Le Syndicat national de l’éducation (SNE) a tenu un point de presse ce lundi 13 juillet 2026 à Matoto. Au cours de la rencontre avec les hommes des médias, plusieurs sujets ont été évoqués, notamment la fraude lors des examens nationaux de cette année.
Le secrétaire général Michel Pépé Balamou, a d’abord déclaré pour commencer : « Lorsque nous prenons les fraudes, la caractéristique principale de cette année réside dans la commission de la fraude systémique. Lorsqu’on parle de fraude systémique, c’est cette fraude-là même qui est commise par ceux qui sont chargés de l’empêcher, et la fraude commence d’abord par le budget des examens nationaux. Parce que depuis 2018, au temps du feu ministre K au carrés, il n’y a plus eu de communication sur le budget des examens nationaux. Si on organise des examens nationaux dans un pays et qu’on n’arrive pas à communiquer sur le budget des examens, c’est d’abord le premier point de l’opacité de la gestion de ces examens…..»
Ce n’est pas tout. Il a également expliqué : « La deuxième fraude, c’est au niveau du choix des centres d’examen. Nous avons constaté qu’il y avait certaines écoles choisies qui n’avaient que 7 salles et qui étaient inaccessibles, si je veux dire par là, enclavées. Et quand ça devient comme cela, ça devient une source de fraude, parce qu’on négocie avec des fondateurs d’écoles pour que leurs écoles deviennent des centres d’examen à l’effet de favoriser leurs candidats pendant la passation des épreuves. Non seulement des surveillants vont être choisis parmi les enseignants de cette école, et certains élèves de cette école vont composer dans ce centre, dans leur propre école… »
Dans son exposé, il a parlé des écoles où les examens ont été organisés cette année : « Vous avez également le choix des surveillants. Ça aussi, ça a été fait n’importe comment. On a vu dans certains centres, au regard des informations que nous avons reçues, des surveillants qui ont été choisis, qui ne savaient même pas écrire les sujets au tableau, qui ne sont même pas enseignants, et qui ont eu le courage de dire qu’eux, ils ont été choisis, mais ils ne connaissent pas comment faire. La fraude a été, on va vous étonner, ce n’est pas par rapport aux groupes WhatsApp. Les groupes WhatsApp n’ont pas eu d’incidence réelle sur les fraudes cette année, mais il y a eu la réviviscence des vieux démons pour encore entasser la régularité de ces examens. Il s’agit du système qu’on appelle main à main. Main à main. Main à main, ça veut dire quoi ? À la veille des examens, on revend les feuilles d’examen entre 100 000 et 150 000 francs selon les préfectures. Une copie vierge. Et maintenant, il y a des commissions de rédaction qui traitent et qui mettent toutes les informations du candidat sur la copie. Il y a trois possibilités d’y opérer. La première possibilité, c’est d’entrer en salle à la dernière minute, on retire la copie du candidat, on lui fait signer la nouvelle copie, on met à sa place….»
Le secrétaire général du SNE révèle: « La deuxième procédure, c’est d’aller au secrétariat du centre d’examen, là où on compile les feuilles, on retire la feuille du candidat et on insère la nouvelle copie. Ou tout au moins, on attend là où le magasin dans lequel toutes les copies sont centralisées, on va la nuit, on défait le lot et on retire la copie du candidat et on met la nouvelle copie traitée. Donc, ce qu’on appelle système main à main.. …»
Décryptage : Amadou Diallo














