Trois jours d’échanges intenses et de réflexions prospectives viennent de s’achever, à Conakry, où s’est tenue la première table ronde nationale sur les hydrocarbures. Cette rencontre inédite a mobilisé un large éventail d’acteurs. Experts nationaux et internationaux, représentants gouvernementaux, partenaires au développement et opérateurs économiques.
Cette plateforme d’échanges visait à poser les bases d’un nouveau paradigme énergétique en Guinée, avec comme ambition déclarée, assurer une souveraineté énergétique durable, inclusive et économiquement viable. À travers des panels thématiques couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur des hydrocarbures, de l’exploration à la distribution, en passant par le stockage, la logistique, la réglementation et le financement. Les participants ont dressé un état des lieux sans complaisance et formulé des propositions concrètes.

Mme Nima Bah, cheffe de cabinet du ministère de l’Energie, de l’Hydraulique et des Hydrocarbures, a souligné lors de la lecture du communiqué final : « Il était urgent de faire converger les diagnostics et de fédérer les énergies autour d’une vision stratégique partagée. Cette table ronde a permis de tracer les grandes lignes d’un futur énergétique guinéen fondé sur la maîtrise nationale de ses ressources. »
Parmi les défis structurants identifiés figurent l’absence de cadre juridique adapté, le déficit d’investissements, les limites en matière d’infrastructures, ainsi que le manque de compétences locales spécialisées. Pour y remédier, plusieurs recommandations majeures ont émergé :
Élaboration d’un cadre législatif moderne, incitatif et conforme aux standards internationaux ;
Création d’une autorité indépendante de régulation des hydrocarbures ;
Renforcement des capacités techniques et institutionnelles locales ;
Stimulation des investissements privés, nationaux comme étrangers ;
Développement accéléré du capital humain par la formation spécialisée.

Les participants ont unanimement validé la mise en place d’une task force nationale chargée de superviser la mise en œuvre de la feuille de route adoptée. Cet organe de suivi multisectoriel devra veiller à la coordination des efforts, la mobilisation des ressources et le respect des échéances.

Dans son allocution de clôture, Bachir Camara, secrétaire général du ministère de l’Énergie, a exprimé sa gratitude à l’ensemble des participants : « Cette rencontre marque un tournant décisif. Nous devons maintenant transformer ces recommandations en actions tangibles et durables. »
La Table ronde sur les hydrocarbures a donc posé les jalons d’un secteur en pleine mutation, à la croisée des enjeux économiques, géopolitiques et environnementaux.
Decryptage: Amadou Diallo














