La sous-préfecture de Doko, située dans la préfecture de Siguiri, en Haute-Guinée, est de nouveau au cœur de l’actualité à la suite d’un drame survenu dans le district de Tonso. Une jeune femme d’une vingtaine d’années a perdu la vie après avoir reçu un médicament interdit en Guinée, selon des informations recueillies auprès des autorités sanitaires.
Le Docteur Abdoulaye Bachir Condé, dit « ABC », médecin d’appui aux services médico-chirurgicaux de l’hôpital préfectoral de Siguiri, est revenu sur les circonstances du décès: « Hier, entre 20 heures et 21 heures, j’ai été appelé par le procureur de la République près le Tribunal de première instance de Siguiri, M. Dominique Loua, concernant un cas de décès survenu dans une clinique. Il s’agit d’une dame d’une vingtaine d’années qui résidait à Tonso, dans la sous-préfecture de Doko. Depuis son arrivée à Siguiri, le procureur mène une lutte contre les cliniques et pharmacies clandestines. Pour le moment, il procède à un recensement général afin d’identifier les structures sanitaires existantes avant d’engager d’autres actions. Certaines personnes ont même effacé les enseignes de leurs cliniques tout en continuant à exercer discrètement et à recevoir leurs clients », a-t-il expliqué.
Selon le médecin, la clinique où la victime a reçu les premiers soins ne disposait ni d’agrément ni d’identification officielle: « Cette clinique avait l’habitude de prendre en charge la dame. Elle s’y est rendue pour recevoir des soins avant de retourner à Tonso dans la soirée. Une fois arrivée chez elle, elle a commencé à présenter des difficultés respiratoires. C’est ce qui l’a poussée à se rendre au poste de santé de Tonso », a-t-il poursuivi.
À son arrivée au poste de santé, les agents ont tenté de stabiliser la patiente: « Les soignants lui ont administré un sérum salé ainsi que de la dexaméthasone afin d’assurer une prise en charge d’urgence. Ils ont également cherché à comprendre l’origine de son état. La patiente leur a indiqué avoir reçu des soins dans une clinique à Doko. Cependant, son état s’est rapidement aggravé au point qu’elle ne pouvait plus parler », a relaté le Docteur Abdoulaye Bachir Condé.
Les agents de santé ont alors contacté le responsable de la clinique mise en cause: « Après avoir été joint, ce dernier a reconnu avoir administré à la patiente une injection de Novalgine. Or, la Novalgine est un produit qui a été retiré de la liste nationale des médicaments autorisés en Guinée en raison de ses effets indésirables potentiellement graves. Les autorités sanitaires ont interdit son utilisation et demandé à tous les professionnels de santé de ne plus l’administrer », a-t-il affirmé.
Le médecin a également évoqué les risques liés à ce médicament: « Parmi ses effets secondaires les plus redoutés figure une chute brutale des globules blancs, qui jouent un rôle essentiel dans la défense de l’organisme. Dans certains cas, cette réaction peut entraîner un choc anaphylactique sévère. Sans une prise en charge rapide et adaptée par un personnel qualifié disposant des moyens nécessaires, le patient peut malheureusement succomber. C’est, selon les éléments dont nous disposons, ce qui se serait produit dans cette affaire », a-t-il indiqué.
Selon nos informations, les agents du poste de santé de Tonso ainsi que le responsable de la clinique concernée étaient entendus ce vendredi par les services de la gendarmerie dans le cadre de l’enquête ouverte pour faire toute la lumière sur les circonstances de ce décès. La victime répondait au nom de Makassia Traoré et était âgée d’une vingtaine d’années.
Amadou Diallo














