L’épidémie d’Ebola qui frappe actuellement la République démocratique du Congo (RDC) progresse à une vitesse alarmante, avec un bilan officiel dépassant désormais les 2 000 cas recensés et plus de 750 décès, principalement localisés dans la province de l’Ituri. Déclarée à la mi-mai, cette crise sanitaire s’impose déjà comme la troisième plus importante épidémie de l’histoire du pays et la plus rapide jamais enregistrée en termes de propagation mensuelle.
Face à cette flambée qui s’étend désormais à quatre autres provinces congolaises ainsi qu’à l’Ouganda voisin, les acteurs humanitaires comme Médecins sans frontières (MSF) s’alarment d’une situation critique où le nombre de personnes contaminées a triplé en à peine plus d’un mois.
Cette dynamique fulgurante cache une réalité potentiellement bien plus sombre, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estimant que l’ampleur réelle de l’épidémie, causée par la souche Bundibugyo, pourrait être deux à quatre fois supérieure aux données officielles. De fait, près de 80 % des nouvelles contaminations proviennent de chaînes de transmission inconnues, et de nombreux malades s’éteignent directement au sein de leur communauté sans avoir pu accéder à une structure de santé.
Malgré l’augmentation des capacités logistiques, notamment le passage à quatorze laboratoires de dépistage opérationnels, la riposte peine encore à devancer la progression du virus sur le terrain.
Face à l’absence de vaccin homologué pour cette souche spécifique, la lueur d’espoir repose sur le lancement, ce mardi, d’un premier essai clinique évaluant l’efficacité de l’antiviral oral obeldesivir. Administré en traitement préventif chez les cas contacts, ce traitement expérimental pourrait s’avérer décisif pour briser les chaînes de contamination.














