La levée du repos biologique après seulement deux mois, au lieu de trois, suscite des inquiétudes chez les acteurs de la pêche artisanale. Les pêcheurs craignent de rencontrer des difficultés pour reprendre leurs activités, notamment en raison de la présence des bateaux de pêche industrielle et semi-industrielle.
Pour certains acteurs du secteur, le mois de septembre aurait dû être maintenu dans la période de repos biologique. Ils estiment que la reprise de la pêche industrielle risque de compliquer davantage les activités des pêcheurs artisanaux, déjà confrontés aux tempêtes et aux vents violents en mer.
Fodé Camara, pêcheur, estime que le maintien du repos biologique jusqu’à la fin du mois de septembre aurait permis de mieux protéger la pêche artisanale.
« Ce mois de septembre, la pêche artisanale devait ravitailler le marché guinéen. Mais c’est justement ce mois-là qu’ils ont libéré les bateaux. Il serait donc difficile pour ceux de la pêche artisanale de pêcher avec les grands bateaux. Normalement, le repos biologique devrait s’étendre jusqu’à la fin du mois de septembre », explique-t-il.
Selon les responsables des différents débarcadères, la pêche artisanale contribue à hauteur de 80 % à l’approvisionnement du marché local, contre 15 % pour la pêche industrielle et 5 % pour la pêche semi-industrielle.
Les difficultés rencontrées par les pêcheurs artisanaux ont également des répercussions sur les marchés. Certains produits halieutiques se font de plus en plus rares, à l’image de la carpe rouge. « Actuellement même, il y a la rareté de certains poissons, notamment les carpes rouges », témoigne Maïmouna Camara, vendeuse de poissons.
Malgré ces difficultés, les vendeuses de poissons espèrent que la reprise des activités permettra progressivement d’améliorer l’approvisionnement des marchés.
Au port de Boulbinet, Fatoumata Camara se montre toutefois prudente quant à l’évolution de la situation. « Nous remercions Dieu, ça commence à aller un tout petit peu. Mais nous ne savons vraiment pas comment la situation va évoluer à la longue. Les pêcheurs n’ont pas encore commencé à sortir en mer, compte tenu des tempêtes. S’ils sortent et reviennent avec du poisson, nous pourrons nous frotter les mains », souligne-t-elle.
Sur les marchés, le prix du poisson varie actuellement en fonction de la taille. Le kilogramme peut atteindre 60 000 francs guinéens, voire davantage, selon les vendeuses.
Aboubacar Sidiki Camara














