Lors de la cérémonie d’inauguration de l’usine dédiée à la fabrication et à la requalification de bouteilles de gaz dans la préfecture de Forécariah, nous vous proposons l’essentiel du dernier discours tenu par le Premier ministre.
Devant les populations de Forécariah, des cadres venus de Conakry et des autorités à tous les niveaux massivement réunis, Amadou Oury Bah a surtout mis l’accent sur les difficultés que traverse la faune et la flore du pays, qui seront préservées avec l’arrivée de cette usine de Konta.

« Pendant des années, la Guinée a vécu avec un modèle énergétique fragile et coûteux. Je ne reviendrai pas sur les déclarations de notre ministre de l’Assainissement, des Hydrocarbures et de l’Hydraulique concernant les méfaits liés à la coupe de bois sur notre environnement. Mais ce que je dois dire, c’est que la rupture qui s’engage aujourd’hui avec le gaz vital, qui présente une alternative moderne, plus sûre et plus économique pour les ménages, notamment pour les femmes, change la donne. À travers cette usine, le gouvernement, et principalement le Président de la République, a fait un choix clair d’agir en impliquant en premier lieu le secteur privé. Parce que si l’État s’engage, l’État n’a pas vocation, dans la durée, à être un producteur. L’État se fait la voie pour que le secteur privé, conséquent, mûr, moderne et aussi imaginatif, prenne le relais, avec, bien entendu, l’accompagnement de l’État. Cela va nous permettre de dégager nos efforts vers d’autres projets encore structurants. Et c’est ce que nous allons faire. L’usine de Konta agit pour transformer notre modèle énergétique, agit pour produire localement, agit pour protéger nos ressources. C’est dans cette logique que s’inscrit la construction de l’usine de fabrication des bouteilles de gaz de Konta. Le projet n’est pas isolé. Il s’intègre dans une vision plus large, celle du programme Simandou 2040. Parce que, comme vous le savez, l’articulation entre nos différents projets repose sur le triptyque de la restauration de notre souveraineté économique, de l’amélioration du sort de nos populations et de la volonté de faire de la Guinée un partenaire économique majeur dans le contexte de compétition économique industrielle d’aujourd’hui. L’industrialisation du pays, la valorisation de nos produits locaux, la création d’emplois et la souveraineté économique en sont les piliers. L’impact est concret, la Guinée renforce sa capacité à produire localement les équipements énergétiques essentiels. L’accès au gaz devient plus accessible, plus fiable, plus structuré. La pression sur la coupe de bois commence à diminuer. Un ménage utilisant le gaz peut réduire jusqu’à 50 % ses dépenses énergétiques liées à la cuisson. Une bouteille de gaz utilisée équivaut à plusieurs dizaines de kilogrammes de bois non consommés. Et, par conséquent, cela permet à nos arbres et à nos arbustes de grandir, de fleurir et de reconstruire la couverture végétale. »

Autre nouvelle applaudie par le Premier ministre, la chaîne de valeur nationale du gaz, annoncée par le directeur général de Fapgaz, se mettra en place à partir de maintenant. Cela permettra la création d’emplois locaux sur l’ensemble du territoire national, puisqu’il faut assurer la distribution : « Monsieur le directeur général de Fapgaz l’a déjà indiqué, il y aura, je ne connais pas le terme technique, des structures remplies de gaz qui vont être déployées à l’intérieur du pays pour que les bouteilles qui vont, par exemple, dans la région de N’Zérékoré, n’aient pas besoin d’être ramenées à Conakry pour être remplies ; cela se fera sur place, dans la région de N’Zérékoré, et ainsi de suite. Donc, cela veut dire que cette décentralisation, ces pouvoirs accordés sur le plan économique à nos collectivités locales, vont accroître la décentralisation et permettront, dans une certaine mesure, d’assurer une forme de résilience à nos territoires. Ce sera un changement réel, visible et mesurable. »

Derrière cette usine, il y a une ambition plus grande, celle de voir une Guinée où les forêts sont protégées, où les familles vivent mieux, où les femmes cuisinent sans danger, a insisté Amadou Oury Bah : « Une Guinée où l’économie crée de la valeur endogène. C’est le choix responsable d’un pays qui construit son avenir. Tout à l’heure, notre ministre de l’Assainissement a évoqué la superficie des forêts que nous perdons chaque année. La feuille que j’avais a disparu à cause du vent. On dit que la Guinée a perdu 35 % de ses forêts depuis l’an 2000, c’est-à-dire en un quart de siècle. Le brûlis contribue à la perte de 100 000 à 150 000 hectares de forêt par an. Lorsque vous visitez une bonne partie du territoire, notamment en amont entre Faranah, vous voyez que la forêt est en train de disparaître. Or, la région forestière commence à Kissidougou, mais néanmoins, on ne voit plus de forêt. Cela veut dire quoi ? Nous devons restaurer notre couverture végétale, restaurer les forêts. Mais pour les restaurer, il ne suffit pas de demander aux gardes forestiers de réprimer ou d’empêcher les feux de brousse. Cela doit se faire, mais ce qui est encore plus essentiel, c’est que l’usine de Konta apporte une réponse concrète. Les femmes, les familles, les ménages n’auront plus à aller chercher du bois dans la brousse pour faire la cuisson. Elles pourront cuisiner avec le gaz, qui devient plus accessible, moins coûteux et qui permet de gagner du temps pour d’autres activités. Et j’ai bien aimé l’allusion du ministre de l’Hydraulique, de l’Assainissement et des Hydrocarbures, cela va permettre aux jeunes filles d’être moins accaparées par les travaux domestiques. Aller chercher de l’eau, du bois, allumer le feu, faire la cuisine… En faisant tout cela, elles ne peuvent pas aller à l’école. Donc, cela va libérer les jeunes filles, libérer les femmes, changer la société. Cela va nous permettre d’avoir une force productive de plus en plus importante pour alimenter les usines, développer de nouvelles activités, dynamiser le secteur agricole et générer plus de revenus pour les populations, donc plus de richesses et un recul de la pauvreté. »

Pour finir, il s’est réjoui du changement que le pays va connaître sur le plan énergétique, notamment en matière de cuisson et de préservation des forêts : « Cette usine apportera beaucoup de changements, aussi bien dans la gouvernance que dans la relation, comme l’a dit le ministre de l’Assainissement, de l’Hydraulique et des Hydrocarbures, avec le relais du ministère de l’Environnement et du Développement durable. Parce que et c’est très important aucun ministère, aucun département n’est isolé. On fait une chose pour que le relais soit pris par un autre département. C’est ainsi que le progrès s’élargit et renforce davantage la cohérence globale du programme Simandou 2040. Konta devient le symbole d’une Guinée qui change, qui protège ses ressources et qui construit sa souveraineté par des actes concrets. Sur ce, au nom du Président de la République, Monsieur Mamadi Doumbouya, je déclare officiellement inaugurée l’usine de fabrication des bouteilles de gaz de Konta. »

C’est un pari gagné par le directeur général de Fapgaz, Kaman Sadji Diallo, qui vient de mettre en place, sur fonds propres, une usine dédiée à la fabrication et à la requalification de bouteilles de gaz dans la préfecture de Forécariah. Un acte salué et encouragé par les autorités au plus haut niveau.
Amadou Diallo














