Le président de la République, a dévoilé le 19 juin 2026 une réforme majeure destinée à transformer en profondeur le secteur aurifère guinéen. Face aux représentants des sociétés minières, aux hauts responsables de l’administration publique et aux officiers supérieurs des forces armées, le chef de l’État a prononcé un discours marqué par une volonté affichée de renforcer la souveraineté économique du pays.
D’entrée de jeu, il a donné le ton de son intervention : « Je suis venu vous dire une vérité, pas pour vous consulter, pas pour négocier non plus. Vous dire une vérité d’État, celle que le peuple guinéen attendait depuis trop longtemps et que mon serment m’oblige à tenir. »
Revenant sur les engagements pris depuis son accession au pouvoir, Mamadi Doumbouya a rappelé sa promesse de faire des ressources naturelles un moteur de développement pour les populations. « Quand j’ai pris mes responsabilités, mes frères d’armes et moi, à la tête de ce pays, j’ai fait une promesse. Non pas à des institutions, non pas à des partenaires étrangers. J’ai fait une promesse au peuple souverain de Guinée, à cette femme de Siguiri qui vit dans la poussière d’or de son propre sous-sol, à ce jeune homme de Kérouané qui regarde des camions chargés passer devant lui chaque matin sans que sa vie n’en soit changée. »
Le président a ensuite dénoncé ce qu’il considère comme un déséquilibre historique entre les richesses du sous-sol guinéen et les bénéfices réellement perçus par le pays. « Pendant des décennies, la Guinée a été l’une des terres les plus riches d’Afrique. Pourtant, elle figure encore parmi les nations les plus pauvres du monde. Ce paradoxe n’est pas une fatalité, c’est une injustice. Et les injustices, je les combats avec détermination et une conviction sans faille. »
Selon lui, l’une des principales faiblesses du modèle actuel réside dans l’exportation de l’or sous forme brute vers des centres de raffinage étrangers. « La Guinée est la deuxième réserve aurifère d’Afrique de l’Ouest. Son or quitte son sous-sol chaque jour à l’état brut, chargé dans des camions, emporté vers des raffineries étrangères pour être transformé ailleurs, certifié ailleurs, vendu ailleurs. Et la Guinée ne perçoit que des miettes, des redevances calculées sur un métal qui n’a pas encore atteint sa véritable valeur au moment où il franchit nos frontières. »
Poursuivant son argumentation, le chef de l’État a estimé que cette situation devait prendre fin. « Pendant ce temps, d’autres captent la valeur ajoutée, d’autres créent les emplois, d’autres bâtissent leurs villes avec notre or. Je mets fin à cela dès aujourd’hui. »
Pour concrétiser cette nouvelle orientation, le président a annoncé l’entrée prochaine en activité de la raffinerie Nimba Gold Refinery. « Nous avons construit la plus grande raffinerie d’Afrique en Guinée, qui sera opérationnelle dans les jours qui viennent. La Guinée ne continuera plus à se contenter d’être un simple fournisseur de matières premières pour les usines du monde entier. C’est terminé. »
La mesure phare annoncée concerne l’interdiction de l’exportation de l’or brut. Le président a été catégorique : « La Guinée exigera désormais la transformation de son or sur son propre territoire. L’or brut ne sortira plus de Guinée. Tout l’or produit dans nos mines sera raffiné à Conakry. L’or guinéen sera fondu en Guinée, certifié en Guinée et valorisé en Guinée avant d’être exporté vers les marchés internationaux. L’exportation de l’or brut sera formellement et définitivement interdite. »
Une mise en garde a également été adressée aux opérateurs du secteur. « Tout opérateur qui continuera d’exporter de l’or brut verra son agrément suspendu. Sa convention minière sera résiliée et il répondra de ses actes devant la justice guinéenne. Sans exception, sans négociation et sans retour en arrière. »
Tout en réaffirmant l’ouverture de la Guinée aux investisseurs étrangers, Mamadi Doumbouya a insisté sur la nécessité d’un partenariat conforme aux priorités nationales. « Je ne suis pas contre l’investissement étranger. La Guinée a besoin de partenaires sérieux. Regardez ce que nous bâtissons à Simandou. Regardez ce que nous développons à Boffa et à Boké. Ce pays a changé. Une conscience nationale éveillée ne se négocie pas à la table des intérêts particuliers. »
Le président a présenté cette décision comme le point de départ d’une transformation économique durable. « Ce que nous décidons aujourd’hui porte un nom. L’industrialisation irréversible de la République de Guinée. Parce que nos enfants en hériteront comme d’un droit conquis et non comme d’une faveur accordée. »
Il a également inscrit cette réforme dans la dynamique du programme Simandou 2040. « Simandou 2040 n’est pas un programme parmi d’autres. C’est le pacte que j’ai conclu avec ce peuple qui m’a élu : transformer durablement la place de la Guinée dans l’économie mondiale. Le monde entier doit comprendre que l’Afrique ne se contentera plus d’exporter sa pauvreté sous forme de richesses brutes. »
En conclusion, le chef de l’État a réaffirmé que cette politique vise avant tout à améliorer les conditions de vie des citoyens. « La femme de Siguiri mérite mieux. Elle mérite que son or serve à construire des écoles, des hôpitaux et des routes guinéennes. Le jeune de Kérouané mérite un emploi dans une usine guinéenne. Le peuple de Guinée mérite de voir sa richesse rester sur sa terre. »
Avant de conclure sur une note personnelle : « Je leur dois cette promesse et je leur tiens parole en tant que soldat. »
Décryptage: Amadou Diallo











