Dans plusieurs communes guinéennes, la même question revient à chaque mandature : que fait exactement un vice-maire, et jusqu’où va sa marge de manœuvre face au Maire ?
Loin d’être un débat théorique, cette interrogation touche directement à la stabilité des institutions locales et à la qualité des services rendus aux populations.
Un exécutif à plusieurs voix, mais une seule autorité
Le Code des collectivités locales pose un principe simple : l’exécutif communal repose sur une autorité exécutive locale, le Maire, assistée d’adjoints dans l’exercice de ses fonctions. Cette formulation, en apparence technique, tranche en réalité un débat récurrent sur le terrain : le vice-maire n’est pas une seconde autorité municipale. Il n’a pas vocation à se substituer au Maire, ni à conduire une politique parallèle sur son secteur.
Élu par le Conseil communal au même titre que le Maire, le vice-maire tire sa légitimité d’un mandat électif réel. Mais cette légitimité s’exerce dans un cadre précis : celui de l’assistance à l’exécutif, et non celui d’une compétence autonome et illimitée.
Deux rôles bien identifiés
Sur le terrain, la fonction du vice-maire se déploie principalement de deux manières.
D’abord, la suppléance. Le texte prévoit qu’en l’absence du Maire, la présidence des travaux du Conseil communal revient à l’un de ses adjoints. Il s’agit là d’une continuité institutionnelle inscrite dans la loi elle-même, qui ne nécessite aucune autorisation particulière au moment où elle s’applique.
Ensuite, l’exécution d’une mission confiée. Dans la pratique quotidienne de gestion (état civil, urbanisme, affaires sociales, entre autres domaines ), le vice-maire agit dans le périmètre que lui attribue le Maire. C’est cette répartition des tâches, plus que tout texte figé, qui détermine concrètement l’étendue de son rôle.
Une responsabilité partagée, mais pas uniforme
Sur le plan de la reddition de comptes, le Code est également clair : les membres de l’exécutif communal, Maire et adjoints confondus, exercent leurs fonctions au nom de la collectivité et en répondent devant le Conseil et devant la population.
Cette responsabilité, toutefois, n’est pas indifférenciée. Le Maire, en tant que chef de l’exécutif, répond de la gestion d’ensemble de la commune. Le vice-maire, lui, répond du secteur ou de la mission qui lui a été concrètement confiée. Un échec dans une mission déléguée n’efface donc pas la responsabilité de l’adjoint concerné derrière celle du Maire chacun demeure comptable de son périmètre d’action.
Ce que cela change en pratique
Pour les observateurs de la gouvernance locale, cette clarification n’a rien d’anecdotique. Les tensions les plus fréquentes entre exécutifs communaux naissent rarement d’un vide juridique, mais d’un flou dans la répartition interne des rôles. Une définition précise des missions confiées à chaque adjoint et sa communication claire au sein de l’administration comme auprès des citoyens reste, selon les praticiens du secteur, le meilleur rempart contre le chevauchement de compétences et les conflits d’autorité au sein des communes.
#PARGUI
Par Oumar DIANÉ, Citoyen














