Longtemps classée dans la catégorie des Etats de grande influence dans le système diplomatique africain des années 60, la République de Guinée a, au lendemain de bouleversement de l’ordre international au début des années 2000 chuté dans la classe des Etats à influence moyenne avant de se retrouver dans le groupe des Etats à influence négligeable.
De cette situation d’impuissance, la République de Guinée a opté pour l’absentéisme diplomatique dans le cadre de son action extérieure. Cela se manifestait à la fois par son absence des instances de décision qu’à son incapacité de payer ses cotisations. Le pays renvoyait durant de longue période l’image d’un Etat paria avec pour conséquence l’hésitation voire le refus des investisseurs à s’intéresser davantage au pays en dépit de ses potentialités géologiques.
Toutefois, longtemps prise entre les écueils de l’absentéisme et du présentéisme diplomatique, la République de Guinée à depuis le 5 septembre 2021 procédé à la redéfinition de sa politique étrangère en remettant au centre de ses préoccupations ce que j’appelle audacieusement « Guineans and Guinea first ».
Suspendue des organisations, l’Etat guinéen conscient des enjeux de l’heure, a su mettre en place une diplomatie mixte en combinant la séduction au respect de la souveraineté et en mettant un arsenal économique impressionnant qui aboutit à la diplomatie économique. Cette connexion trilogique a entraîné l’établissement d’un environnement favorable aux bailleurs et aux partenaires techniques et financiers. C’est dans cette dynamique, que la diplomatie guinéenne a réussi à déjouer l’isolement auquel le pays était exposé, renforcer l’attractivité du pays occasionnant ainsi la diversification des partenariats. Outre les investisseurs venus de tout bord dans le cadre du « Méga projet Simandou 2040 », la République de Guinée a enregistré le record inédit en termes d’accréditation d’Ambassadeurs en période de transition dont le nombre se situe à date à 74 ambassadeurs étrangers.
Aujourd’hui, pendant que le pays a réussi le passage de la diplomatie de transition à celle de repositionnement, l’expertise guinéenne est appréciée. La République a fait son « retour » dans les instances et sa voix porte désormais sur l’échiquier mondial dans un contexte international marquée par la montée en puissance du phénomène de la diplomatie économique.
Dr Amadou CAMARA
Chargé de Cours en Pratiques Diplomatiques et Consulaires à l’UGLC-S/Conakry
Responsable du Département Chine-Afrique du Centre d’Etudes Diplomatiques et Stratégiques de Dakar (CEDS)8













