ni cette nuit, ni à 6h, ni à 7h. Peut-être vers 9h, parce qu’il y a tout un processus de contrôle derrière. »
Avant de conclure: « Demain matin, les gens vont galérer jusqu’à au moins 10 heures. Moi, j’ai déjà prévu un motard pour déposer les enfants, car la voiture de madame est à sec. Ce n’est pas de notre faute. »
Cette grève des conducteurs de camions-citernes, qui interdit le transport de carburant de nuit, commence déjà à se faire ressentir sur le quotidien des citoyens. Une pénurie temporaire semble inévitable en attendant la reprise normale des livraisons, probablement dans la matinée de ce mercredi 8 octobre 2025.
Amadou Diallo














