Le 8 mars de chaque année marque la journée internationale dédiée aux droits des femmes. Cette année, la Guinée a célébré cette journée en différé. C’est le stade Petit Sory de Nongo qui a servi de cadre à cet événement, en présence du Chef de l’État Mamadi Doumbouya.
Devant des femmes fortement mobilisées, Madame la ministre de la Femme, de la Famille et des Solidarités, Pauline Adeline Patricia Lamah, a exposé les difficultés auxquelles le genre féminin est confronté. « De nombreuses femmes rencontrent des difficultés pour faire valoir leurs droits en raison du coût des procédures, de l’éloignement des services, du manque d’information, mais aussi des pressions sociales. Dans ces conditions, l’égalité devant la Loi reste un objectif qui demande des efforts constants », a-t-elle fait remarquer.

Toutefois, elle reconnaît que des progrès ont été réalisés dans le cadre de la promotion et de la protection de la couche féminine en Guinée. « La Guinée dispose aujourd’hui de cadres importants : la politique nationale genre, la stratégie de lutte contre les violences basées sur le genre, le guichet unique de prise en charge, l’action de l’OPROGEM et des structures de protection, l’instauration d’un quota de 30 % de femmes dans les instances de prise de décision constituent une avancée significative. Mais entre les textes et les réalités, il existe encore des écarts. Et c’est sur ces écarts que nous devons agir, car l’accès à la justice doit devenir une réalité pour chaque femme dans chaque localité de notre pays », a déclaré Mme la ministre de la Femme, de la Famille et des Solidarités.

Poursuivant, elle rappelle que l’accès à la justice ne se limite pas, insiste-t-elle, à l’existence des tribunaux, « c’est aussi la capacité pour chaque femme d’être écoutée, accompagnée et protégée. »
Ainsi, elle entend poursuivre les efforts de ses prédécesseurs pour, assure-t-elle, rendre la justice plus accessible, améliorer la prise en charge des victimes, renforcer la présence des femmes dans le système judiciaire et développer les mécanismes d’assistance juridique.

Parlant des perspectives, elle persiste sur l’autonomisation des femmes, qu’elle considère comme un facteur essentiel. « Une femme sans autonomie économique reste plus vulnérable. »
Représentant 51,8 % de la population en Guinée, elle sollicite la présence des femmes dans les instances de prise de décision, dans l’économie et dans d’autres opportunités.
Au-delà des politiques publiques, elle suggère qu’on agisse sur les mentalités en disant aux filles qu’elles sont aussi capables.
En ce qui concerne les priorités, Patricia Lamah pense qu’il serait préférable de : « renforcer l’accès à la justice, assurer et veiller à l’application des textes et accélérer l’autonomisation des femmes. »

Pour finir, elle a salué le courage et la bravoure des femmes de Guinée. « Je salue les femmes de Guinée, celles qui se battent, qui travaillent et contribuent au développement de la Guinée. Elles sont une force essentielle pour notre nation. »
Elle a également rendu hommage aux femmes décédées.
À noter que le Président Mamadi Doumbouya, bien que présent, n’a pas tenu de discours à cette occasion.
Marliatou Sall














