Le président de la République, Mamadi Doumbouya, s’est exprimé sur l’évacuation sanitaire à l’étranger d’Amadou Damaro Camara et d’Ibrahima Kassory Fofana. Il affirme avoir personnellement autorisé leur départ pour des raisons exclusivement sanitaires, tout en précisant que cette mesure ne remet nullement en cause leurs condamnations judiciaires.
Allureinfo.net vous propose l’intégralité de la déclaration écrite du chef de l’État, publiée ce samedi soir.
« Mes chers compatriotes,
Peuple souverain de la République de Guinée,
Sur les questions qui touchent à la conscience de la Nation, le Chef de l’État se doit de parler lui-même.
Je m’adresse donc à vous directement, sans intermédiaire, au sujet du départ à l’étranger de messieurs Amadou Damaro Camara, ancien président de l’assemblée nationale et Ibrahima Kassory Fofana, ancien premier ministre.
Disons d’abord ce qui ne change pas. La justice guinéenne a été saisie. Elle a instruit, elle a jugé, elle a condamné. Elle l’a fait souverainement, au nom du peuple guinéen et de lui seul. Les décisions rendues conservent l’intégralité de leur autorité : aucune d’entre elles n’est effacée, aucune n’est révisée, aucune n’est négociée. Le principe qui fonde la refondation de notre pays demeure intact, nul n’est au-dessus de la loi, quelles qu’aient été ses fonctions.
Mais un État fort n’est pas un État sans cœur. L’état de santé de ces deux hommes a été porté à ma connaissance et documenté. Face à la souffrance d’un être humain, j’ai estimé que la République ne pouvait détourner le regard. J’ai donc autorisé, à titre exceptionnel et pour des raisons exclusivement sanitaires, leur évacuation vers des structures de soins appropriées.
Cette décision n’est ni une amnistie, ni une grâce, ni un arrangement. Elle est un acte d’humanité, assumé devant vous.
Car je veux une Guinée qui juge sans haine et qui sanctionne sans acharnement. La rigueur que nous exigeons dans la gestion des deniers publics ne procède pas du ressentiment : elle procède de l’exigence. Nous ne construirons pas la Guinée de demain sur la rancune, ni sur l’humiliation de qui que ce soit. La réconciliation nationale n’est pas l’oubli c’est la capacité d’un peuple à regarder ensemble vers l’avenir, une fois la vérité établie et la justice dite.
Notre pays entre dans une ère décisive. Il aura besoin de toutes ses filles et de tous ses fils, unis, apaisés, tournés vers le travail et la construction. Car ce que nous poursuivons n’est pas la seule croissance des chiffres, mais la prospérité réelle de nos populations : l’école pour nos enfants, les soins pour nos familles, l’eau et l’électricité dans nos foyers, le travail pour notre jeunesse. Telle est l’unique mesure de notre réussite, et c’est main dans la main que nous bâtirons notre pays…..»












