Le tribunal de première instance (TPI) de Dubréka a examiné, ce mardi 4 août 2026, une nouvelle série de dossiers liés à l’exploitation économique de mineurs. Quinze personnes, en majorité des femmes, ont comparu devant le tribunal correctionnel dans le cadre de la campagne engagée par le parquet contre le délaissement d’enfants hors d’état de se protéger.
Parmi les prévenus figure Marie Lamah, poursuivie pour avoir envoyé son fils Nestor Lamah, âgé de 15 ans, vendre des feuilles de patate sur des plateaux dans la rue.
Âgée de 23 ans et coiffeuse de profession, Eliza Kalivogui est également poursuivie pour avoir fait vendre des œufs dans la rue par sa sœur Koé Kalivogui, âgée de 17 ans.
Fatoumata Fofana, née en 1994 à Forécariah et domiciliée à Kenendé, est accusée d’avoir envoyé sa fille de 14 ans vendre de l’eau dans la rue.
Abdoulaye Sow, né en 1969 à Kindia, boucher à Néguéya et père de dix enfants, est poursuivi pour avoir fait transporter des seaux d’eau par deux de ses enfants, âgés respectivement de 10 et 8 ans.
Marie Nikavogui, née en 1999 à Macenta et domiciliée à Tanènè, est également poursuivie pour avoir exploité économiquement son frère Alphonse Nikavogui, âgé de 15 ans.
Djenabou Soumah, née en 1996 et vendeuse d’attiéké domiciliée à Néguéya, est accusée d’avoir envoyé sa fille M’Mah Soumah, âgée de 14 ans, vendre de l’eau.
Mabinty Camara, marchande domiciliée à Bondabon, est quant à elle poursuivie pour avoir fait transporter des bagages par sa fille M’Mah Sylla.
Cette liste n’est pas exhaustive. Au total, une quinzaine de prévenus étaient appelés à comparaître. Tous ont reconnu les faits qui leur sont reprochés et se sont engagés à ne plus exposer leurs enfants à de telles pratiques.
Dans ses réquisitions, le ministère public, représenté par le substitut du procureur Cécé Roger Kolié, a rappelé les nombreux risques encourus par les enfants livrés à eux-mêmes dans les rues, notamment les enlèvements, les accidents de la circulation, les violences sexuelles et d’autres formes d’exploitation.
Tenant compte de la reconnaissance des faits, des regrets exprimés par les prévenus ainsi que de leur situation personnelle, le parquet a requis une peine de trois mois d’emprisonnement avec sursis contre chacun d’eux.
Le tribunal a mis l’affaire en délibéré. La décision est attendue le 11 août 2026.
Aboubacar Sidiki Camara














