L’annonce de la candidature de la Guinée à l’organisation des Coupes d’Afrique des Nations (CAN) 2032-2036 suscite des réactions contrastées dans le milieu sportif. Si certains saluent l’ambition affichée par les autorités, d’autres appellent à davantage de prudence au regard de l’état actuel des infrastructures du pays. Parmi les voix sceptiques figure le journaliste sportif Hamidou Bangoura.
Selon lui, la Guinée devrait d’abord se concentrer sur la réalisation des infrastructures annoncées avant de se positionner pour l’organisation d’une compétition de cette envergure. « Les ambitions, c’est bien, mais il faut aller doucement. Déjà, peut-être d’aucuns verront que six ans c’est beaucoup, mais pour un pays qui met quatre ans à rénover un stade, je pense qu’il fallait être prudent et se mettre au travail. Une fois que les résultats commenceront à être visibles sur le terrain, on aurait manifesté la volonté d’organiser une coupe d’Afrique des Nations. Je pense qu’on s’est un peu précipité, même s’ il y a la volonté politique, même si les chefs d’État ont envie d’accompagner, mais c’était bien de travailler tranquillement sans se mettre de la pression, sans tous ces effets d’annonce-là. C’est se mettre au travail comme ce que font les autres ailleurs. Aujourd’hui, le Burkina, c’est plus d’un stade homologué. Le Sénégal, c’est plus d’un stade homologué. La Côte d’Ivoire, c’est plus d’un stade homologué. Si un pays se retrouve dans des conditions comme celle où vous avez deux, trois stades qui sont homologués, maintenant on va penser aux infrastructures routières. Et ensuite, vous allez formuler la volonté d’organiser une coupe d’Afrique des Nations parce qu’on n’oublie pas que ça demande aussi des infrastructures routières. Aujourd’hui, quelqu’un qui prend un taxi pour aller à Labé, tu mets plus de 10 heures », a déclaré Hamidou Bangoura.
Le journaliste met notamment en avant la lenteur observée dans la réalisation et la rénovation des infrastructures sportives. Il rappelle qu’il a fallu plusieurs années pour réhabiliter un seul stade, ce qui, selon lui, devrait inciter les autorités à faire preuve de réalisme avant de s’engager dans un nouveau projet.
« On met 4 ans à rénover un stade. Lorsqu’on paye 4 ans pour rénover un stade, il y a de quoi se poser des questions par rapport à ce délai de cette année. Et au-delà de ça, il ne faudrait pas qu’on considère l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations comme un événement accélérateur des infrastructures. Il faut se mettre au travail et mettre en place des infrastructures, CAN ou pas CAN. On a entendu que le Président a dit qu’il fallait travailler sur des infrastructures, mais aucune infrastructure n’a vu le jour. Celle dont on parle, c’est des infrastructures qui existaient, qui n’ont été que renouvelés. À Kankan, il n’y a pas d’infrastructures. À Labé, il n’y en a pas eu. C’est vrai qu’il dit qu’il n’y a pas eu d’infrastructures. Si on avait eu des infrastructures et que les travaux avaient avancé à 70%, on aurait dit qu’on est un pays assez travailleur et qu’on peut se lancer pour l’organisation CAN », a ajouté Hamidou Bangoura.
Tout en reconnaissant l’existence d’une volonté politique, Hamidou Bangoura appelle donc les autorités à privilégier les réalisations concrètes aux annonces. Pour lui, la Guinée pourra afficher plus sereinement ses ambitions lorsque les infrastructures sportives, routières et logistiques nécessaires seront effectivement visibles sur le terrain.
AOB














