Le Tribunal de première instance de Dixinn a poursuivi, ce mercredi 10 juin 2026, l’examen du dossier opposant Mamadou Aliou Barry à l’ancien ministre de l’Environnement, Elhadj Ibrahima Boiro. L’affaire porte sur des accusations de nuisances sonores et de vibrations attribuées à l’exploitation d’une chicha lounge dans le quartier de Nongo. Introduite le 4 mars 2026, la procédure fait suite à une plainte déposée par l’ancien ministre sous la présidence d’Alpha Condé. Le prévenu est poursuivi sur la base des articles 134 et 202 du Code pénal.
À l’audience de ce mercredi, les débats ont été dominés par les réquisitions du ministère public et les plaidoiries des conseils des parties. Les discussions ont essentiellement porté sur l’impact des nuisances alléguées sur la santé et le bien-être du plaignant.
Dans sa plaidoirie, l’avocat d’Elhadj Ibrahima Boiro a mis en avant la situation de son client, âgé de plus de 80 ans. Il a rappelé que celui-ci avait saisi à plusieurs reprises les autorités compétentes pour dénoncer une situation qu’il juge « invivable » dans sa résidence de Nongo. Selon lui, l’établissement incriminé fonctionnerait sans agrément régulier et sans étude d’impact environnemental préalable, générant des nuisances sonores persistantes perturbant le repos des riverains.
Moment d’émotion à l’audience : au cours de l’intervention de son avocat, décrivant les difficultés quotidiennes auxquelles il serait confronté, Elhadj Ibrahima Boiro a été submergé par l’émotion et a fondu en larmes, suscitant une vive attention dans la salle.
La défense a demandé au tribunal de faire application des articles 134, 135 et 136 du Code de l’environnement, d’ordonner la cessation des activités du chicha lounge, ainsi que la condamnation du prévenu au paiement de 150 millions de francs guinéens à titre de dommages et intérêts.
Le ministère public, pour sa part, a insisté sur les conséquences sanitaires et psychologiques des nuisances sonores, particulièrement sur les personnes âgées et les riverains vulnérables. Il a requis une peine de six mois d’emprisonnement assortis de sursis, une amende de 5 millions de francs guinéens, ainsi que la fermeture de l’établissement et la confiscation de ses équipements.
De son côté, la défense a contesté les poursuites, qu’elle qualifie d’acharnement, estimant qu’aucune preuve concrète de nuisances n’a été apportée. Elle a également soutenu que l’activité exercée relève d’un cadre commercial légal et moderne, répondant aux habitudes de consommation actuelles.
À l’issue des débats, le tribunal a mis l’affaire en délibéré. Le verdict est attendu le 1er juillet prochain.
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