Des tirs nourris et plusieurs détonations ont retenti dans la nuit de vendredi à samedi à Niamey, la capitale nigérienne, avant de se poursuivre aux premières heures de la matinée. Ces échanges de tirs ont fortement perturbé la circulation et paralysé plusieurs secteurs de la ville.
La télévision publique, Télé Sahel, a interrompu ses programmes dès 09 heures locales (08 heures GMT), laissant place à un écran noir. Par ailleurs, plusieurs sites stratégiques, notamment la présidence et les locaux de la télévision nationale, étaient bouclés par des militaires. Des automobilistes ont été contraints de rebrousser chemin.
Des échanges de tirs ont été signalés dans plusieurs quartiers de Niamey, où des véhicules militaires patrouillaient dans les rues. Les affrontements se seraient particulièrement concentrés autour de la base 101, située à proximité de l’aéroport international de la capitale, un site stratégique pour le régime dirigé par le général Abdourahamane Tiani depuis le coup d’État de juillet 2023.
Pour l’heure, l’origine de ces tirs reste inconnue. Selon plusieurs habitants, des rafales et des explosions ont été entendues de manière répétée durant la nuit. Des témoins ont également rapporté avoir vu des véhicules militaires contraints de faire demi-tour.
Face à la situation, le régime militaire a appelé au calme sur les réseaux sociaux et exhorté la population à ne pas relayer de rumeurs. Les autorités ont assuré que les forces de défense et de sécurité étaient mobilisées pour « protéger la patrie ».
La base 101 revêt une importance particulière. Elle abrite notamment le quartier général des partenaires russes de l’Africa Corps ainsi que l’état-major de l’Alliance des États du Sahel (AES). Le site avait déjà été pris pour cible par des groupes jihadistes, notamment l’État islamique et le JNIM, branche sahélienne d’Al-Qaida, lors d’attaques meurtrières en 2024.
Depuis le milieu des années 2010, le Niger fait face à des attaques jihadistes récurrentes, particulièrement dans la région de Tillabéri. Le pays est confronté à cette menace aux côtés du Mali et du Burkina Faso, avec lesquels il forme désormais l’Alliance des États du Sahel.
Les trois pays ont renforcé leurs relations avec la Russie après avoir rompu avec la France, qu’ils accusent régulièrement de chercher à déstabiliser leurs régimes. Des accusations fermement rejetées par Paris.
Le président renversé Mohamed Bazoum reste, quant à lui, détenu depuis le coup d’État de juillet 2023.
Avec l’AFP














