À l’issue de la réunion hebdomadaire d’informations épidémiologiques tenue ce jeudi 3 juillet 2025, le docteur Sory Condé, directeur général par intérim de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSS), a dressé un état des lieux de l’épidémie de Mpox (variole du singe) en Guinée.
Selon les données partagées, la capitale Conakry concentre la majorité des cas confirmés. Les préfectures voisines de Coyah, Forécariah et Dubréka ont chacune enregistré un cas, mais ceux-ci ont tous été détectés à Conakry. Forécariah dispose actuellement d’un patient isolé au centre de traitement des épidémies local.
Cette concentration des cas à Conakry s’explique notamment par la forte mobilité entre la Guinée et la Sierra Leone, facilitée par les accès maritimes.
« La Sierra Leone enregistre actuellement un taux de positivité alarmant de 80% sur les échantillons testés, ce qui favorise une transmission communautaire dense », a expliqué Dr Condé. Il souligne que le variant (ou clade) circulant dans les deux pays est identique, illustrant la porosité des frontières sanitaires par voie maritime.
En 2024, deux cas isolés avaient été détectés à Macenta en provenance du Libéria, mais ces infections avaient été rapidement maîtrisées. Aujourd’hui, la vigilance est portée sur les zones côtières où les contrôles sanitaires sont plus difficiles à appliquer.
Outre les mouvements de populations, Dr Condé note également la présence significative des communautés sierra-léonaises à Conakry, actives dans plusieurs secteurs, comme la pêche, le commerce, les travaux publics ou les services domestiques. « Beaucoup de femmes de ménage en ville font la navette entre la Guinée et la Sierra Leone », précise-t-il.
Pour faire face à la situation, l’ANSS a activé son dispositif national de riposte, qui repose sur des équipes préfectorales chargées de l’alerte et de la réponse épidémique, ainsi que sur des centres d’opérations d’urgence. Ces équipes mènent des investigations approfondies autour des cas confirmés, identifient les contacts, et assurent un suivi durant les 21 jours d’incubation. En cas de symptômes (fièvre, maux de tête, fatigue, éruptions cutanées), les concernés sont invités à se rendre dans un centre de santé ou à contacter le numéro vert 115.
« La sécurité sanitaire est une responsabilité collective », insiste Dr Condé. Il appelle les communautés à éviter la panique et à collaborer activement avec les équipes de santé. Une vaste campagne de sensibilisation est actuellement en cours afin de renforcer l’adhésion communautaire. « Une épidémie commence dans la communauté, et c’est aussi là qu’elle prend fin », conclut-il.
Aboubacar Sidiki Camara














