La lutte contre le délaissement et l’exposition des enfants aux dangers de la rue se poursuit devant les juridictions du pays. Ce mercredi, le Tribunal de première instance de Dixinn a rendu sa décision dans une affaire impliquant plusieurs parents et tuteurs poursuivis pour avoir laissé des mineurs circuler tard dans la nuit.
Cinq prévenus, placés en détention depuis le 26 mai dernier, ont comparu en flagrant délit pour des faits de délaissement d’enfants hors d’état de se protéger. Selon le ministère public, la présence d’enfants dans les rues à des heures avancées de la nuit les expose à de multiples risques, notamment l’insécurité, les accidents et diverses formes d’exploitation.
Au cours des débats, le parquet s’est appuyé sur les dispositions du Code de l’enfant pour rappeler les obligations légales des parents et tuteurs en matière de protection et de surveillance des mineurs. Le ministère public a insisté sur la nécessité pour les responsables légaux d’assurer la sécurité des enfants et de prévenir toute situation susceptible de compromettre leur bien-être.
Après examen du dossier, le tribunal a estimé que les charges n’étaient pas suffisamment établies à l’encontre d’Ibrahima Sory Camara et d’Etienne Loua. Les deux hommes ont ainsi été renvoyés des fins de la poursuite.
En revanche, Ousmane Bangoura, M’Mahawa Sylla, Saran Mansaré et Djenabou Bah ont été reconnus coupables des faits qui leur étaient reprochés. Le tribunal les a condamnés à des peines assorties de sursis.
Une décision vivement contestée par l’avocat des prévenus. Devant la presse, Maître Sidiki Bérété a mis en avant l’état de précarité de ces responsables de famille qui, selon lui, se voient parfois obligés d’utiliser leurs enfants pour exercer le petit commerce dans la rue. L’avocat impute cette responsabilité à l’État qui, d’après lui, n’a pas suffisamment agi pour construire des centres d’accueil destinés aux enfants vulnérables.
Pour sa part, le juge du Tribunal de première instance de Dixinn a estimé que cette décision constitue un message de fermeté adressé aux parents et tuteurs quant à leur responsabilité dans la protection des enfants.
AOB














