Les parents sont appelés à ne soumettre leurs enfants à aucune forme d’exploitation, sous peine de sanctions pouvant aller jusqu’à dix ans d’emprisonnement assorties de fortes amendes. L’avertissement est du procureur spécial près le tribunal pour enfants de Conakry, qui invite également les forces de sécurité et les familles à s’impliquer davantage afin de mettre fin à ce phénomène.
Économique, financière ou sexuelle, l’exploitation des enfants prend plusieurs formes. Malgré l’existence de textes nationaux et internationaux destinés à protéger les mineurs, de nombreux cas continuent d’être enregistrés.
Selon le procureur spécial près le tribunal pour enfants de Conakry, Cé Avis Gamy, ces pratiques sont assimilables à la traite des enfants et sont sévèrement réprimées par la loi. « Ce sont des comportements assimilables à la traite de l’enfant et qui sont sévèrement réprimés. Quand vous lisez l’article 796 et suivants, les dispositions de la loi sont très rigoureuses. La sanction peut aller de 3 mois à 2 ans avec de fortes amendes pouvant atteindre 5 à 10 millions de francs guinéens selon la gravité. La peine d’emprisonnement peut aller jusqu’à 10 ans de prison », a-t-il déclaré.
Face à cette situation, le tribunal pour enfants réaffirme sa détermination à poursuivre la lutte contre ce phénomène. Toutefois, plusieurs difficultés freinent les actions engagées sur le terrain.
Le procureur Cé Avis Gamy spécial évoque notamment le manque de moyens financiers et insiste sur la nécessité d’une meilleure coordination entre les différents acteurs concernés. « Quand vous prenez la question des moyens financiers qui empêchent de mener les activités contre ces personnes, il faut une concertation, une bonne collaboration. Les actions que nous menons sur le terrain visent à lutter concrètement contre ce phénomène. La justice fait son travail, de même que la police et la gendarmerie ; les autres aussi doivent conjuguer le même verbe. C’est ainsi que nous allons gagner le pari », a-t-il souligné.
À l’approche des grandes vacances, le procureur spécial appelle les parents à renforcer leur vigilance et à assurer un meilleur suivi de leurs enfants. À défaut, prévient-il, des dispositions seront prises pour faire respecter les responsabilités parentales.
Aboubacar Sidiki Camara













