L’affaire des 17 personnes interpellées à Koba, dans la préfecture de Kankan, suscite de nombreuses réactions. Face aux informations circulant autour de cette opération, le procureur de la République près le Tribunal de première instance de Kankan, Fodé Bintou Keïta, a apporté des précisions sur l’origine de la procédure, les circonstances des interpellations et le traitement réservé aux personnes arrêtées. Il écarte notamment tout lien avec une quelconque affaire d’exploitation illicite des ressources naturelles.
Selon le procureur Fodé Bintou Keïta, un citoyen de Koba avait saisi les autorités pour des faits présumés de vol par effraction et de vol en réunion : « Les officiers de police judiciaire, dans l’exercice de leurs fonctions, ont déposé les différentes convocations, attestant ainsi du refus de certains citoyens de comparaître. Face à cette situation, le parquet a délivré une réquisition aux fins de comparution forcée, conformément à la loi », a expliqué le magistrat.
À la suite de cette réquisition, les forces de l’ordre se sont rendues dans la localité afin de procéder à l’interpellation des personnes recherchées. Le procureur indique que quatre présumés mis en cause étaient particulièrement ciblés par l’opération: « Les forces de l’ordre sont parvenues à interpeller certains d’entre eux, tandis que d’autres n’ont pas pu être appréhendés », a-t-il précisé.
L’opération a toutefois provoqué une montée de tension dans la localité. D’après le procureur, certains jeunes se sont opposés à l’intervention des forces de l’ordre et auraient notamment érigé des barricades sur la voie publique. Face à cette situation, le parquet a requis le concours de la force publique. Des éléments de la gendarmerie et de la Brigade anti-criminalité ont alors été déployés à Koba : « Plusieurs personnes ont alors été interpellées et conduites à la Brigade de recherches de Kankan pour des faits présumés de violences, de troubles à l’ordre public et d’opposition à l’exercice des fonctions d’un agent public », a indiqué Fodé Bintou Keïta.
Au total, 17 personnes ont été interpellées dans le cadre de cette seconde phase de l’intervention. Après examen de leurs situations individuelles, le parquet a décidé de libérer 16 d’entre elles: « En vertu du principe de l’opportunité des poursuites et en tant que directeur des enquêtes, nous avons décidé de libérer ces différentes personnes. Elles sont donc rentrées chez elles », a déclaré le procureur.
Le magistrat s’est également exprimé sur le cas d’Aly Diawara, présenté comme la 17ᵉ personne interpellée. Selon Fodé Bintou Keïta, les éléments recueillis au cours de la procédure indiquent que l’intéressé « s’était effectivement opposé à la force publique et avait participé à la barricade de la voie publique ». Toutefois, le procureur précise qu’Aly Diawara aurait subi une fracture à un doigt au cours des événements. Pour cette raison, il a été remis à sa famille afin de recevoir des soins, tout en étant tenu de se présenter devant la justice lorsque cela sera requis.
Concernant le dossier initial portant sur les faits présumés de vol, le procureur affirme que les enquêteurs disposent désormais d’éléments suffisants à l’encontre du principal présumé mis en cause : « Après avoir lu les pièces de la procédure et examiné les charges, nous avons pris la responsabilité de le priver de sa liberté et d’orienter le dossier en flagrant délit afin qu’il soit jugé conformément aux délais prévus par le Code de procédure pénale », a-t-il déclaré.
Le magistrat affirme également que l’un des suspects aurait été formellement identifié par le gardien des lieux ainsi que par le propriétaire des biens concernés. Alors que certaines informations avaient fait état d’un possible lien entre les événements de Koba et une affaire d’exploitation illicite des ressources naturelles, le procureur de Kankan rejette catégoriquement cette interprétation : « Les personnes poursuivies dans ce dossier le sont pour des faits de vol aggravé portant sur des biens appartenant à un citoyen de la même localité », a insisté Fodé Bintou Keïta. Le parquet rappelle ainsi que les interpellations s’inscrivent dans le cadre d’une procédure judiciaire liée à des faits présumés de vol, puis à des incidents survenus lors de l’intervention des forces de l’ordre.
À ce stade, les personnes concernées demeurent présumées innocentes jusqu’à l’intervention d’une décision de justice définitive. La procédure judiciaire se poursuit conformément aux dispositions légales en vigueur.
Amadou Diallo














