L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a lancé un cri d’alarme ce lundi 25 mai 2026, qualifiant de critique la gestion de l’épidémie d’Ebola qui frappe l’est de la République démocratique du Congo. Dix jours après sa détection dans les zones sanitaires de Rwampara et de Mongbwalu, en Ituri, le virus s’est propagé aux provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, totalisant déjà 220 décès suspects et plus de 900 cas intégrés à la surveillance.
Face à l’absence de vaccin contre cette souche spécifique, les ministres de la Santé de la RDC, de l’Ouganda et du Soudan du Sud se sont réunis en urgence à Kampala pour harmoniser la riposte régionale. Le principal défi reste la résistance d’une partie de la population locale, nourrie par de fausses informations et des croyances mystiques liées à la sorcellerie qui occultent la réalité médicale de la maladie. Cette hostilité populaire a basculé dans la violence la semaine dernière, lorsque des groupes de jeunes ont incendié les installations d’isolement et de traitement des hôpitaux généraux de Rwampara et de Mongbwalu.
Selon le directeur médical de l’établissement de Mongbwalu, le Docteur Richard Lokodi, ces attaques ciblées ont semé la panique parmi le personnel soignant et provoqué la fuite immédiate de dix-huit patients hautement suspects qui étaient maintenus à l’isolement. Cette dispersion de malades non traités au sein de la communauté fait peser un risque majeur d’accélération des contaminations et paralyse les efforts logistiques des équipes médicales de terrain, obligées de composer avec un climat d’insécurité permanente.
Pour tenter de désamorcer cette crise, les structures locales se mobilisent aux côtés des chefs de quartiers, des représentants de la société civile et des leaders communautaires afin d’intensifier la sensibilisation et de restaurer la confiance. À l’échelle régionale, le renforcement du filtrage sanitaire aux frontières et le partage d’informations en temps réel ont été actés avec l’appui de l’OMS et d’Africa CDC pour bloquer l’exportation du virus vers les pays limitrophes d’Afrique de l’Est.
Cette coordination transfrontalière s’avère d’autant plus urgente que des restrictions consulaires et des contrôles renforcés commencent déjà à être appliqués à l’échelle internationale pour contenir l’épidémie.














