Le parquet du tribunal criminel de Dixinn a requis, ce jeudi, trois ans d’emprisonnement ferme contre Haby Diallo, poursuivie pour l’enlèvement présumé d’un nourrisson au Centre médico-communal (CMC) de Ratoma. Dans cette affaire qui a suscité une vive émotion, le ministère public a également requis un an d’emprisonnement, dont six mois assortis de sursis, contre Kadiatou Bangoura et Djenab Diallo, poursuivies comme complices présumées.
En revanche, le parquet a demandé l’acquittement de la sage-femme Fatoumata Condé, estimant que les faits qui lui sont reprochés ne sont pas constitués.
L’audience, qui s’est tenue ce jeudi devant le tribunal criminel de Dixinn, a duré près de dix heures. À la barre, Haby Diallo, 43 ans, gestionnaire à la Direction générale des Impôts (DGI), a reconnu sans ambages les faits qui lui sont reprochés par Makalé Camara, mère du nourrisson. En larmes, l’accusée a expliqué avoir agi dans le but de préserver son foyer. Mariée à Sory Kaba, elle a relaté avoir vécu un premier mariage difficile, marqué, selon elle, par l’abandon de son époux après la naissance de leur enfant. Craignant de revivre une nouvelle séparation après avoir perdu une grossesse de cinq mois, elle a reconnu avoir enlevé le bébé au CMC de Ratoma le 1er octobre 2025. Face à la mère de l’enfant, elle a demandé pardon, les yeux remplis d’émotion.
Appelée à son tour à la barre, Fatoumata Condé, sage-femme à la clinique Fotoba de la Tannerie, a rejeté les accusations portées contre elle par Haby Diallo. Cette dernière l’avait désignée comme la personne ayant participé à la planification de l’enlèvement. La sage-femme a affirmé avoir uniquement rempli un carnet d’accouchement à la demande de l’accusée, qu’elle accuse d’avoir simulé un faux accouchement.
De son côté, Kadiatou Bangoura, sage-femme à l’hôpital Flamboyant de Petit Simbaya, a reconnu avoir établi une fausse déclaration de naissance en faveur de Haby Diallo afin de lui permettre d’obtenir un extrait de naissance auprès des services de l’état civil de Ratoma.
Quant à Djenab Diallo, sœur de l’accusée, elle est poursuivie pour faux en écriture. Il lui est reproché d’avoir aidé sa demi-sœur à obtenir un acte de naissance grâce à l’intervention de son amie Kadiatou Bangoura.
Au terme des débats, le substitut du procureur, Fanka Oularé, a estimé que les charges retenues contre Haby Diallo étaient suffisamment établies. Il a requis trois ans d’emprisonnement ferme contre la principale accusée pour enlèvement présumé d’enfant. Contre Kadiatou Bangoura et Djenab Diallo, le ministère public a requis un an d’emprisonnement, dont six mois avec sursis. En revanche, il a sollicité l’acquittement de Fatoumata Condé, estimant que les éléments de preuve étaient insuffisants pour retenir sa responsabilité pénale.
La défense de Haby Diallo a, pour sa part, plaidé les circonstances atténuantes. Ses avocats ont mis en avant les aveux de leur cliente ainsi que sa collaboration avec la justice, estimant que son attitude a largement contribué à la manifestation de la vérité.
À l’issue des plaidoiries et des réquisitions, le tribunal a mis l’affaire en délibéré. Le verdict est attendu ce vendredi, au cours d’une audience qui examinera également plusieurs autres dossiers criminels, dans un contexte marqué par l’approche des vacances judiciaires.
AOB














